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STMicroelectronics / jean-marc chery / Semiconducteurs

STMicroelectronics se prépare à faire le dos rond / Le moteur automobile ralentit provisoirement

Les résultats 2023 et surtout les prévisions décevantes de STMicroelectronics pour 2024 confirment le ralentissement de la demande de semi-conducteurs dans l’industrie, en parallèle d’une certaine normalisation de la croissance du segment automobile. L’année qui débute pourrait marquer un point bas, avant que la demande ne renoue avec une trajectoire de long terme toujours porteuse.
Jean-Marc Chéry, le président du directoire et directeur général de STMicroelectronics - Photo by Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Jean-Marc Chéry, le président du directoire et directeur général de STMicroelectronics - Photo by Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Le mythe voulant que la transition électrique du marché automobile porte le marché des semi-conducteurs au-delà des aléas conjoncturels est-il en train de faiblir ? Les premières semaines de 2024 témoignent d’un climat morose dans le secteur. L’avertissement du géant coréen de l’électronique Samsung a confirmé la phase difficile traversée par l’électronique grand public, celui du fabricant américain de puces Microchip incite à la prudence sur la partie industrielle, et les prévisions décevantes du spécialiste des technologies de conduite autonome Mobileye et de l’américain Texas Instruments ont ajouté de l’incertitude sur le segment de marché considéré à juste titre comme le plus dynamique. Une incertitude que les résultats du quatrième trimestre et de l’exercice 2023 présentés jeudi par STMicroelectronics n’aident pas beaucoup à dissiper.

Le chiffre d’affaires de 4,28 milliards de dollars réalisé par le groupe franco-italien au cours des trois derniers mois de 2023 s’est inscrit en baisse 3,2 % sur un an, et il recule aussi de 3,4 % en variation séquentielle (par rapport au trimestre précédent), avec une marge brute qui s’est établie à 45,5 %, contre 47,5 % un an plus tôt. Par division, les ventes sont demeurées principalement portées par les composants pour l’automobile, dont les facturations ont augmenté de 22 % en glissement annuel. A l’inverse, le segment regroupant les microcontrôleurs et les circuits intégrés numériques a vu les siennes reculer de 12 %, tandis que les ventes de "produits analogiques MEMS et capteurs" ont chuté de 26 %, reflétant la baisse de la demande dans les produits d’équipements électroniques personnels.

 

Détérioration de la demande dans l’industrie

 

Des performances malgré tout proches des attentes, puisque le consensus visait des ventes de 4,3 milliards de dollars et une marge brute de 46 %. Mais l’enjeu principal de la publication résidait dans les prévisions pour le premier trimestre et l’ensemble de l’exercice 2024. Et celles-ci ne sont pas du tout à la hauteur. Pour le trimestre en cours, la prévision du groupe de 3,6 milliards de dollars de chiffre d’affaires, en baisse de 15,9 % en variation séquentielle, " est inférieure de 12 % à nos estimations, celle d’une marge brute de 42,3 % est inférieure de 200 points de base par rapport à nos attentes et de 300 points de base comparée au consensus", notent les analystes de Jefferies.

La faute à des prises de commande des clients en berne. "Nous avons continué de voir une demande finale stable dans l’automobile, une absence d’augmentation significative dans l’électronique personnelle et une nouvelle détérioration dans l’industriel. ", explique Jean-Marc Chéry, le président du directoire et directeur général de STMicroelectronics. Pour l’ensemble de 2024, la prévision d’un chiffre d’affaires entre 15,9 et 16,9 milliards de dollars se compare à une prévision du consensus de 17,4 milliards de dollars, et la prévision d’une marge brute "entre un minimum supérieur à 40 % et un maximum de l’ordre de 46 %" présage un fort ajustement des calculs des analystes. "En supposant une marge brute de 45 % pour l’exercice 2024 et des dépenses d’exploitation inchangées, cela entraînerait une dégradation du consensus d’environ 20 à 25 % sur le résultat d’exploitation", indique ainsi UBS.

 

Point bas ?

 

De là à penser que le marché des semi-conducteurs pourrait entrer dans un cycle baissier, il y a un pas à ne pas franchir. Bien que décevantes, les prévisions de STMicroelectronics pour 2024 constituent probablement un point bas en termes d’activité pour le fabricant de semi-conducteurs, veulent ainsi croire les analystes de Citi. Malgré une certaine normalisation de la demande à court terme, le secteur automobile va continuer à bénéficier de la tendance solide et durable de l’électrification (les véhicules électriques contiennent trois fois plus de semi-conducteurs que ceux équipés d’un moteur à combustion traditionnel), tandis que la demande dans les segments industriels et de la consommation est appelée à se redresser prudemment, mais progressivement.

En attendant de passer ce mauvais cap, le groupe réduit ses dépenses d’investissement. Elles seront ramenées à 2,5 milliards de dollars environ en 2024 après 4,1 milliards de dollars en 2023. Ce qui doit permettre de maintenir les investissements stratégiques, comme dans les plaquettes de 300 mm et le carbure de silicium (SiC), en limitant l’expansion de capacités inutiles dans une période de transition pour préserver le cash-flow.

En Bourse, l’action STMicroelectronics affichait jeudi un recul d’environ 3 %, à 41,1 euros, relativement limité au regard des perspectives annoncées, une partie des mauvaises nouvelles étant déjà intégrée dans les cours après la forte baisse enregistrée par le titre depuis la mi-décembre.

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