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Amazon se lie à Engie pour se fournir en énergie renouvelable / Son acquisition d'iRobot tombe en revanche à l'eau
Un contrat de signé du côté de l’énergie, un autre d’abandonné en matière d’acquisition. Amazon s’est associé à Engie dans le cadre d’un Corporate Power Purchase Agreement (cPPA), ont annoncé ce mardi le géant américain de la vente en ligne et le producteur d’énergie français. Dans le détail, ce contrat de fourniture d’électricité, pour 123 MW, en provenance du parc éolien offshore Moray West d’Ocean Winds au large de l’Ecosse, atteindra un total de 473 MW lorsque le site sera complètement opérationnel dans le courant de l’année. Pour rappel, Ocean Winds est une coentreprise détenue à moitié par Engie et EDPR, dédiée à l’éolien offshore.
Alors que le parc éolien de 882 MW est encore en construction et la production d’électricité devrait débuter au fil de 2023, Ocean Winds a assuré mettre en place un plan accéléré de développement et de construction pour garantir à Amazon la fourniture de son électricité. Du côté d’Amazon, la signature de ce contrat pourrait lui permettre d’atteindre son objectif d’alimenter l’ensemble de ses activités intégralement avec des énergies renouvelables d’ici à 2025 (cinq ans avant son objectif initial).
Un goût d’amertume
Il faut dire que le contrat est gagnant-gagnant de par sa nature : les cPPA permettent en effet à des industriels de se lier à des producteurs capables de les alimenter en énergie renouvelable sur des durées de quinze à vingt ans. Le tout, à des prix fixés à l’avance. Une manière pour les producteurs de trouver des débouchés de long terme et aux industriels de répondre aux exigences en matière de décarbonation, tout en s’assurant d’une fourniture d’énergie renouvelable à prix constant sur le long terme. Et donc, souvent, de contenir leur facture énergétique.
Cette annonce d’un contrat porteur aura toutefois pris la suite de celle de l’abandon d’un autre accord par Amazon : celui de l’acquisition d’iRobot. La firme de Jeff Bezos a en effet fait savoir, lundi, renoncer au rachat de cette société commercialisant les robots aspirateurs Roomba. Une opération estimée à plus d’1,5 milliard d’euros et dont l’abandon laisse un goût amer à la Big Tech : "Le projet d’acquisition d’iRobot par Amazon n’a aucun chemin vers l’approbation réglementaire dans l’Union européenne, ce qui empêche Amazon et iRobot d’avancer ensemble – une perte pour les consommateurs, la concurrence et l’innovation", a regretté le groupe par communiqué.
Des craintes sûrement justifiées
De fait, le Wall Street Journal avait fait fuiter, il y a une dizaine de jours, des informations selon lesquelles l’organisme de surveillance de la concurrence de l’Union européenne aurait l’intention de bloquer cette opération. Une intention qui découlait d’une enquête ouverte en juillet 2023 par la Commission européenne, dans le but d’examiner si cette acquisition était susceptible de restreindre la concurrence sur le marché de la fabrication et de la fourniture d’aspirateurs robots d’une part, et de permettre à Amazon de renforcer sa position sur le marché des services de place de marché en ligne d’autre part. Bien qu’approuvée par l’Autorité britannique de la concurrence et des marchés (CMA), l’opération avait aussi suscité des interrogations du côté de la Commission fédérale du commerce aux États-Unis. Autant d’obstacles qui auront finalement poussé Amazon à abandonner, non sans regret, l’acquisition d’iRobot.
Prenant acte de la décision du géant américain de renoncer à cet accord, la vice-présidente exécutive chargée de la politique de la politique de concurrence européenne, Margrethe Vestager, a quant à elle indiqué : "Nous avons examiné de près le double rôle d’Amazon en tant qu’opérateur de plateforme et acteur du marché, ainsi que les implications de la concentration entre Amazon et le propriétaire d’un produit très performant pour lequel Amazon est déjà un canal de vente important. Au cours de notre enquête, nous avons été en contact étroit avec la Commission fédérale du commerce des États-Unis. Notre enquête approfondie a montré à titre préliminaire que l’acquisition d’iRobot aurait permis à Amazon d’évincer les concurrents d’iRobot en restreignant ou en dégradant l’accès aux boutiques Amazon".
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