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L’IA et le cloud dopent les résultats d’Alphabet et de Microsoft / Mais les marchés sont décidément bien exigeants
Attendus au tournant après une année 2023 placée sous le signe de l’intelligence artificielle (IA), les géants technologiques américains Microsoft et Alphabet ont publié leurs résultats trimestriels ce mardi soir, après la clôture de la Bourse de New York.
Et bien qu’ayant fait des efforts en la matière, la maison-mère de Google a été corrigée par les marchés financiers. En cause, non pas ses performances en matière d’IA, mais plutôt celle de ses revenus publicitaires qui sont ressortis inférieurs aux attentes des analystes. Rien de bien inquiétant pour autant, puisque le groupe a signé un trimestre de bonne facture : son chiffre d’affaires au quatrième trimestre, de 86 milliards de dollars, a grimpé d’environ 10 milliards d’euros sur une année et a dégagé 20,7 milliards de dollars de bénéfices nets.
Ses investissements dans l’IA commencent eux aussi à porter leurs fruits, avec une division cloud dont les revenus ont grimpé de plus de 25 % sur un an, à 9,2 milliards de dollars et un profit opérationnel qui s’affiche dans le vert, à hauteur de 864 millions de dollars (contre une perte de 186 millions de dollars entre octobre et décembre 2022). Une progression certaine qui aurait pu venir rassurer les marchés, alors que cette même division avait témoigné d’une moindre accélération lors du trimestre précédent – ce qui avait alors été sanctionné.
Le cloud ne rattrape pas la publicité
Mais malgré cela, le titre Alphabet perdait 5 % dans les échanges d’après-Bourse à New York. A l'ouverture de la séance ce mercredi, il s'affiche toujours dans le rouge. En cause, cette fois, des revenus publicitaires qui se sont révélés moins élevés qu’attendus. Ils se sont affichés à 65 milliards de dollars à la fin du quatrième trimestre, en hausse de 10 % sur un an. Bien qu’en progression par rapport à l’année passée, Wall Street s’attendait à mieux (66,1 milliards de dollars selon les données LSEG) : "Ce qui a relégué au second plan les efforts entrepris par le géant technologique dans l’IA et l’informatique dématérialisée", remarque dans sa note quotidienne Mirabaud. "Le contexte géopolitique et l’incertitude économique font toutefois planer un doute sur les recettes publicitaires liées à l’IA, tandis que les autorités américaines ont commencé à se pencher sur les investissements d’Alphabet dans le secteur", poursuit la banque.
Pas de quartier, donc, sur les marchés. Car Microsoft a lui aussi reculé (dans une moindre mesure) après la publication de ses résultats et ce d’environ 1 %, avant de rebondir légèrement en début de séance aujourd'hui, à + 0,3 %. La firme dirigée par Satya Nadella était particulièrement scrutée, du fait de sa longueur d’avance prise en la matière (et notamment au regard de ses investissements réalisés dans la pépite de l’IA, OpenAI). Et ses résultats trimestriels ont battu les attentes du marché en raison, évidemment, de nouvelles fonctions d’IA. De fait, ils ont fait état d’un chiffre d’affaires en nette hausse de 18 %, à 62 milliards de dollars.
Les attentes du marché face à la réalité
Mieux, son bénéfice net a bondi de 33 % à près de 22 milliards de dollars. Il faut dire que d’octobre à décembre, les revenus de sa plateforme Azure – reflet de ses investissements dans des centres de données liés à l’IA – se sont accrus de 30 %, sans que le groupe ne donne plus d’indications sur son chiffre d'affaires. Mais quoi qu’il en soit, la division "Intelligent cloud" qui l’abrite a vu ses facturations se gonfler de 20 %, pour atteindre 25,9 milliards de dollars.
L’une des raisons de cette déception (somme toute relative) pourrait se trouver dans les prévisions des dépenses pour l’année à venir. "Le géant du logiciel a livré une série de résultats sains, mais pas en quantité suffisante pour apaiser le marché. (….) Les progrès sont impressionnants, mais des points d’interrogation subsistent", remarque en effet Sophie Lund-Yates, analyste en chef chez Hargreaves Lansdown. Car "les dépenses consacrées à l’informatique dématérialisée et à la publicité devraient augmenter, mais le rythme de cette augmentation pourrait laisser place à la déception, en fonction de l’évolution de l’économie", pointe-t-elle.
Autant d’incertitudes qui n’auront donc pas poussé Wall Street à s’emballer devant les résultats des deux Big Tech. Notamment concernant Microsoft, qui "fait beaucoup de bonnes choses et dispose d’une gamme de produits enviable, [mais] la question est maintenant de savoir si les attentes du marché et la réalité sont en tandem - il y a une inquiétude croissante que les unes soient en avance sur l’autre, ce qui a tendance à conduire à des trébuchements et des chutes à court terme", observe Sophie Lund-Yates.
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