Sur les marchés / Tesla / Alphabet / Apple
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Tesla / Alphabet / Apple
Certaines des « Sept Magnifiques » perdent de leurs éclats / Place désormais aux « Quatre Fabuleux »
Elles ont été les stars incontestées de Wall Street en 2023 et les chouchous des investisseurs. Les Sept Magnifiques – groupe constitué des titres Alphabet, Apple, Amazon, Meta, Nvidia, Microsoft et Tesla – ont grimpé de 75 % l’an passé (contre 24 % pour le S & P 500), et étaient sans aucun doute les plus scrutées depuis le début de l’année. Mais force est de constater que ces mastodontes de la tech Américaine connaissent des fortunes désormais divergentes en Bourse.
D’un côté, le fabricant de semi-conducteurs Nvidia caracole, à la faveur d’études toujours plus dithyrambiques sur les besoins liés à l’intégration de l’intelligence artificielle, dans toutes les industries. Le titre a gagné 80 % au premier trimestre, notamment grâce à des résultats spectaculaires où le groupe a publié des revenus multipliés par trois et des profits multipliés par huit au dernier trimestre, et surtout une demande toujours plus forte venant de tous les secteurs, entreprises et zones géographiques. "La révolution de l’IA ne fait que commencer et n’a pas encore atteint son sommet", juge Daniel Ives, analyste chez Wedbush. Le titre Nvidia est aussi de plus en plus acheté par les investisseurs individuels, et tend à remplacer Tesla dans le cœur des petits porteurs.
Chez Microsoft, l’entreprise dirigée par Sundar Pichaï profite de son pari précoce et ambitieux avec OpenAI, et a vu sa capitalisation boursière passer les 3 000 milliards de dollars en Bourse en ce début d’année, détrônant Apple comme titre le plus valorisé du marché Américain. Amazon bénéficie quant à lui de ses efforts notables sur sa rentabilité, et a pris 20 % au premier trimestre. Quant à Meta, le groupe de Mark Zuckerberg a lui aussi massivement investi dans l’intelligence artificielle pour promouvoir ses publicités, dégageant de ce fait de meilleures performances. Ces résultats, couplés à l’annonce du paiement de ses premiers dividendes, ont été salués en Bourse, où le titre a bondi de 40 % au premier trimestre.
Certes, ces tendances sont aussi à attribuer à un marché bien orienté, où la perspective d’une récession semble s’éloigner, et où la Fed s’est engagée à repartir dans un cycle de baisses des taux.
Apple à la croisée des chemins
De l’autre côté du spectre, Tesla est sans aucun doute le plus gros perdant de ce début d’année. Le groupe d’Elon Musk fait face à la concurrence croissante de concurrents chinois sur les véhicules électriques, mais aussi en Europe à l’ambition de Luca de Meo, le CEO de Renault, de créer une grande alliance européenne de l’automobile, sur le modèle d’Airbus dans l’aéronautique. Elon Musk a prévenu que la croissance ralentirait en 2024, et que les profits pourraient être affectés, si bien que le titre a perdu 27 % depuis le début de l’année.
Chez Apple, ce sont les déboires judiciaires et de l’anti-concurrence qui impactent le titre. Le groupe de Tim Cook vient d’être attaqué par le Département de la Justice pour comportement monopolistique. En Europe les autorités antitrust sont aussi en pleine campagne et ont obtenu d’Apple qu’il laisse les utilisateurs d’iPhones télécharger des applications directement sur un site Internet, sans devoir passer par l’AppStore. Le groupe a par ailleurs publié des ventes décevantes d’iPhones, et semble à la traîne en matière de course à l’intelligence artificielle par rapport à ses pairs. Le titre a perdu 6,5 % depuis le 1er janvier.
Enfin, Alphabet a connu une performance en dents de scie. Après avoir publié des résultats en demi-teinte où les revenus publicitaires ont déçu et pour lesquels il n’a pas encore convaincu de sa place de challenger dans l’IA avec son modèle Gemini, le titre s’est repris et est passé légèrement dans le vert à la fin du premier trimestre. Si bien que pour certains spécialistes des marchés cités par le Wall Street Journal, les Sept Magnifiques pourraient bientôt laisser la place aux "Quatre Fabuleux" ; un groupe constitué de Nvidia, Microsoft, Meta et Amazon.
Selon Jonathan Golub, stratégiste chez UBS, le rallye impressionnant de ce groupe de pépites tech ne peut pas durer, dans la mesure où il sera impossible de répliquer les trajectoires de croissance et de résultats historiques publiés en fin d’année dernière. Bonne nouvelle, l’ensemble des autres secteurs – qui sont dans le vert en ce début d’année à Wall Street, sauf l’immobilier - ont tous à gagner de l’essor de l’intelligence artificielle dans les pans de l’économie réelle.
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