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Société Générale sous le joug de la hausse des taux d’intérêt / Le plus dur est passé pour la marge nette d'intérêt, place à l'exécution du plan stratégique
La présentation des résultats annuels de Société Générale, ce jeudi matin, était une première pour son directeur général Slawomir Krupa qui a pris ses fonctions en mai dernier. Une manière de clore un exercice qui aura été synonyme de disparités au sein des activités de la banque rouge et noire, avec une activité de banque de détail pénalisée par la hausse des taux d’intérêt et faisant, aussi, encore les frais de décisions prises en 2022. Pour mémoire, Société Générale avait en effet décidé de se couvrir (pour une courte période de deux ans) contre une potentielle baisse des taux. Une anticipation s’étant révélée erronée… et qui a donc aussi pesé sur ses comptes.
De fait, au titre de l’exercice passé, le produit net bancaire (PNB, équivalent du chiffre d’affaires) de Société Générale a atterri à 25,1 milliards d’euros, soit une baisse de 7,6 % sur un an. Au quatrième trimestre, le recul de 9,9 % est plus marqué. Les revenus de la banque de détail (qui regroupe aussi la banque privée et l’assurance) en France ont plus particulièrement jeté un froid, en reculant de 12,9 % sur l’année. Les bénéfices de l’activité ont quant à eux fondu de 56,6 %. En cause, une partie importante des crédits qui ne profite pas encore des hausses des taux et une marge nette d’intérêt toujours pénalisée par les opérations de couverture à court terme passées en 2022. Cette dernière a reculé de 22 % sur l’année 2023.
Le rebond a débuté
Mais cet effet "devrait s’éteindre progressivement dans les prochains mois", a assuré Claire Dumas, la directrice financière du pensionnaire du CAC 40, à l’occasion d’une conférence avec les journalistes. Preuve en est, la marge nette d’intérêt a commencé à rebondir sur les trois derniers mois de 2023 : le pic de l’impact négatif des couvertures a été atteint au troisième trimestre. En revanche, Boursobank (anciennement Boursorama Banque, la banque en ligne de Société Générale) se porte bien. En qualité de numéro un français du secteur, elle a conquis plus de 550 000 nouveaux clients au quatrième trimestre, tirant à près de 6 millions de consommateurs la base de clientèle à fin 2023. "Près d’un Français sur dix est aujourd’hui client de Boursobank", s’est quant à lui félicité le directeur général Slawomir Krupa.
Du côté de la banque de grande clientèle et des solutions investisseurs, le recul de l’activité annuelle est plus mesuré, avec un PNB de 9,6 milliards d’euros, en baisse de 4,6 % sur un an. Car en son sein, les activités sont contrastées : les revenus de celles de marché et services aux investisseurs ont par exemple subi un effet de comparaison défavorable, en ligne avec la réévaluation en 2022 de la participation dans Euroclear. Résultat, ils reculent de 9,4 % sur une base de comparaison trimestrielle et de 6,3 % sur une base annuelle. Alors que du côté des activités de marché, "le quatrième trimestre est proche de ses plus hauts niveaux historiques", a souligné la directrice financière de Société Générale, pointant une légère baisse de 0,8 % des revenus par rapport aux trois derniers mois de 2022 qui constituaient alors un nouveau record.
Mais si la banque de détail à l’international a bien résisté, difficile d’en dire autant des services de mobilité et de leasing, qui ont poursuivi l’intégration de LeasePlan en 2023. Sur l’année, le PNB d’Ayvens (réunissant l’ex-ALD et LeasePlan) s’affiche en hausse de 16 %, mais a plongé de 17 % au quatrième trimestre. Les marges se sont retrouvées sous pression, en raison d’une normalisation de la revente des véhicules électriques.
L’exécution méticuleuse en priorité
Du côté de la performance opérationnelle, la base de coût annuelle atteint 18,5 milliards d’euros. En raison, notamment, des changements intervenus dans le périmètre, avec l’intégration de LeasePlan (elle a coûté plus de 600 millions d’euros en 2023). Au total, avec des frais de gestion en légère hausse de 0,6 % sur un an, le résultat brut d’exploitation du groupe s’affiche en recul de près de 26 %, à 6,6 milliards d’euros. Les bénéfices de Société Générale ont rebondi de 39 % sur un an, à 2,4 milliards d’euros, mais ils sont à comparer à une année 2022 qui avait connu une charge exceptionnelle de 3 milliards d’euros, liée à la sortie des activités de Russie. La rentabilité a grimpé de près de 2 points de pourcentage, pour atteindre 4,2 %. Le coefficient d’exploitation est quant à lui inférieur à 74 % - il devrait retomber sous la barre des 60 % en 2026. "Comme annoncé, nous prévoyons une amélioration linéaire de l’efficacité opérationnelle", a ajouté Claire Dumas.
Société Générale a prévu de réaliser 500 millions d’euros d’économies brutes supplémentaires en 2024. Mais d'ici à 2026, ce sont 1,7 milliard d’euros qui devraient être épargnés : au début de la semaine, la banque de la Défense a d’ailleurs annoncé la suppression de plus de 900 postes. "Nous nous engageons à délivrer le plan stratégique et les objectifs annoncés en septembre, avec confiance et détermination. L’année 2024 sera celle de l’exécution méticuleuse de notre plan, du rebond des revenus et de l’efficacité opérationnelle, tout en maintenant notre bilan et en simplifiant notre modèle", a en tout cas assuré Slawomir Krupa. Si la feuille de route à l’horizon 2026 est donc déjà bien connue, celle de l’exercice 2024 se portera sur une croissance des revenus supérieure ou égale à 5 % par rapport à 2023 (lesquels ne devraient donc ne plus souffrir de la baisse des marges nettes d’intérêt). Le coefficient d’exploitation sera quant à lui attendu inférieur à 71 % et, la rentabilité, supérieure à 6 %.
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