Publications, Résultats / L'Oréal / Publication des résultats / Nicolas Hieronimus / beauté
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L'Oréal / Publication des résultats / Nicolas Hieronimus / beauté
L’Oréal est le nouveau numéro un mondial de la beauté de luxe / Il flanche néanmoins à la Bourse de Paris après la publication de ses résultats
Dure fin de semaine en Bourse pour L’Oréal. Le titre du géant de la beauté est la lanterne rouge du CAC 40 sur la dernière séance de la semaine, perdant environ 6 % depuis l’ouverture du marché parisien, après avoir dévoilé ses résultats annuels jeudi soir. Le groupe a pourtant signé un exercice 2023 placé sous le signe de la croissance : l’année "a été un grand cru pour L’Oréal", s’est même félicité Nicolas Hieronimus, son directeur général, à l’occasion de la publication.
Il faut dire que cette dernière aura aussi permis à l’entreprise d’annoncer une nouvelle d’envergure. Sa division L’Oréal Luxe est devenue le leader mondial (en termes de chiffre d’affaires) de la beauté de luxe, détrônant de ce fait son rival américain Estée Lauder. Elle a facturé 14,9 milliards d’euros au titre de 2023, soit une hausse de 4,5 % en données comparables sur un an. Et rattrape ainsi presque le volume d'affaires de la division des Produits Grand Public, dont la croissance a bondi de 12,6 % et qui a enregistré 15,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2023. En y ajoutant une division de Beauté Dermatologique affichant une santé de fer (+ 28,4 % de progression annuelle) et les Produits Professionnels, le total du chiffre d’affaires de L’Oréal ressort en hausse de 11 % sur un an, à 41,2 milliards d’euros.
Un niveau record
Le reste des résultats s’aligne sur cette dynamique. La marge d’exploitation a atteint un niveau record de 19,8 % (en hausse de 30 points de base) en 2023, le bénéfice net a progressé de 8,4 %, à 6,2 milliards d’euros et le cash-flow opérationnel s’est apprécié de près de 24 %, à 6,1 milliards d’euros. Les actionnaires de L’Oréal se verront ainsi proposer un dividende de 6,60 euros à leur prochaine assemblée générale - soit une progression de 10 %.
Si tous les voyants sont au vert, la déception en Bourse se fait pourtant sentir. C’est en fait la fin d’année du groupe qui semble avoir été mal accueillie. De fait, au quatrième trimestre, la croissance organique a ralenti : elle est ressortie à 6,9 % tandis que le consensus des analystes tablait sur une progression de l’activité de 9,1 %. Une moindre hausse de l’activité "qui devrait surprendre négativement non seulement parce qu’elle est bien en-dessous des attentes, mais surtout parce qu’elle marque un net coup de frein après un neuf mois à + 12,6 %", avançait le cabinet Oddo BHF, dans une note publiée ce matin. Les divisions des Produits Professionnels et de la Beauté Dermatologique ont bien été à la hauteur des attentes, mais celles des Produits Grand Public et L’Oréal Luxe ont manqué le coche. Avec des croissances trimestrielles respectives de 7,7 % et 0,4 %, elles se sont révélées en-deça des prévisions des analystes qui s’affichaient quant à elles à + 11 % et + 3,8 %.
Les "daigous" en cause
Mais la crispation des opérateurs de marché provient en fait essentiellement de la performance de L’Oréal en Asie du Nord sur les trois derniers mois de 2023. Le chiffre d’affaires y a reculé de 6,2 % sur un an, tirant la croissance annuelle dans la zone en territoire (légèrement) négatif. La faute à la réinitialisation des activités commerciales exercées dans les lieux de transport, autrement appelées travel retail, "à la suite du changement de politique à l’égard des daigous", a expliqué L’Oréal. Un terme mandarin qui désigne des individus ou un groupe d’exportateurs qui exercent en dehors de la Chine, achetant des marchandises pour des clients chinois (par exemple dans des aéroports, donc hors taxes) pour les revendre avec une marge de bénéfice. Sauf que les différentes autorités de la région asiatique ont mis en œuvre certaines mesures limitant ce type d’activités, ce qui aura, logiquement, eu un impact sur le travel retail. Néanmoins, "il est très probable que cela repousse les dépenses vers la Chine continentale", observent les analystes de Deutsche Bank. Le marché de la beauté y est d’ailleurs resté atone, a pointé le groupe, qui a tout de même vu son chiffre d’affaires progresser de 5,4 % en Chine et en 2023.
Ainsi, pas de quoi perturber L’Oréal pour l’année à venir, puisque Nicolas Hieronimus a affiché sa confiance pour l'entreprise au titre de cette publication : "Dans un contexte de tensions géopolitiques, de pressions inflationnistes et de stagnation du marché de la beauté en Chine, nous avons réalisé notre meilleure croissance en comparable depuis plus de 20 ans (hors 2021). (...) En ce début d’année, nous restons optimistes quant aux perspectives du marché de la beauté, et confiants dans notre capacité à le surperformer pour réaliser une nouvelle année de croissance du chiffre d’affaires et des résultats".
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