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Macro-économie / Taux / taux de chômage / France / marché du travail

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France : le taux de chômage a pris une mauvaise pente en 2023 / Pourquoi sa hausse pourrait se poursuivre

Par rapport à son plus bas en quarante ans (hors pandémie) du quatrième trimestre 2022, le taux de chômage de la France a crû de 0,4 point, s’établissant à 7,5 %. Plusieurs raisons tendent à démontrer que ce mouvement de hausse n’est pas achevé.
Catherine Vautrin, ministre du Travail - JULIEN DE ROSA / AFP
Catherine Vautrin, ministre du Travail - JULIEN DE ROSA / AFP

L’année 2023 marquerait-elle le début d’une période peu amène pour le marché du travail ? Par rapport au dernier trimestre 2022, qui constituait un plancher (hors pandémie) depuis le troisième trimestre 1982, le taux de chômage de la France (hors Mayotte) a progressé de 0,4 point lors du dernier trimestre 2023, indiquent les données publiées par l’Insee.

Il s’établit à 7,5 %, soit un total de 2,33 millions de chômeurs ; 142 000 personnes sont devenues demandeuses d’emploi en 2023. Dans le détail, ce mouvement a eu lieu au détriment des femmes âgées de 15 à 49 ans. En effet, si elles représentaient environ un tiers des demandeurs d’emploi fin 2022, près de 70 % de la hausse du nombre de chômeurs sur un an est provenue de cette catégorie de la population.

Du côté des éléments positifs, l’on peut citer l’augmentation du taux d’emploi des seniors (55-64 ans) qui est l’un des objectifs phares du gouvernement : à 57,5 %, il s’affiche en progression de 1,5 point sur un an. L’écart avec l’Allemagne et les Pays-Bas, demeure toutefois très important (de l’ordre d’une quinzaine de points). Autre bonne nouvelle : l’accroissement du taux d’activité. Cette variable qui représente la part des personnes en âge de travailler qui participent au marché du travail (celles qui cherchent un emploi et celles qui en ont un) s’affiche à 74,1 % (+0,4 point sur un an), du jamais vu depuis que l’Insee la mesure (1975).

Au cours des trimestres à venir, faisant face à plusieurs obstacles, le taux de chômage pourrait bien poursuivre sa hausse. D’une part, le ralentissement économique passé et présent lié au durcissement des conditions de financement décidé par la Banque centrale européenne va jouer en défaveur de la demande de travail des entreprises.

D’autre part, la réforme des retraites adoptée l’an passé va influer à la hausse sur l’offre de travail. D’après les projections de l’Insee, une centaine de milliers de personnes supplémentaires participeront au marché du travail au cours de chacune des deux prochaines années (entre autres parce que le relèvement de l’âge d’ouverture des droits retarde le moment où certaines personnes peuvent liquider leur retraite). Son impact immédiat sur le taux d’activité et différé sur le taux d’emploi est de nature à faire pression sur le taux de chômage.

Enfin, après avoir dégringolé par rapport à son étiage pré-pandémique, la productivité du travail par tête devrait se redresser, de l’avis de nombreux économistes, ce qui là encore pèsera sur la demande de travail. Derrière ce rebond on trouverait notamment la hausse des défaillances d’entreprises liée à la fin du quoi qu’il en coûte et le rétablissement de la durée du travail à son niveau de 2019.

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