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France; filiales; creuser

Macro-économie / Taux / CEPII / Multinationales / Déficit commercial

Macro-économie / Taux
CEPII / Multinationales / Déficit commercial

Ces multinationales qui creusent le déficit commercial hexagonal / Les filiales d’entreprises françaises sont pointées du doigt

La sortie de la crise sanitaire s’est accompagnée d’un rebond pour l’économie hexagonale mais n’a pas effacé son déficit commercial. Les multinationales françaises ont notamment vu leur contribution au solde commercial se dégrader, leurs exportations étant ainsi passées de 6,8 % à 5,9 % du PIB entre 2019 et 2021.
Port Maritime Nantes Saint-Nazaire. Mathieu Thomasset / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Port Maritime Nantes Saint-Nazaire. Mathieu Thomasset / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

" Nous avons […] la très ferme détermination de relever sous dix ans ce défi, et de revenir ce qu’était la situation avant les années 2000 : une balance commerciale excédentaire". L’ambition de Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, il y a deux ans, s’inscrivait dans une dégradation de la dynamique hexagonale exacerbée par la pandémie. Un récent billet de blog du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) voit ses auteurs Vincent Vicard, adjoint au directeur du CEPII et responsable du programme scientifique Analyse du Commerce International, et Pierre Cotterlaz, économiste au CEPII, rappeler le rôle important joués par les multinationales tricolores dans cet épineux problème pour l’Hexagone et ce depuis des années.

Ces entités caractérisées tels des "groupes possédant au moins une filiale à l’étranger et contrôlées par une tête de groupe française", sont considérés comme ayant "largement contribué au creusement du déficit commercial de la France depuis 2000". Ce serait tout particulièrement la "dégradation de leur solde entre 2000 et 2008 qui explique le creusement du déficit français". La crise sanitaire aurait mis fin à la légère amélioration constatée lors du début de la décennie 2010, l’excédent des multinationales françaises ayant "connu une chute de 0,8 point de PIB en 2020, avant de se stabiliser en 2021, à un niveau inférieur à sa moyenne sur la décennie 2010".

 

Cas d’école

 

Pour autant l’ensemble des acteurs n’en serait pas responsable de la même façon, les deux auteurs évoquant des " dynamiques sectorielles spécifiques, en particulier dans le secteur des matériels de transports ". Ce seraient ainsi d’une part l’automobile et de l’autre l’aéronautique et les autres matériels de transport qui joueraient un rôle prépondérant dans la dégradation du solde commercial français. En s’intéressant aux flux commerciaux de chaque catégorie d’entreprise par secteur, ils obtiennent effectivement pour les autres matériels de transport "un excédent [qui] dégringole de près de 0,7 point de PIB, passant de 1,5 % à 0,8 % du PIB entre 2019 et 2020".

L’impact de la pandémie sur la demande ayant été certes dévastateur à court terme, mais également sur le plus long terme avec une difficulté à comprendre pourquoi " malgré la reprise des commandes, les exportations n’ont en 2021 pas retrouvés leur niveau d’avant-crise, situation qui ne se rétablit que très progressivement jusqu’à aujourd’hui". Le solde du secteur automobile se dégrade également, à la nuance près qu’il est plutôt question d’un " tassement plus progressif, mais régulier", ayant lieu depuis des années. Vincent Vicard et Pierre Cotterlaz relevant que pour ce secteur "les multinationales françaises sont importatrices nettes en 2023".

 

Chez le voisin

 

Une partie des malheurs français sur le solde commercial ne tient pas qu’à des problèmes internes. Pour le secteur automobile particulièrement, il est souligné que l’émergence d’une industrie chinoise de la voiture électrique a contribué à aggraver la détérioration du déficit commercial, à partir de 2022.

Une différence notable est noté en ce qui concerne les multinationales tricolores et étrangères entre 2019 et 2021. Puisque là où les exportations des premières nommées reculent, ce n’est pas le cas pour leurs concurrentes qui elles progressent passant de 5,3 % à 5,8 % du PIB. À l’inverse si "l’atonie des exportations des multinationales françaises est partiellement compensée par un recul de leurs importations, de 6,8 % à 5,9 % du PIB", c’est tout le contraire pour les multinationales non-résidentes qui ont connu une progression des leurs de 8,5 % à 9,3 % du PIB entre 2019 et 2021.

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