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Macro-économie / Taux / Banque centrale européenne / taux d'intérêt / pertes

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Banque centrale européenne / taux d'intérêt / pertes

La guerre contre l’inflation mutile les comptes de la BCE / Elle signe sa première perte en dix-neuf ans

En 2023, l’institution de Francfort a enregistré une perte de 1,3 milliard d’euros, qui se serait élevée à près de huit milliards d’euros si elle n’avait pas épuisé ses provisions pour risques financiers. Le resserrement de sa politique monétaire, en réponse à l’envolée des prix à la consommation, a multiplié par six ses dépenses d’intérêts.
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - Kirill KUDRYAVTSEV / AFP
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - Kirill KUDRYAVTSEV / AFP

A l’image de la Réserve fédérale américaine, le compte de résultat de la Banque centrale européenne (BCE) pâtit de la lutte contre l’inflation. L’institution de Francfort a enregistré une perte de 1,3 milliard d’euros en 2023, une première en dix-neuf ans. Ce résultat net négatif tient compte d’une reprise totale de la provision pour risques financiers, d’un montant de 6,6 milliards d’euros.

L’an passé, les revenus d’intérêts de la BCE ont été multipliés par cinq (hausse de 414,1 %), atteignant 63,8 milliards d’euros, tandis que ses dépenses d’intérêts ont crû de 509,7 %, s’établissant à 70,9 milliards d’euros. Le relèvement de ses taux directeurs, pour ramener l’inflation dans son lit, a entraîné une augmentation des charges d’intérêt sur ses engagements soumis à des taux d’intérêt variables. Certains de ses passifs sont rémunérés au taux d’intérêt des opérations principales de refinancement, or il a atteint en moyenne 3,8 % en 2023, contre 0,6 % en 2022. Il s’affiche aujourd’hui à 4,5 %.

A l’inverse, les actifs de la BCE sont en grande partie assortis de taux d’intérêt fixes et d’échéances longues. Il s’agit en majorité de titres de dette acquis dans le cadre de sa politique monétaire accommodante (donc à des taux moins élevés qu’aujourd’hui) qu’elle renouvelle au fur et à mesure (ce qui ne sera d’ailleurs bientôt plus le cas).

La BCE est susceptible de subir de nouvelles pertes au cours des prochaines années mais "devrait ensuite renouer avec des bénéfices durables", soutient l’institut d’émission. "En tout état de cause, la BCE peut fonctionner efficacement et remplir sa mission principale de maintien de la stabilité des prix, quelles que soient les pertes subies", a-t-il en outre précisé. La dernière perte que la BCE a connue (1,6 milliard d’euros en 2004) était liée à la vive appréciation de l’euro, qui avait entraîné un effondrement de la valeur de ses actifs libellés en dollars.

Pour mémoire, les "fonds propres nets" de la BCE (qu’elle associe à sa solidité financière) sont composés de son capital (8,9 milliards d’euros), de tout montant détenu dans la provision pour risques financiers et le fonds de réserve général (égaux tous deux à zéro) et des comptes de réévaluation (36,9 milliards d’euros - plus-values de réévaluation totales sur les avoirs en or, en devises et en titres).

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