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Le Bitcoin ne convainc toujours pas au sein de la BCE / L’approbation récente d’un ETF par la SEC ne lui a pas donné plus de crédit
Un ETF sans effet positif aucun. Voilà le dur constat énoncé par Ulrich Bindseil, directeur général des infrastructures de marché et de paiements de la Banque centrale européenne (BCE). Il juge sans concession, dans un billet sur le blog de l’institut d’émission, l’approbation récente par la Securities and Exchange Commission (SEC) d’un ETF sur le cryptoactif. Pire encore, cette décision contribue à sa défiance contre la reine des cryptomonnaies.
Rien n’est réglé
La spéculation aurait été loin d’être stoppée par cette décision de l’autorité américaine, bien au contraire puisque " l’approbation de l’ETF au comptant aurait ouvert les vannes de Wall Street pour le bitcoin". De quoi permettre d’importants afflux de fonds, qui constituent " le seul carburant efficace dans une bulle spéculative".
De quoi alimenter ses craintes " d’un feu de paille" sur le cryptoactif, étant donné qu’il avance qu’à " court terme, l’afflux d’argent peut avoir un impact important sur les prix, indépendamment des fondamentaux, les prix finiront par revenir à leurs valeurs fondamentales à long terme". Or, la juste valeur de l’actif est nulle, à ses yeux, lorsqu’il n’y a "ni flux de trésorerie ou aux autres rendements".
Ce choix fait de l’autre côté de l’Atlantique suscite une autre mise au point de sa part ; il rappelle que " l’utilisation des ETF comme véhicules de financement ne modifie pas la juste valeur des actifs sous-jacents". Il déplore que là où l’objet d’un ETF est normalement de diversifier les risques, l’intérêt du produit désormais accessible ne signifie que "payer des frais à un gestionnaire d’actifs pour le service de garde d’un seul actif". Une logique économique d’autant plus difficilement compréhensible qu’il " existait déjà d’autres moyens faciles d’obtenir une exposition cotée au bitcoin ou d’acheter des bitcoins sans aucune intermédiation".
Méprendre
Cette avancée pour le cryptoactif ne changerait donc rien à sa finalité et il martèle que "le problème n’a jamais été le manque de possibilités de spéculer avec le bitcoin, mais plutôt le fait qu’il ne s’agit que de spéculation". Ulrich Bindseil se montre tout autant irrité par les réussites du lobby du Bitcoin, qui aurait réussi à assimiler les réglementations sur la question comme une " approbation partielle des investissements en bitcoins". De la même façon, il déplore que "les personnes extérieures moins informées pourraient avoir la fausse impression qu’avec la mise en place du MiCA, le bitcoin serait également réglementé et sûr".
Pour venir à bout de cette incompréhension, il serait donc juste d’aboutir à une réglementation plus stricte des cryptoactifs. Le directeur général des infrastructures de marché et de paiements de la Banque centrale européenne va même jusqu’à juger "erronée (la croyance ndlr) que le bitcoin ne doive pas être soumis à une intervention réglementaire forte, pouvant aller jusqu’à l’interdire pratiquement".
Cœur du problème
Une diatribe d’autant plus virulente, qu’elle ne renonce en rien à l’argumentaire plus classique contre le Bitcoin. Il l’a énoncé pêle-mêle en passant de la lenteur et du coût élevé des transactions, à son manque de pertinence pour l’investissement ou encore par le coût environnemental élevé de son minage. Autant d’indices qui font affirmer à l’Allemand que " le niveau de prix du bitcoin n’est pas un indicateur de sa durabilité", étant donné qu’il ne peut y avoir "de ‘preuve de prix’ dans une bulle spéculative".
La hausse que connaît aujourd’hui le Bitcoin est pourtant bien réelle, elle est soutenue par trois facteurs " la manipulation continue du ‘prix’ sur un marché non réglementé, sans surveillance et sans valeur équitable, la demande croissante de la ‘monnaie du crime' et les lacunes dans les jugements et les mesures des autorités".
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