WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
adéquation; demande; terrains

Macro-économie / Taux / foncier / industrie / offre

Macro-économie / Taux
foncier / industrie / offre

Le foncier demeure problématique pour l’industrie française / L’offre actuelle ne correspond pas à ses besoins

L’Hexagone se trouve confronté à un nœud gordien qu’il a lui-même noué. D’un côté il ambitionne sa réindustrialisation et de l’autre il rêve d’une sobriété sur tous les plans dont celui du foncier. Une récente publication de la Fabrique de l’industrie rend compte de cet équilibre délicat à atteindre, en raison de besoins fonciers des industriels qui sont méconnus par les acteurs immobiliers, voire qui ne sont pas en adéquation avec leurs intérêts.
Nicolas Guyonnet / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Nicolas Guyonnet / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

La réindustrialisation hexagonale se fera grâce à un accès au foncier ou ne sera pas. Un constat qui s’impose au fur et à mesure de la lecture de l’étude dédiée produite par la Fabrique de l’industrie. Aux injonctions contradictoires entre sobriété environnementale et ouvertures d’usines s’ajoute "l’absence d’une gouvernance qui place le foncier productif au cœur de ses préoccupations". Le think tank explique que l’histoire économique et institutionnelle contribue également à ce que "l’offre produite localement ne réponde qu’imparfaitement à une demande qui peut être très soutenue de la part des entreprises industrielles et artisanales".

 

Cap incertain

 

Les volontés politiques de reconstruire l’outil industriel peineraient à se concrétiser sur le terrain, la publication s’inquiète notamment de "l’inflation des normes urbanistiques, environnementales et paysagères" et d’une " lenteur dans la gestion administrative des besoins des entreprises". Les objectifs de "mixité fonctionnelle" peuvent également compliquer la tâche des industriels, étant donné que cette logique demande " par exemple d’accueillir dans un même espace de l’habitat, des activités économiques et des loisirs", réduisant de ce fait le champ des possibles.

Il ressort pourtant des échanges, entre les concernés et la Fabrique de l’industrie, qu’ils sont prêts à des concessions notamment sur le plan financier. Certes "le prix d’acquisition ou le loyer font naturellement partie de l’équation pour les entreprises industrielles qui recherchent un nouveau site. Cependant, cette contrainte n’a pas la même importance pour toutes les entreprises", les grands groupes étant plus à même de payer des prix de marché.

Un arbitrage doit être fait entre les différents critères d’implantations, parmi lesquels les entreprises prioriseraient des lieux à proximité de "leurs clients et [de] leurs sources d’approvisionnement, et en fonction de son accessibilité, notamment pour les collaborateurs". Tout comme ils ne peuvent négliger " la présence d’un vivier de compétences", le fait d’être propriétaire plutôt que locataire ou encore "les exigences des processus industriels ; la lourdeur des machines nécessite par exemple des dalles solides pour les accueillir ". Une somme d’intérêts parfois difficilement comprise ou compatible avec ceux des interlocuteurs, ce qui induit que lors des négociations " les entreprises futures utilisatrices sont alors parfois plus tributaires des intérêts des acteurs intermédiaires et ne sont pas certaines d’être les destinataires finales de l’offre foncière et immobilière".

 

Concilier

 

Le think tank s’inquiète ainsi de ces difficultés qu’ont les industriels à trouver chaussure à leur pied. La publication rappelle que "le rapport sur la mobilisation pour le foncier industriel remis au gouvernement par Rollon Mouchel-Blaisot le 25 juillet 2023 estime que l’impératif de réindustrialisation dans tout le pays impose de trouver 22 000 hectares à horizon 2030". Des pistes de réflexion sont esquissées pour permettre aux intérêts des acteurs privés (les aménageurs, les promoteurs, les investisseurs, etc.) qui sont "guidés par la recherche de rentabilité, et peuvent parfois être déconnectés des besoins des industriels et des acteurs publics", d’être davantage compatibles avec ceux des autres acteurs.

Une proposition est faite "d’assouplir l’action publique", en procédant à des sanctuarisations de foncier en disponibilité permanente. Ce qui prendrait la forme d’une maîtrise des prix, d’un portage économique par la collectivité ou un acteur intermédiaire, et ce sur un temps long. Le trop grand nombre d’interlocuteurs est dénoncé comme sources d’inerties et de méconnaissances, en particulier dans les collectivités locales. La Fabrique de l’industrie exhorte à des "collaborations entre les acteurs des services économiques et d’urbanisme pour mieux préparer le foncier et accueillir les entreprises productives".

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article