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Banque Mondiale / pétrole / Demande mondiale / offre
Le baril serait à l’abri d’une extension du conflit au Moyen-Orient /
Un surplus d’or noir nous protégerait d’une flambée de son cours
"La chute des cours des matières premières et l’amélioration des conditions d’approvisionnement peuvent constituer un amortisseur contre les chocs géopolitiques". Tel est le cocktail décrit par Indermit Gill, économiste en chef et vice-président senior du Groupe de la Banque mondiale, comme devant protéger le cours du baril des conséquences d’un conflit plus conséquent au Moyen-Orient.
Plusieurs scénarios sont avancés par les équipes de l’institution et font état de perturbations potentielles à court terme. Par exemple, dans l’hypothèse d’une "réduction de l’offre mondiale de pétrole de 2 %, soit 2 millions de barils par jour", on verrait alors "des perturbations d’une ampleur comparable à celles provoquées par la guerre civile en Libye en 2011 et la guerre en Iraq en 2003". De quoi mener à une brutale hausse et à un pic à 92 dollars le baril. Cependant là où la Banque mondiale se veut rassurante, c’est dans le fait que les "producteurs de pétrole qui ne sont pas touchés par le conflit pourraient rapidement réagir à une telle hausse des cours en augmentant leur production".
Retour à la normale
Il est ainsi uniquement question dans un tel cas d’une hausse de 5 % du baril, à 84 dollars en moyenne pour 2025, et d’une hausse de 15 % relativement à la prévision de base pour l’année prochaine. Ayhan Kose, économiste en chef adjoint de la Banque mondiale et directeur de la cellule Perspectives, s’en fait l’écho en jugeant que "la bonne nouvelle, c’est que l’économie mondiale semble être en bien meilleure forme qu’auparavant pour faire face à un choc pétrolier important".
Plus que les adaptations du marché à des baisses soudaines de l’offre provenant de quelques pays, c’est l’impact sur la volatilité des cours du risque géopolitique qui apparaît au grand jour dans le document publié par la Banque mondiale. En supposant qu’une telle situation ne se réitère pas en 2025, on pourrait alors voir le prix moyen annuel du Brent passer à 73 dollars. Une baisse par rapport aux 80 dollars attendus pour 2024 et un plus bas depuis quatre ans.
La question du ralentissement de la demande chinoise en la matière est loin d’être anodine, tant l’Empire du Milieu a pu être gourmand d’or noir par le passé. Des récentes estimations de l’Agence internationale de l’énergie évoquaient qu’en ce qui concerne le pétrole, la Chine ne représenterait plus que "20 % des gains mondiaux cette année [2024 ndlr] et l’année prochaine, contre près de 70 % en 2023".
Opportunités
L’économiste en chef adjoint voit dans la baisse des prix des matières premières, une chute de près de 10 % de leurs cours est escomptée entre 2024 et 2026, deux leviers d'action supplémentaire à la disposition des décideurs politiques. Le premier d’entre eux étant qu’une telle situation peut "constituer un complément utile à la politique monétaire pour ramener l’inflation vers les objectifs ". La seconde étant que cela donne des marges de manœuvre aux dirigeants pour diminuer les subventions aux combustibles fossiles.
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