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Moscou; Washington; Arabie Saoudite.

Macro-économie / Taux / Opep+ / pétrole / offre / demande

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Opep+ / pétrole / offre / demande

La réduction de l’offre de l’Opep va commencer à se faire sentir / Le spectre d’un retour de la volatilité sur le marché de l’or noir plane

Les anticipations d’une hausse de la demande de pétrole en 2023 restent inchangées pour l’Agence internationale de l’énergie. Malheureusement le choix de l’Organisation des pays producteurs de pétrole de restreindre sa production n’a pas bougé d’un iota. En conséquence le dernier trimestre 2023 devrait voir les tensions entre offre et demande apparaître sur le marché.  
Vladimir Poutine en visite sur un site de Gazprom. Mikhail METZEL / POOL / AFP
Vladimir Poutine en visite sur un site de Gazprom. Mikhail METZEL / POOL / AFP

Des mois après sa visite infructueuse en Arabie Saoudite, le président américain Joe Biden continue à en subir les conséquences. La volonté de "contribuer à préserver un marché stable et équilibré au profit des consommateurs et des producteurs" affiché par l’Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep) s’est traduite dernièrement par des réductions de production et ce à minima jusqu’à la fin de l’année.

Or les dernières prévisions de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) établissent que " la demande mondiale de pétrole reste en bonne voie pour augmenter de 2,2 millions de barils par jour (mbpj) en 2023, à 101,8 mbpj ". Le regain de consommation en Chine en est notamment la raison. En conséquence, l’AIE estime que la récente "prolongation des réductions de production par l’Arabie saoudite et la Russie jusqu’à la fin de l’année entraînera un déficit substantiel du marché jusqu’au quatrième trimestre de l’année 2023".

 

Bloc contre bloc

 

Les données de l’AIE confirment cet argumentaire avec depuis début 2023 une "production de l’OPEP + [qui] a baissé de 2 mbpj, les pertes globales étant tempérées par la forte augmentation des flux iraniens". Pendant ce laps de temps il s’avère que "l’offre hors OPEP + a augmenté de 1,9 mbpj pour atteindre le niveau record de 50,5 mbpj en août". La résultante de ce jeu géopolitique et économique est qu’en 2023, "l’offre mondiale augmentera de 1,5 mbpj, les États-Unis, l’Iran et le Brésil étant les principales sources de croissance".

L’institution évoque ouvertement une "alliance russo-saoudienne" qui "constitue un formidable défi pour les marchés pétroliers ". Elle en veut pour preuve qu’alors que la volatilité était à son plus bas niveau depuis plusieurs années, la décision conjointe de l’Arabie saoudite et de la Russie de pas arrêter leurs réductions de production a été néfaste pour les marchés. Déclenchant une flambée des prix du pétrole de la mer du Nord, ces derniers ont de fait grimpé au-delà de 90 dollars le baril, des niveaux pas encore enregistrés en 2023.

 

Peau de chagrin

 

Si l’heure n’est pas à un retour immédiat et exacerbé de la volatilité sur le marché, le temps n’est pas propice à constituer de solides stocks d’or noir. Les équipes de Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie, notent que les "stocks mondiaux de pétrole observés ont chuté de 76,3 millions de barils pour atteindre leur niveau le plus bas depuis 13 mois en août ". Dans le détail, ce sont les " stocks de pétrole des pays non-membres de l’OCDE [qui] ont diminué de 20,8 millions de barils, la plus forte baisse ayant été observée en Chine, tandis que les stocks de l’OCDE ont diminué de 3,2 millions de barils".

Les inquiétudes de l’AIE sont cependant réelles, la potentielle annulation des réductions russes et saoudiennes au début de 2024 pourrait faire " basculer l’équilibre vers un excédent". Néanmoins l’état futur des stocks de pétrole sera probablement à des "niveaux inconfortablement bas, augmentant le risque d’une nouvelle poussée de volatilité qui ne serait dans l’intérêt ni des producteurs ni des consommateurs, compte tenu de la fragilité de l’environnement économique".

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