Macro-économie / Taux / Chine / croissance / chocs
Macro-économie / Taux
Chine / croissance / chocs
Un choc sur la croissance chinoise n’entraînerait pas toute la planète dans sa chute / L’Europe et les États-Unis seraient relativement épargnés
Prix des matières premières élevés et choc sur la croissance chinoise n’ont jamais fait bon ménage. Une situation qui se répéterait dans le scénario décrit par Fitch Ratings, puisqu’en raison d’une demande chinoise plus faible, les prix de plusieurs matières premières diminueraient considérablement. D’une part, "les prix du pétrole brut Brent seraient inférieurs d’environ 15 % en moyenne en 2024-2025", par rapport aux hypothèses de base de l’institution financière et d’autre part les prix mondiaux des métaux "seraient inférieurs de plus de 20 % en moyenne ", là encore rapporté au scénario de base.
Une partie du globe verra logiquement son économie affectée par cet appétit moindre de la Chine. Fitch Ratings explique qu’il faudrait alors s’attendre à ce que dans cinq pays " la croissance du PIB réel en 2025 soit inférieure d’au moins 1,5 point de pourcentage à celle de notre scénario de référence ". On y retrouve pêle-mêle "deux pays souverains du Moyen-Orient dont les économies dépendent fortement des exportations d’énergie - Oman et le Qatar - ainsi que trois économies asiatiques fortement liées à la Chine par l’économie et le commerce - la Corée, l’Inde et le Japon". A contrario on n’observerait aucun pays nord américain ou européen avec un PIB réel affecté de plus d’un point de PIB réel.
Partenaires contrariés
Tous les pays du Vieux continent ne seront pas touchés de la même manière, les plus affectés étant ceux " fortement exposés aux exportations vers la Chine, tels que l’Allemagne, [qui] pourraient voir leurs exportations diminuer". Cette dernière connaîtrait "une baisse de plus de 0,5 point de pourcentage de la croissance du PIB réel en 2025 ", par rapport aux prévisions actuelles.
Il est avancé qu’un "ralentissement de l’activité économique et de la demande de construction réduirait fortement les importations chinoises de produits énergétiques, de minerais et de métaux". Les efforts de diversification des différents exportateurs de matières premières seraient en partie rendus vains et ce en raison de "la prédominance de la Chine sur les marchés mondiaux d’importation de produits de base". Cette dernière rendant pour le moins "difficile de trouver d’autres marchés capables d’absorber la capacité d’offre existante, même avec des réductions de prix substantielles, en particulier dans des segments tels que le pétrole, le cuivre et le minerai de fer".
Contagion
Les soucis pour l’économie mondiale ne seront cependant pas contenus à ces problématiques d’échanges commerciaux drastiquement réduits. Fitch Ratings s’inquiète également des effets d’un tel choc sur l’investissement et la notation souveraine. Il est ainsi rappelé que "la croissance économique est un facteur important dans le modèle de notation souveraine de Fitch, car elle affecte une série d’indicateurs structurels, macroéconomiques et de finances publiques". De quoi redouter que les dégradations du sentier de croissance décrit auparavant, ne s’accompagnent "d’effets négatifs plus graves sur les profils de crédit souverain et potentiellement sur les notations".
L’investissement ne serait en outre pas épargné, l’institution financière s’attend à ce que la baisse des importations chinoises et l’effet sur le sentiment économique mondial le freinent. Tant la baisse de la demande globale, que des conditions financières plus compliquées dans nombre de pays émergents contribueraient à ce mouvement. Il est donc redouté que ces effets puissent " l’emporter sur ceux d’une inflation plus faible et d’une politique monétaire potentiellement plus souple".
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