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Effondrement commercial : le rôle des chaînes de valeur mondiales
Entre confinement, réinstaurations des frontières et ralentissement de la consommation, le commerce mondial a plus que souffert lors de ces deux premiers trimestres 2020. Dans cet effondrement économique, le rôle des chaînes de valeurs mondial est loin d’être minime. Dans son bulletin économique mensuel, la BCE évalue les effets économiques de la pandémie transmis par les chaînes de valeur.
La chute brutale du commerce mondial a provoqué une forte baisse des exportations et des importations au cours du premier trimestre 2020, affectant les chaînes de valeur. Le bulletin indique de ce fait devoir s’attendre à une plus forte contraction au deuxième trimestre 2020, malgré certains signes de reprise. Les importations mondiales réelles (hors zone euro) devraient diminuer à un rythme sans précédent d'environ -13% en 2020 avant de revenir à des taux de croissance positifs de 8,0 % et 4,3 % en 2021 et 2022 respectivement.
Dans ce contexte, quel a été l'impact des perturbations des chaînes de valeur sur l'économie mondiale, et ont-elles amplifié le ralentissement des échanges et de la conjoncture, s'interrogent les équipes de la BCE ? "Les liens de la chaîne d'approvisionnement jouent un rôle important dans la transmission des chocs entre les pays. Bien que l'expansion des chaînes de valeur mondiales soit au point mort depuis la crise financière mondiale de 2008, le commerce des biens intermédiaires reste important, puisqu'il représente plus de 40% du commerce mondial ", expliquent les auteurs de la note. Plus encore : en moyenne, plus de 20% des importations mondiales servent d'intrants dans les processus de production nationaux et sont intégrées dans des biens qui sont ensuite réexportés.
Les chocs de demande des pays ayant pris des mesures pour lutter contre la pandémie ont donc eu de fortes répercussions en amont, via le réseau de production, sur les fournisseurs d’intrants. Chocs amplifiés par "l’effet de fouet" : situation dans laquelle un choc déclenche une perturbation de la demande de pièces et de composants qui augmente au fur et à mesure que l'entreprise se situe en amont dans la chaîne d'approvisionnement. Dans le même temps les perturbations de l'offre sont, à leur tour, transmises en aval.
Les chocs de la demande peuvent ainsi résulter de deux effets, direct, lié au ralentissement des échanges traditionnels, c'est-à-dire des liens commerciaux bilatéraux. Et indirect, c'est-à-dire découlant des fluctuations de la demande dans les pays tiers et concernent les biens intermédiaires traversant au moins deux frontières. Or selon les équipes de la BCE les effets indirects pourraient amplifier jusqu’à 25% la baisse des importations et des exportations mondiales, liées au simple recul des échanges mondiaux. Pour les États-Unis, la baisse des importations et des exportations pourrait alors être de l’ordre de 8% en raison des effets directs et de 20% en raison des effets indirects. De leurs côtés les principaux centres de la chaîne d'approvisionnement résultant des liens indirects, à savoir la Corée du Sud, l'Allemagne et la Chine, représentent jusqu’à 20 % de la baisse totale estimée des exportations mondiales.
Cependant si ces liens entre les chaînes d’approvisionnement peuvent amplifier les chocs, ceux-ci pourraient, lors de la reprise, stimuler le commerce mondial : "Selon les projections macroéconomiques des services de l'Eurosystème de juin 2020, le commerce mondial devrait rebondir plus rapidement que l'activité mondiale", anticipe la BCE.
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