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Macro-économie / Taux / croissance / Etats-Unis / Zone euro

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Croissance : le Trésor n’écarte pas que la zone euro fasse mieux que les Etats-Unis en 2025 / La politique budgétaire y concourrait

Alors que le différentiel de croissance entre les Etats-Unis et la zone euro s’est élevé à 2 points en 2023 et qu’il devrait atteindre 1,6 point cette année, il pourrait être en faveur du Vieux continent en 2025, selon la Direction générale du Trésor. L’influente direction de Bercy cite trois raisons.
Laure Boyer / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Laure Boyer / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

La performance économique de la zone euro pourrait s’avérer meilleure que celle des Etats-Unis en 2025. C’est ce qu’indiquent les nouvelles prévisions de la Direction générale du Trésor (DG Trésor). D’après ses économistes, la croissance du Produit intérieur brut (PIB) des vingt pays partageant la monnaie unique devrait s’établir à 1,6 % en 2025, contre 1,4 % pour l’Oncle Sam. Pour mémoire, la croissance américaine s’était établie à 2,5 % en 2023 contre 0,5 % en zone euro. Et l’écart devrait se réduire à 1,6 point cette année (2,3 % contre 0,7 %).

Les experts de Bercy voient trois phénomènes derrière ce regain de forme de la croissance du Vieux continent. D’abord, "la zone euro dispose de marges de rattrapage importantes concernant la consommation des ménages car le taux d’épargne y est encore supérieur au niveau prépandémique, contrairement aux États-Unis", soutiennent-ils. Pendant la crise pandémique, les contraintes sur la consommation liées à la crise sanitaire ont entraîné une forte hausse du taux d’épargne des pays avancés par rapport à la moyenne 2015-2019, générant la constitution d’un stock d’épargne "anormal".

Une rupture a été observée en 2022 : les ménages de la zone euro ont continué d’épargner plus que d’ordinaire tandis que la surépargne fut mobilisée aux Etats-Unis pour soutenir la consommation. Au troisième trimestre 2023, le taux d’épargne de la zone euro se situait 1,4 point au-dessus de sa moyenne 2015-2019 quand celui des Etats-Unis évoluait 1,4 point en dessous.

"Selon l’OCDE, cette différence s’expliquerait en partie par la nature du soutien public lors de la crise sanitaire", indique l’étude de la DG Trésor. "En particulier, les chèques de relance aux États-Unis ont d’abord alimenté l’épargne des ménages les moins aisés, et elle a été rapidement dépensée compte tenu de leur propension à consommer plus forte. À l’inverse, les mesures européennes consistaient plutôt en un maintien dans l’emploi, et l’excédent d’épargne a découlé surtout des contraintes sur la consommation, sans lien direct avec le revenu", ajoute-t-elle.

La deuxième raison a trait à la problématique énergétique. "La zone euro profiterait davantage du recul des prix du gaz depuis le pic de l’été 2022 ", avance l’étude. Sur les marchés de gros aux Etats-Unis, le prix du gaz naturel s’affiche aujourd’hui 80 % en dessous de son plus haut d’août 2022 quand la chute atteint 90 % en Europe.

Enfin, la politique budgétaire serait plus favorable en zone euro, "où les décaissements prévus des plans d’investissements continueraient d’être plus importants" (plan de relance européen notamment) qu’aux États-Unis (plans de soutien aux infrastructures, semi-conducteurs et à l’industrie verte). Dans le détail, le déficit structurel primaire se réduirait de 1,4 point en 2024 aux États-Unis, contre 1 point en zone euro, explique l’étude, qui se base sur les calculs du Fonds monétaire international (FMI). Cette variable représente le déficit public hors charges d’intérêts et effets du cycle économique : s’il se réduit, cela indique que la politique budgétaire participe à freiner l’activité.

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