Macro-économie / Taux / énergies renouvelables / Asie / 2030
Macro-économie / Taux
énergies renouvelables / Asie / 2030
L’Asie prend une nouvelle longueur d’avance dans les énergies renouvelables / Le continent profite des efforts conséquents de la Chine
Le verre est davantage à moitié vide qu’à moitié plein. C’est l’amer constat fait par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), à l’occasion de son rapport Renewable Capacity Statistics 2024 (statistiques 2024 relatives au déploiement des énergies renouvelables). Notamment par la voix de son directeur général Francesco La Camera, ce dernier soulignant que "cette extraordinaire montée en puissance de la capacité de production énergétique montre que les énergies renouvelables sont la seule technologie permettant d’intensifier rapidement la transition énergétique conformément aux objectifs de l’Accord de Paris". Il a cependant immédiatement pris le soin de souligner que "les progrès ne sont pas assez rapides pour atteindre les 7,2 TW d’énergie renouvelable requis sur les sept prochaines années, conformément au scénario de 1,5 °C du rapport World Energy Transitions Outlook (Perspectives de transition énergétique dans le monde) de l’IRENA".
Rares sont les pays à se voir dresser des lauriers par l’institution, la figure de proue de l’Asie qu’est la Chine s’en approprie une majeure partie. Notamment pour " la compétitivité croissante de l’énergie solaire et éolienne par rapport à l’électricité issue du charbon et du gaz " constatée dans l’empire du Milieu. L’IRENA avance qu’il s’agit actuellement du principal moteur de développement de l’énergie renouvelable.
Plus de temps à perdre
L’Europe récolte quant à elle quelques encouragements, grâce à une Union européenne reconnue comme accordant "une plus grande importance aux politiques et [qui] se penche davantage sur la sécurité énergétique, facteurs déterminants d’une croissance rapide, en plus de la compétitivité croissante des énergies renouvelables par rapport aux énergies fossiles". Pour l’heure, point de triomphalisme cependant, les capacités n’ont augmenté que de 10 %, en 2023, sur le Vieux continent. Il se classe comme le second de l’Asie avec près de 20 % de la part mondiale d’énergies renouvelables.
Cette dernière trônant en maître avec 50,7 % du total planétaire, loin devant l’Europe donc mais également l’Amérique du Nord qui compte pour seulement 13,7 % de l’ensemble. D’autres parties du monde peinent également à compter dans le jeu des nations, que ce soit le Moyen-Orient (0,9 %) ou l’Océanie (1,7 %). Les forts taux de croissances respectifs en 2023 de 16,6 % et 9,4 %, n’étant pas suffisants pour rattraper leur retard.
À la traîne
Francesco La Camera s’en alarme et juge qu’il "est urgent de mettre en place des interventions politiques et un changement de cap au niveau mondial pour surmonter efficacement les obstacles structurels et créer de la valeur locale sur les marchés émergents et dans les pays en développement, dont beaucoup sont encore à la traîne dans ce domaine". Il pointe du doigt la possibilité d’une concentration géographique et technologique, à même "de creuser le fossé de la décarbonation et [qui] représente un risque significatif quant à la réalisation de l’objectif de triplement".
Un constat qui vaut également pour les pays du G20. Bien qu’ils aient " augmenté leur capacité de 15 %, pour atteindre 3 084 GW en 2023", il faudrait qu'ils atteignent à eux seuls "une capacité de production d’énergie renouvelable de 9,4 TW d’ici 2030". Un objectif qui devra également tenir compte de "disparités [qui] ne se limitent pas à la répartition géographique, mais aussi au déploiement des technologies". L’énergie solaire a représenté 73 % de la croissance des énergies renouvelables en 2023 et l’énergie éolienne près de 24 %.
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