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fléchage de l'épargne / europe / Financement
Le rendez-vous manqué de l’épargne européenne / Le Vieux continent n’arrive pas à financer sa transition énergétique par ce biais
Concilier investissement massif et finances publiques sous surveillance. C’est l’équation complexe sur laquelle se sont penchés les invités des sixièmes rencontres de la croissance de Rexecode. Dorothée Rouzet, cheffe économiste de la Direction générale du Trésor, évoque que "ça ne vous surprendra pas que les finances publiques sont assez contraintes" et que l’effort d’a minima deux points de Produit intérieur brut supplémentaire (PIB), d’investissement destiné à la transition énergétique, ne pourra s’appuyer uniquement sur les deniers publics.
Un effort qui pourrait monter jusqu’à l’équivalent de 5 % du PIB, à en croire le dernier Trésor-Éco en date, et qui ne saurait être retardé. L’économiste martelant "qu’on parle toujours des montants des investissements, mais il y a aussi un coût à l’inaction et il est sans doute encore plus incertain ". Jean-Jacques Barbéris, directeur général délégué d’Amundi AM, a soulevé de son côté les difficultés européennes à voir l’épargne domestique soutenir l’investissement dans la transition énergétique.
Cohérence
Il a notamment pris l’exemple de l’action du MSCI World qui correspond le plus à la taxonomie européenne actuelle, il s’agit de Tesla. Tout comme il a rappelé que pour flécher l’épargne, le meilleur moyen demeure le prix mondial du carbone. Pour autant ce dernier "n’existera pas à court terme" et il se pose alors la question de "comment faire qu’un marché aille bien et que l’investissement s’alloue alors que le référentiel de base n’est pas là ? ". Il a néanmoins apporté quelques bonnes nouvelles, comme le fait que "pour les investisseurs, l’investissement responsable a surperformé l’indice de référence l’an passé".
Impossible cependant de totalement ignorer l’importance du rôle de la puissance publique française. D’aucuns ont insisté dessus à l’instar de Patrick Martin, président du Medef, qui a estimé que "l’État doit pouvoir dégager des marges de manœuvre pour mieux accompagner la transition". Il a également fait référence au plan de relance européen de 750 milliards d’euros, qui n’ont pas été intégralement dépensés. Il ne faudrait à ses yeux écarter aucune possibilité tel qu'un financement commun à l'échelle européenne, étant donné qu’il s’agit d’un "virage existentiel que notre continent doit prendre". C’est pourquoi fort du constat "qu’investir à ce jour dans la décarbonation pour l’investisseur est une prise de risque", il juge qu’on "doit pouvoir trouver des systèmes" qui les rassure. La question du soutien de l’État aux acteurs privés se pose dès lors.
Réalité
Un soutien public essentiel également pour Frédéric Sanchez, président de Fives et président du Medef International. Ce dernier a martelé que "l’Europe est finalement prise en étau" entre les États-Unis et la Chine et qu’elle "doit dès lors ouvrir les yeux, le devoir de vigilance c’est très bien mais ne sera pas suffisant ". Il est allé jusqu’à asséner qu'il faut traiter la "menace", en prenant l’exemple d’un très gros contrat au Moyen-Orient que Fives vient de perdre et où les Chinois ont proposé des prix que "même avec les prix de revient chinois, ne sont pas possible, ils ont très clairement une stratégie de conquête de parts de marché". Il redoute que la Chine exporte sa surcapacité de production dans les années à venir. Rien que sur la question des voitures électriques, il relève qu’il y a trois à quatre fois plus de production dans l’empire du Milieu qu’il n’y a de demande intérieure.
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