Macro-économie / Taux / Immobilier / France / Dette / propriétaire
Macro-économie / Taux
Immobilier / France / Dette / propriétaire
Les ménages français toujours autant friands d’immobilier / Les plus aisés ont quant à eux tiré profit de la hausse des prix
La propriété vaut bien une dette. C’est le choix que semblent avoir fait les ménages hexagonaux. Ces derniers sont les seuls parmi ceux des quatre plus quatre grandes économies de la zone euro (France, Allemagne, Italie et Espagne) à ne pas avoir vu leur proportion de propriétaires diminuer. Les deux parties prenantes françaises (l’Insee et la Banque de France) de l’enquête des banques centrales de l’Eurosystème sur le patrimoine et les revenus des ménages, la Household Finance and Consumption Survey (HFCS), jugent cependant que "c’est en France que la hausse de l’endettement immobilier des ménages a été de loin la plus forte".
L’Hexagone est le seul des quatre pays où le ratio dettes sur revenus a "nettement augmenté". Un phénomène particulier alors que les prix de l’immobilier ont fluctué très différemment ces dernières années ; la Banque de France détaillant que si en ce qui concerne l’Allemagne "les prix ont augmenté de façon ininterrompue depuis le milieu des années 2000", il s’avère que "sur la période 2010-2021, les prix de l’immobilier dans les quatre grandes économies de la zone euro ont connu des évolutions assez différentes". Ils ont notamment commencé par baisser à la suite de la crise financière de 2008-2009, "assez nettement en Espagne et en Italie mais très légèrement en France, avant de croître à nouveau jusqu’à mi-2022".
Fragmentation
Une plus grande hétérogénéité est observée ces dernières années avec une hausse générale des prix immobiliers entre 2017 et 2021. L’enquête dévoilant que cette progression "a été particulièrement marquée en Allemagne (+ 35 %), plus mesurée en France et en Espagne (+ 19 %), et bien moindre en Italie (+ 4 %)". L’accès a la propriété n’a cependant pas été restreint dans les mêmes proportions en raison d’une baisse des coûts de financements.
Cependant la France présente une singularité, celle d’être le seul des quatre États à avoir vu son" ratio ‘ dettes/revenus ‘ le plus nettement augmenter, notamment – mais pas seulement – pour les ménages à revenus plus élevés". Un constat préoccupant alors que près de 80 % du patrimoine brut des ménages de la zone euro est constitué d’actifs immobiliers.
Tirer son épingle de jeu
Les ménages français fortunés sont ceux qui se sont le plus endettés sur la période, il semble qu’ils aient mis à profit un moindre coût du financement pour élargir leur patrimoine immobilier. Les auteurs notent que "l’apparente stabilité du pourcentage de ménages endettés en France occulte des évolutions contrastées selon le niveau de revenus". Puisque si la proportion de ménages qui sont endettés pour motif immobilier "n’a que très légèrement augmenté au sein de l’ensemble de la population (de 25 % à 26 % entre 2017 et 2021)", cette progression est nettement plus prononcée concernant " ceux qui ont les revenus les plus élevés (de 51 % à 53 % pour les premiers 5 % des 10 % les plus aisés [P90-P955], et de 56 % à 58 % pour le "top 5 %") ".
Une dynamique déjà observée depuis le début des années 2010 et qui s’accompagne d’une hausse de la valeur du patrimoine immobilier déclarée par ces mêmes ménages. Un constat valable pour l’ensemble des pays observés, ces derniers ayant vu "une variation plus forte de la valeur du patrimoine immobilier des ménages les plus aisés". Une conséquence également du fait qu’ils sont "réputés détenir les biens immobiliers de plus grande surface, de meilleure qualité et dans des localisations mieux valorisées". Ces derniers étant ceux qui vont le plus bénéficier d’une hausse de leur valeur.
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