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Société Générale quitte (aussi) le Maroc / Les conditions de maintien en inadéquation avec la stratégie du groupe
Alors que fin mars, Deutsche Bank avait abaissé sa recommandation sur la valeur de Société Générale en raison de "sa faible conviction d’une accélération des avancées dans le plan de cession d’actifs non essentiels", force est de constater que la banque de la Défense a décidé de passer à la vitesse supérieure quant à l’exécution de sa feuille de route présentée en septembre dernier. Après avoir annoncé, ce jeudi, la signature d’un accord avec BPCE en vue de la vente de sa filiale SGEF, spécialisée dans les activités de financement d’équipements professionnels, le groupe dirigé par Slawomir Krupa vient de confirmer - la rumeur courrait depuis des semaines - la cession de sa filiale au Maroc. Un accord a, en effet, été conclu avec la société d’investissement Saham, propriété de l’ancien ministre de l’industrie et du commerce, Moulay Hafid Elalamy.
Impact comptable négatif à prévoir
Dans le détail, cette transaction concerne 57,67 % des parts de la banque dans Société Générale Marocaine de Banques, incluant ses filiales (financements spécialisés, banque, société financière, intermédiation boursière, etc), ainsi que l’intégralité des parts détenues par Sogécap dans la compagnie d’assurance, La Marocaine Vie. Elle se ferait au prix de 745 millions d’euros et aurait, selon Société Générale, un effet positif estimé à environ 15 points de base sur le ratio CET1 du groupe à la finalisation de l’opération, qui pourrait intervenir d’ici la fin de l’année. "Cet accord induira un impact comptable négatif d’environ -75 millions d’euros sur les résultats du premier trimestre 2024 du groupe (connus le 3 mai prochain, ndlr)", a précisé Société Générale.
A noter également que les deux parties prévoient de nouer un partenariat commercial de long terme permettant aux clients corporate de la banque de la Défense intervenant au Maroc de faire appel à un partenaire bancaire local.
Le périmètre se réduit de plus en plus en Afrique
Pour mémoire, ce n’est pas la première fois que Société Générale se déleste de ses filiales en Afrique. En juin 2023, les filiales situées au Congo, en Guinée équatoriale, en Mauritanie et au Tchad avaient été cédées au groupe Coris et au groupe bancaire panafricain Vista, présidé par l’homme d’affaires et ancien banquier d’affaires chez Morgan Stanley, Simon Tiemtoré. Ce dernier ayant de plus signé, quelques mois plus tard, en décembre, le rachat des filiales du Burkina Faso et du Mozambique.
Des opérations qui s’inscrivent dans le plan de cessions stratégiques que souhaite mener la banque et qui vise à façonner un modèle plus synergétique et performant avec les autres métiers de la banque pour le groupe. Objectif : se concentrer sur les implantations où Société Générale est leader du marché comme, à fin 2023, en Côte d’Ivoire, à Madagascar ou au Sénégal. "L’Afrique est une zone géographique à potentiel de croissance où le groupe a bâti une présence historique et entend concentrer ses ressources sur les marchés où il peut se positionner parmi les banques de tout premier plan, en synergie avec les autres métiers et avec une taille critique permettant une contribution satisfaisante et durable à la création de valeur ", avait alors expliqué la banque.
Une concurrence locale bien implantée
Concernant, la filiale marocaine, ce n’est visiblement pas le cas. Certes, elle est un très bel actif. A la fin de l’année dernière, elle avait enregistré le plus fort produit net bancaire (chiffre d’affaires pour la banque) du groupe en Afrique à 484 millions d’euros, contre 469 millions d’euros en 2022, mais ne se classait qu’à la cinquième place des banques locales. "D’autres groupes bancaires locaux sont très bien implantés ", nous explique-t-on chez Société Générale.
Le sort de la filiale située en Tunisie, où le groupe reste le plus mal positionné de toutes ses entités sur le continent (7e rang avec un PNB de 163 millions d’euros), reste, pour l’heure, en suspens. En juin dernier, Société Générale avait indiqué avoir ouvert une réflexion stratégique sur sa participation au capital (52,34 %).
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