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Macro-économie / Taux / Chine / croissance

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Chine / croissance

La croissance chinoise surprend son monde / Cela pourrait ne pas durer

Au premier trimestre, le Produit intérieur brut (PIB) de l’Empire du Milieu a progressé de 6,6 % en rythme annualisé, contre 4,9 % lors des trois derniers mois de 2023. Cette croissance apparaît déséquilibrée et ses fondamentaux fragiles.
Xi Jinping, président de la république populaire de Chine - Jade Gao / AFP
Xi Jinping, président de la république populaire de Chine - Jade Gao / AFP

L’activité économique chinoise a bien mieux démarré l’année que prévu. Le Produit intérieur brut (PIB) de la deuxième économie du monde a augmenté de 6,6 % en rythme annualisé au cours du premier trimestre, après une hausse de 4,9 % durant les trois derniers mois de l’année 2023, montrent les données du Bureau national des statistiques (BNS).

En glissement annuel, la croissance s’est affichée à 5,3 % quand le consensus attendait 4,8 %, malgré un contexte hostile lié à une crise immobilière. En effet, des défauts de paiement de promoteurs immobiliers causés, entre autres par un resserrement de la réglementation applicable au secteur en 2020, pèsent sur l’activité de construction et les ventes de logements (les prix de vente des propriétés résidentielles nouvellement construites ont dégringolé de 30,7 % sur un an).

La croissance plus allante qu’anticipé au premier trimestre est due à un certain nombre de facteurs. "Il s’agit notamment d’une demande extérieure plus forte, de l’entrée en vigueur des mesures de relance des investissements et d’une reprise des dépenses de vacances, bien que la consommation globale soit restée atone ", expliquent Wei Yao et Michelle Lam, économistes chez Société Générale CIB.

Il se peut que cette reprise se soit toutefois essoufflée à la fin de l’hiver.

En mars, les ventes au détail, principal indicateur des dépenses des ménages, se sont tassées (+3,1 % sur un an), après une hausse de 5,5 % en janvier et février cumulés. Une performance inférieure à ce que les conjoncturistes sondés par Bloomberg escomptaient (5,4 %). En outre, la production industrielle a ralenti en mars (+4,5 % sur un an), après une hausse plus forte que prévu de 7 % en début d’année (6,6 % attendus). "Compte tenu de l’accumulation probable de stocks survenue au premier trimestre (et donc des pressions croissantes de déstockage au deuxième trimestre), de la normalisation des ventes au détail après les festivités, de la faiblesse et de l’imprévisibilité de la demande extérieure et des mesures de relance globalement prudentes, nous nous attendons désormais à un ralentissement de la croissance au deuxième trimestre", analyse Louis Loo, économiste chez Oxford Economics.

Un constat partagé par Zichun Huang, économiste chez Capital Economics. "Dans l’ensemble, la reprise économique de la Chine semble fragile. Même si nous nous attendons à ce que les mesures de relance budgétaire à court terme continuent de soutenir l’économie, il est peu probable que cela empêche un nouveau ralentissement à l’avenir", juge-t-elle, soutenant que le mouvement de correction dans la construction immobilière vient à peine de commencer. "Nous nous attendons à un fort ajustement à la baisse dans les années à venir, qui pèsera sur la croissance économique à moyen terme", prévient Zichun Huang. Rappelons que le secteur immobilier pèse entre 14 % et 30 % du PIB de la Chine (selon les estimations), d’après une étude de la direction générale du Trésor.

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