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Carlos Tavares / Stellantis / rémunération
Les actionnaires de Stellantis s’accordent sur la rémunération de Carlos Tavares / Un vote qui reste consultatif mais suscitant bien des débats
Comme tous les ans, la saison des assemblées générales met les rémunérations des dirigeants des grandes entreprises françaises en lumière. Et certaines plus que d’autres. Ce mardi, à l’occasion de l’assemblée générale de Stellantis, c’était celle de Carlos Tavares qui était plus ou moins soumise au vote des actionnaires. Puisque le siège social du constructeur automobile est basé aux Pays-Bas, le droit néerlandais s’applique à l’approbation par les actionnaires du rapport sur les rémunérations. Autrement dit, c’est un vote consultatif qui s'exerce sur la rémunération de Carlos Tavares - tout comme sur celle du président de Stellantis, John Elkann -. Un vote qui aura offert un résultat de plus de 70 % de bulletins "pour". Reste que malgré l’approbation des actionnaires, ce taux s’affichait à environ dix points de plus l’année précédente. Et avant la tenue de l’assemblée générale du groupe, le salaire de Carlos Tavares n’aura aussi pas manqué de susciter des débats.
En cause, une rémunération de 36,5 millions d’euros au titre de 2023, dont 10 millions d’euros de prime en raison de la "transformation" de Stellantis depuis la fusion entre Fiat et PSA. L’enveloppe intègre également des pensions de retraite versées sur le long terme, ainsi qu’un bonus si les objectifs de court et long terme sont atteints. L’année passée, le salaire de Carlos Tavares s’affichait à 23,5 millions d’euros. Du côté de John Elkann, la rémunération s’est fixée 4,8 millions d’euros pour 2023.
Les performances de l’entreprise
Pour autant, en déplacement dans une usine du groupe en Moselle lundi, à la veille de l’assemblée générale, le dirigeant a tâché de justifier sa rémunération en rappelant que son salaire s’appuyait en grande majorité sur les performances de l’entreprise (93 % de sa rémunération est en effet variable).
Il faut dire que celles-ci n’en finissent plus d’atteindre des records. À l’issue de l’exercice 2023, le constructeur automobile a dégagé plus de 18,5 milliards d’euros de bénéfices et a généré près de 13 milliards d’euros de free cash flows industriels. De quoi récompenser les actionnaires du groupe, avec un dividende qui s’élève à 1,55 euro par action ordinaire, soit une augmentation d’environ 16 % sur un an. La résolution le concernant, quant à elle soumise au vote "classique", a été adoptée à 99,99 %. Pour mémoire, la structure actionnariale de Stellantis se compose de la holding de la famille Agnelli, Exor, détenant 14,2 % du capital de l’entreprise, des Établissements Peugeot Frères (7,08 %), de Bpifrance qui représente l’État français (6,09 %) et de BlackRock (3,54 %). En amont de la réunion annuelle des actionnaires, le directeur général de Bpifrance, Nicolas Dufourcq, avait déjà statué sur la position de l’État actionnaire, en indiquant qu’il s’abstiendrait sur la question de la rémunération de Carlos Tavares (ce qui revient, en l’absence d’un vote positif, à voter contre). De manière générale, le groupe de la Caisse des Dépôts et Consignations s’abstient sur la question des rémunérations lorsque celles-ci dépassent 5 millions d’euros.
S’en tenir à la loi
Si le directeur général de Stellantis ne s’est pas exprimé à propos de son salaire lors de l’assemblée générale du groupe, et alors que plusieurs sociétés de conseil en vote avaient appelé à voter "contre", Carlos Tavares a toutefois souligné en amont de l’assemblée générale qu’il réagirait au résultat de manière démocratique. Le groupe avait par ailleurs entamé un dialogue avec les actionnaires et les proxys au sujet de la politique de rémunération à la suite de son assemblée générale de 2022, alors que le vote consultatif était ressorti négatif au sujet de la rémunération du patron du groupe pour l’exercice 2021.
"Au-delà de la dimension contractuelle, il y a la dimension sociétale. Si vous estimez que ce n’est pas acceptable, faites une loi et modifiez la loi, je la respecterai", indiquait de son côté le dirigeant de Stellantis, toujours en déplacement dans l’usine de Trémery en Moselle ce lundi. Pris au mot ? La déclaration n’a en tout cas pas manqué de susciter des réactions à gauche. Dans la foulée, le député La France Insoumise (LFI) Matthias Tavel réagissait sur ses réseaux sociaux : "Chiche, M. Tavares : je dépose aujourd’hui une proposition de loi pour fixer un salaire maximum dans les entreprises, en limitant à 20 les écarts entre la plus grande rémunération et les petits salaires". La tête de liste LFI pour les élections européennes, Manon Aubry, lançait elle aussi : "Je propose de fixer un salaire maximum de 1 à 20 au sein des entreprises : le 9 juin, on vote pour mettre les inégalités au tapis". Elle sera d’ailleurs entendue ce jeudi 18 avril, au Medef, avec l’ensemble des principales autres têtes de liste, pour présenter leurs programmes.
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