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Macro-économie / Taux / François Villeroy de Galhau / Banque de France

Macro-économie / Taux
François Villeroy de Galhau / Banque de France

Finances publiques : le contexte est favorable à des efforts structurels, affirme François Villeroy de Galhau / Désinflation et assouplissement monétaire seront de précieux alliés

La crainte associée à l’effet récessif de la consolidation budgétaire ne doit pas "être invoquée à l’excès" pour différer la mise en ordre des finances publiques, souligne le patron de la Banque de France dans sa lettre au président de la République. La reprise économique à venir aidera à réaliser des efforts en dépenses, juge-t-il, plaidant pour qu’elles soient quasi-stabilisées en volume.
François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France - Daniel Pier / NurPhoto / NurPhoto via AFP
François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France - Daniel Pier / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Pour François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de la France, l’heure n’est pas à la procrastination en matière de redressement des finances publiques. C’est l’un des messages qui ressort de sa lettre au président de la République, exercice annuel auquel se sont livrés tous les gouverneurs de la Banque de France depuis 1945. "Tous les pays ont augmenté fortement les déficits face aux chocs (la crise financière en 2009, la pandémie en 2020), mais à la différence de nos voisins, nous ne les faisons pas reculer assez vite dès que la conjoncture s’améliore", écrit le grand argentier.

Dans le programme de stabilité, le gouvernement dit vouloir réduire le déficit public de 2,6 points de PIB entre 2023 et 2027, ce qui permettrait au désendettement de s’amorcer en 2026. Pour ce faire, il compte limiter la croissance des dépenses publiques en volume à 0,5 % en moyenne par an. Un chiffre inférieur à celui observé sur les deux décennies précédentes, ce même pendant la crise des dettes souveraines entre 2011 et 2014 (0,7 % par an en moyenne), a récemment pointé le Haut conseil des finances publiques, qui a déclaré que cela devrait peser à la baisse sur la croissance.

"Le cycle de reprise qui devrait s’accélérer sur 2025-2026 [la croissance hexagonale devrait atteindre 1,6 % par an en moyenne d’après la Banque de France, ndlr] ainsi que l’assouplissement progressif de la politique monétaire, créent un contexte plutôt favorable au redressement budgétaire structurel", juge le banquier central, qui s’attend à une première baisse des taux d’intérêt directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) en juin. François Villeroy de Galhau reconnaît que l’ajustement budgétaire (le déficit public structurel devrait diminuer de 2,2 points d’ici 2027) aura "un effet modérément restrictif sur la croissance à court terme, dépendant de la composition qualitative des économies réalisées", toutefois, il estime que "cette crainte ne doit pas être invoquée à l’excès pour différer ce redressement encore une fois".

Le patron de la Banque de France est d’abord partisan de réaliser des efforts en dépenses (il plaide pour qu’elles soient quasiment stabilisées en volume) compte tenu du poids qu’elles représentent en proportion du PIB comparativement aux autres pays de la zone euro (10,2 points de plus en France). "Cela suppose un effort de priorisation et d’efficacité, juste et partagé par tous : État, mais aussi collectivités locales et prestations sociales. C’est en particulier sur les dépenses sociales – retraites en premier lieu, mais aussi santé et assurance chômage – et locales – avec une croissance de près de 50 % des effectifs – que l’écart avec nos voisins s’est creusé depuis deux décennies", prévient-il.

En outre, le gouverneur avance que la réduction du déficit public structurel pourrait, "en complément", être nourrie par de nouvelles mesures en recettes. "Ceci pourrait être justifié au regard de la baisse du taux de prélèvements obligatoires : celui-ci resterait selon le programme de stabilité, sur la période 2024-2027, à 43,9 % en moyenne, sensiblement inférieur à sa moyenne pré-Covid (44,6 % sur la période 2015-2019)", fait-il valoir.

Dans le détail, "plutôt que sur un relèvement des taux, et en complément de la "taxation des rentes" évoquée, ces mesures fiscales ciblées pourraient porter – sans tabou – sur des élargissements d’assiette, qui iraient par ailleurs dans le sens de la justice : certaines "niches" profitent majoritairement parmi les entreprises aux plus grands groupes, et pour les ménages avant tout aux plus favorisés", explique-t-il. "Nombre de déductions ou exonérations participent par ailleurs encore d’une "fiscalité brune", anti‑écologique ; certains allègements de cotisations sociales pourraient être mieux ciblés", ajoute François Villeroy de Galhau.

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