WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
Chimie; Compétitivité; énergie

Macro-économie / Taux / France / attractivité / europe

Macro-économie / Taux
France / attractivité / europe

La France reste pour le moment le pays le plus attractif d’Europe / Les atouts de l’Hexagone vacillent par endroit

Encore une fois la France demeure le pays le plus attractif d’Europe et ce pour la cinquième année de suite. Cependant le baromètre EY de l’Attractivité de la France annonce une baisse de 5 % des projets d’IDE annoncés entre 2022 et 2023. L’Hexagone n’est plus aussi attractif sur le plan énergétique et le climat social s’y est dégradé considérablement.
La France reste en tête. Anna Margueritat / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
La France reste en tête. Anna Margueritat / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

"Grâce aux réformes et à notre stratégie d’attractivité, la France attire toujours plus d’investissements internationaux." La satisfaction affichée par Emmanuel Macron, président de la République, à la fin du mois de février est quelque peu tempérée par le baromètre 2024 EY de l’Attractivité de la France. Ce dernier exhorte l’Hexagone à ne pas se reposer sur ses lauriers.

Parmi les critiques formulées par les répondants, on retrouve le financement des entreprises, la compétitivité-coût et la fiscalité. La publication rapporte que "ces éléments fondamentaux de la compétitivité figurent aux 14e, 12e et 11e rangs des critères d’influence positive, en dépit des réformes et des mesures prises par le gouvernement ces dernières années."

 

Décrochage

 

Un autre constat nous a également été confié par Marc Lhermitte, Senior Partner chez EY, celui d’un "environnement difficile pour l’investissement en Europe. Il n’y a pas de différence majeure entre le contexte européen et français." Il note d’ailleurs que " la réindustrialisation est en marche en France et représente près de 44 % du total des projets sur le territoire". Le fruit notamment d’une vraie prime à la stabilité française depuis six ou sept ans, qu’il juge " particulièrement intéressante pour les investisseurs internationaux, un des résultats frappants du baromètre est que les entreprises qui ne sont pas encore implantées en France sont bien plus enclines à y investir que celles qui y sont déjà."

Tout n’est pas rose pour autant dans l’Hexagone et du côté de chez EY on confie à WanSquare "avoir noté qu’il y a trois secteurs qui ne nous semblent pas tout à fait dans un mouvement positif". Le premier d’entre eux est la chimie, où les projets d’Investissement directs étrangers (IDE) ont baissé de 23 % de 2023, Marc Lhermitte nous confie qu’il "s’y produit une profonde transformation, c‘est un phénomène structurel à l’échelle européenne". À l’inverse de l’agroalimentaire, où la diminution des IDE de 24 % est davantage à imputer à "des relations difficiles avec la grande distribution, dans lesquelles s’est inséré le gouvernement et qui font qu’aujourd’hui que quand les boards mondiaux doivent allouer des investissements cela pèse négativement dans la balance".

Autre inquiétude pour l’avenir, elle concerne cette fois le secteur de la logistique. Ce dernier pourrait se voir " considérablement pénalisé par la problématique du foncier et la difficulté à se voir délivrer des permis de construire".



Tenir le cap

 

Autant d’écueils pour l’attractivité française. Pour autant, ils ne semblent pas insurmontables et Marc Lhermitte nous indique "qu’il faut aussi avoir en tête qu’il y a eu un véritable retournement sur certaines faiblesses hexagonales. La réactivité de l’appui de l’État et son pragmatisme sont désormais reconnus alors que c’était loin d’être le cas auparavant ". Conserver une place de choix dans le cœur des investisseurs passera également par une attention particulière dans le maintien d’atouts tels que l’innovation française. Le baromètre rapporte qu’il y a eu une baisse marquée, de l’ordre de 15 %, des projets de R&D en France entre 2022 et 2023. Les intentions d’investissements ne sont plus qu’uniquement de 46 %, là où elles sont de 54 % au Royaume-Uni.

Les efforts entrepris depuis des années sur les traditionnelles faiblesses hexagonales doivent absolument être maintenus selon les équipes d’EY, on nous a confié "que si l’arsenal fiscal à disposition des entreprises est plus intéressant qu’il y a 10 ans, nous restons un pays cher dans lequel la pression fiscale et l’usage de la dépense publique ne sont pas encore optimisés". Point plus surprenant du baromètre, uniquement 7 % des dirigeants considèrent le coût de l’énergie comme un facteur susceptible d’influencer positivement leurs allocations d’investissements. Un constat jugé "ennuyeux étant donné que la France fait un atout de son mix énergétique. Mais les entreprises ont toujours en tête et dans leurs comptes la flambée des prix de 2022 et 2023".

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article