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Saint-Gobain / construction / chiffre d'affaires / Benoit Bazin
Saint-Gobain rassure pour 2024 / De quoi l’installer à la tête du CAC 40
Saint-Gobain avait prévenu. Le premier semestre de 2024 resterait marqué par un repli de certains de ses marchés, en raison d’une base de comparaison défavorable et d’une situation contrastée entre l’Europe et le reste du monde. Hypothèse vérifiée à l’occasion de la publication du chiffre d’affaires du premier trimestre du géant des matériaux de construction : les revenus ont reculé de 5,8 % à données comparables, à 11,4 milliards d’euros.
Les volumes s’inscrivent quant à eux toujours en baisse, de 4,7 % plus exactement au titre de premier trimestre de 2024. Mais un effet calendaire est venu les perturber à hauteur d’1,5 %. Retraité de ce dernier, le recul s’afficherait donc à 3,2 %, ce qui marque une amélioration par rapport aux trimestres précédents. Les volumes avaient accusé au troisième et quatrième trimestres de 2023 des baisses respectives de 5 % et 4,8 %.
Bon point pour l’Amérique du Nord
Le ralentissement de l’activité relève essentiellement de celle de la construction neuve et plus particulièrement en Europe, a souligné le groupe dirigé par Benoit Bazin à l’occasion de la publication. Il est vrai que l’activité est restée ralentie sur le Vieux continent, en recul de 10,3 % sur le trimestre. La faute, donc, à un contexte de construction neuve à la peine, tandis que la rénovation – environ 60 % des ventes – a mieux résisté. C’est d’ailleurs ce même marché de la rénovation qui a notamment porté la dynamique en Amérique du Nord, où l’activité a grimpé de 12,2 %. Celui de la construction neuve s’y est stabilisé à un bon niveau. Si l’activité en Amérique latine est encore en recul, au total, les Amérique affichent une croissance interne de 5,9 %, en raison d’une progression des volumes et des prix. En Asie-Pacifique, également, la croissance reste de mise, avec une hausse de 4,5 % des ventes grâce à une dynamique soutenue en Inde (la progression des volumes s’affiche à deux chiffres).
Lors d’un appel avec les analystes, le directeur général de Saint-Gobain, Benoit Bazin, a d’ailleurs estimé que "le pire était probablement derrière". "Plusieurs pays montrent 'des signaux d’amélioration', notamment 'les pays de l’Est et la Grande Bretagne' alors que le point bas semble proche 'en Allemagne, [dans] les pays Nordiques et au Brésil'. En France, le point bas pourrait être atteint dans quelques trimestres", relate Oddo BHF, soulignant aussi que le groupe lui semblait bien placé pour faire mieux que son objectif de volumes sur l’année.
Le raisonnement est juste
"Historiquement, le cours de l’action a tendance à évoluer lorsque les volumes commencent à être moins mauvais, ce qui semble clairement être le cas aujourd’hui", relèvent de leur côté les analystes de chez Stifel. Force est de constater que le raisonnement s’applique bien, puisque Saint-Gobain a signé la meilleure performance du CAC 40 sur la dernière séance de la semaine. Installé à la tête de l’indice phare de la Bourse de Paris, son titre s’est apprécié de 6,88 % vendredi, à 75,24 euros.
Oddo BHF anticipait d’ailleurs ce matin que les investisseurs accueilleraient bien la publication. Grâce, notamment, à des tendances qui s’améliorent et à une plus ample confiance affichée par le management par rapport à février dernier, probablement en raison du reflux des coûts de l’énergie et de l’amélioration graduelle dans plusieurs pays dans lesquels le point bas serait proche (ou déjà atteint). Effectivement, Saint-Gobain l’assure : malgré un contexte macroéconomique et géopolitique qui reste difficile, le groupe saura démontrer en 2024 sa résilience et ses bonnes performances opérationnelles en restant aligné sur sa stratégie. Ce faisant, Saint-Gobain vise toujours, pour l’année à venir, une marge d’exploitation à deux chiffres. Et cela pour le quatrième exercice consécutif.
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