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Macro-économie / Taux / Covid / Inflation / USA

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Covid / Inflation / USA

coronavirus La courbe de Phillips laisse planer le doute sur son retour aux États-Unis / Le lien entre inflation et activité économique s’étiole

CORONAVIRUS. Cette période après la pandémie durant laquelle inflation et croissance semblaient avancer de concert n’était peut-être qu’un épiphénomène. Une étude de la Banque de France évoque « une légère hausse de la sensibilité de l’inflation au cycle, même en incluant des contraintes d’offre ». Le retour de l’inflation dans son lit d’ici à fin 2025 est indiqué comme dépendant en grande partie des évolutions du marché du travail à venir.
L'emploi américain est au coeur de l'attention ces derniers mois.
Jason Whitman / NurPhoto / NurPhoto via AFP
L'emploi américain est au coeur de l'attention ces derniers mois. Jason Whitman / NurPhoto / NurPhoto via AFP

L’aplatissement de la courbe de Phillips, durant les années précédant la pandémie, semblait sonner le glas de ce paradigme. Cette relation qualifiée par une étude de la Banque de France comme "la relation positive entre l’inflation réalisée et l’activité économique passée" a semblé repointer le bout de son nez à la suite de l’arrivée d’un phénomène inflationniste persistant.

Pourtant, les deux auteurs (Annabelle de Gaye et Nicolas Châtelais tous les deux économistes à la Banque de France) s’appuyant sur la littérature récente pour expliquer " que le regain d’inflation post-Covid (entre le troisième trimestre 2020 et le deuxième trimestre 2022) s’explique essentiellement par des chocs sur le marché des biens". Ce ne seraient donc pas les tensions sur le marché du travail qui seraient le facteur prépondérant de cette dynamique. Les travaux de Ben Bernanke, ancien patron de la Fed et Olivier Blanchard, ex-chef économiste du Fonds monétaire international, produits en 2023 sont au cœur de cette théorie. L’explication d’entreprises profitant d’une asymétrie d’information pour augmenter leurs marges plus que nécessaires n’est pas réfutée, elle reste cependant jugée comme difficile à exploiter en raison de la difficulté à quantifier cette pratique.


Divergence

 

D’autres publications de l’an passé évoquent davantage des " mouvements récents de l’inflation comme le résultat des seules tensions du marché du travail", ce que les deux économistes de la Banque de France expliquent par la vision d’une relation entre inflation et cycle économique pensée comme "structurellement plus forte lorsque le chômage est faible, comme ce fut le cas en 2022-2023 aux États-Unis".

Les déterminants du cycle d’inflation sont aujourd’hui durs à déterminer avec précision et le poids exact de leur influence avec. Notamment le degré de surchauffe sur le marché du travail. La publication argue qu’outre-Atlantique " le taux de chômage est passé en dessous du taux structurel dès le quatrième trimestre 2021, indiquant un marché du travail en surchauffe". Pourtant, ces estimations du Congressional Budget Office sont loin de faire l’unanimité et l’écart négatif entre la production effective et le niveau de la production potentiel qui va avec également. Les auteurs questionnant l’amplitude de la surchauffe du cycle économique, et actent de la difficulté à l’estimer.

 

Choc d'offre

 

Malheureusement ce n’est pas mieux concernant "la sensibilité de l’inflation au cycle [qui] peut paraître encore plus difficile à quantifier". Le calcul mené par les économistes table sur une relation bel et bien existante en hausse de l’écart de production et de l’inflation. En moyenne pour un point de pourcentage du premier, on obtient "une augmentation moyenne de l’inflation annuelle de 0,13 pp avant la période Covid, mais de 0,18 pp en incluant la période 2020-2023 ".

En s’appuyant sur cet ensemble de données et cette relation, il est estimé que le choc d’offre a une part prépondérante dans l’explication du phénomène inflationniste en cours. La désinflation se jouerait selon les auteurs sur le retour du nombre de postes vacants à sa moyenne de long terme, lequel permettrait d’arriver à ce que l’inflation sous-jacente diminue " jusqu’à 2,5 % (soit proche de la cible de la Fed si on considère un écart historique de 0,3 pp avec l’indice PCE ciblé par la Fed)". Le taux de chômage aurait uniquement besoin d’être de 5 %, alors que si ce n’est pas le cas il faudrait qu’il soit proche de 7 %.

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