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Zone euro : après la restriction monétaire, vient le serrage de vis budgétaire / L’impact économique s’annonce loin d’être négligeable d’ici à 2026
Après la pandémie, l’envolée de l’inflation et le resserrement massif des conditions de financement, l’économie européenne va devoir affronter les retombées d’un nouveau choc. Alors qu’elles avaient été suspendues durant la crise du coronavirus puis à cause des conséquences économiques de la guerre en Ukraine, les règles budgétaires européennes ont fait leur retour cette année, et leur version amendée sera en vigueur à compter de 2025. Révisé entre autres car il impliquait des ajustements budgétaires irréalistes pour les États, le Pacte de stabilité et de croissance (PSC) devrait tout de même faire sentir son empreinte sur l’activité économique de la zone euro au cours des prochaines années.
Pour mémoire, la règle du déficit public nominal maximum de 3 % du Produit intérieur brut (PIB) est toujours présente. Les États la dépassant (bras correctif du PSC) doivent parvenir à réduire leur déficit public structurel (solde public ajusté des effets de la conjoncture) d’au moins 0,5 point de PIB chaque année, ce jusqu’à ce que leur déficit nominal s’établisse en dessous de 3 %.
Compte tenu de l’envolée des charges d’intérêts, il a été convenu que la Commission européenne pouvait ne pas les prendre en compte dans son évaluation de l’ajustement structurel entre 2025 et 2027. Cette flexibilité temporaire n’était pas présente dans l’ancienne version du PSC. L’effort à réaliser entre 2025 et 2027 sera ainsi moindre qu’il n’aurait pu l’être.
Pour ce qui concerne les pays dont le déficit public est inférieur à 3 % (bras préventif du PSC), ils se devront d’ajuster à la baisse leur déficit structurel primaire (déficit structurel hors charges d’intérêts) de 0,25 point ou de 0,4 point par an (selon que l’ajustement se fasse sur quatre ans ou sept ans), ce jusqu’à ce que leur déficit structurel s’affiche à 1,5 % du PIB (ce qui correspond à un déficit public nominal supérieur à 1,5 % du PIB lorsque ce dernier évolue en-dessous de son niveau potentiel et inférieur à 1,5 % lorsqu’il se situe au-dessus). Le point d’arrivée est plus facile à atteindre que précédemment (objectif de déficit structurel proche de 0 % dans l’ex-PSC) et la manière d’y parvenir est moins exigeante (ajustement structurel de plus de 0,5 point par an auparavant).
Reste que, d’après une étude de la Banque centrale européenne (BCE), cette consolidation budgétaire pourrait grever la croissance de la zone euro de 0,4 point à 0,6 point de PIB par an en moyenne en 2025 et 2026 (cela dépend de la durée d’ajustement choisie par les États). "Ce scénario suppose que 70 % de l’assainissement sera mis en œuvre du côté des dépenses et 30 % du côté des recettes (moins de la moitié de ces dernières, soit 13 % du total, étant mises en œuvre par le biais d’impôts indirects nets)", expliquent Othman Bouabdallah, Cristina Checherita-Westphal, Sebastian Hauptmeier et Philip Muggenthaler, économistes à la BCE.
Les chercheurs estiment que l’impact pourrait être plus faible si d’éventuels effets de confiance, découlant par exemple de la réduction des écarts de rendement des obligations souveraines ou de perspectives de croissance potentielle plus élevées, se faisaient jour en particulier pour les pays très endettés.
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