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Monde; Europe; transition; stock

Macro-économie / Taux / OPEP / AIE / pétrole

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OPEP / AIE / pétrole

L’AIE laisse l’OPEP faire cavalier seul / Le cartel pétrolier persiste dans sa vision d’une hausse de la demande d’or noir

Le fossé se creuse inéluctablement entre les deux institutions de référence sur la question du pétrole. Là où l’Agence internationale de l’énergie a diminué de nouveau son estimation de croissance pour 2024, la faisant passer à 1,1 million de barils par jour (bpj), l’Organisation des pays producteurs de pétrole table toujours sur un chiffre de 2,25 millions de bpj. Un des points majeurs de divergence est la demande provenant des pays développés, cette dernière dépendant fortement des estimations du rythme de la transition énergétique.
Pétroliers dans le golfe persique. Morteza Nikoubazl / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Pétroliers dans le golfe persique. Morteza Nikoubazl / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Un désaccord fait pour durer. C’est le constat qui s’impose à la lecture des deux rapports mensuels publiés par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et l’Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep), qui témoignent d’une appréhension fort différente de la réalité économique.

L’institution basée à Paris ne cache pas les raisons de cette divergence, elle a constaté d’une part une "faible activité industrielle et un autre hiver doux [qui] ont réduit la consommation de gazole cette année, en particulier en Europe", combinés à une baisse de la flotte de voitures diesel. Autant d’indices qui semblent indiquer que le Vieux continent prend le virage de la transition énergétique rapidement. La demande européenne de diesel a ainsi diminué de 140 000 barils par jour (bpj) sur les trois premiers mois de 2024.

 

Fait pour durer

 

Ce désaccord des prévisions entre l’Opep et l’AIE ne semble pas près de s’arrêter dans les prochains mois ; l’institution dirigée par Fatih Birol évoque des "perspectives mondiales pour 2025 [qui] sont en grande partie inchangées, le rythme de croissance se dirigeant maintenant à 1,2 millions bpj" contre une estimation du cartel à près de 1,85 million de bpj de hausse sur la même période.

L’Agence reste néanmoins attentive aux évolutions possibles provenant du cartel et juge que "la santé de la demande mondiale de pétrole sera probablement un sujet de discussion clé lorsque les ministres de l’OPEP + se réuniront à Vienne le 1er juin pour définir la politique de production pour le reste de l’année ".

 

Plus loin

 

Les fondamentaux du marché seront amenés à évoluer quelque peu l’année prochaine, à en croire l’AIE, cette dernière voit un marché "globalement plus équilibré", avec une " production non-OPEP + [qui] devrait augmenter de 1,4 million de barils par jour au cours des deux années, tandis que la production de l’OPEP + passe d’une baisse de 840 000 bpj cette année à une croissance de 330 000 bpj en 2025 ".

Les équipes de Fatih Birol s’attendent notamment à ce que la réunion de Vienne s’attache à la question des stocks mondiaux. Un point sur lequel il existe actuellement " un équilibre délicat entre l’offre et la demande mondiale de pétrole". Sans un retour à la moyenne de long terme des stocks, rien ne semble pouvoir s’opposer à une nouvelle volatilité du marché, les dernières données en date faisant état d’une hausse des niveaux de ceux-ci lors du mois d’avril.

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