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Macro-économie / Taux / Banque centrale européenne / stabilité financière / risque géopolitique

Macro-économie / Taux
Banque centrale européenne / stabilité financière / risque géopolitique

Le risque géopolitique préoccupe la Banque centrale européenne / Elle redoute les retombées sur la stabilité financière

Si l’institution de Francfort juge que la stabilité financière dans la zone euro a bénéficié de l'amélioration des perspectives économiques notamment permise par une diminution régulière de l'inflation, elle s’inquiète des conséquences que pourrait avoir une concrétisation du risque géopolitique.
Luis de Guindos, vice-président de la Banque centrale européenne - Valeria Mongelli / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Luis de Guindos, vice-président de la Banque centrale européenne - Valeria Mongelli / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

La situation s’embellit sur le plan de la stabilité financière en zone euro mais la Banque centrale européenne (BCE) reste vigilante. "La stabilité financière dans la zone euro a bénéficié de l'amélioration des perspectives économiques, avec une baisse constante de l'inflation et un rétablissement de la confiance des investisseurs", écrit l’institution de Francfort dans son rapport semestriel sur la stabilité financière. Reste que, "les risques géopolitiques continuent d'assombrir les perspectives", a déclaré Luis de Guindos, vice-président de la BCE.

Ce risque que l’institut d’émission définit comme "la menace, la réalisation et l'escalade d'événements défavorables associés aux guerres, au terrorisme et aux tensions entre les États et les acteurs politiques qui affectent le cours pacifique des relations internationales", peut nuire à la confiance et donc à la consommation et à l'investissement et générer "des boucles de rétroaction négatives entre l'économie réelle et le monde financier ".

Un indicateur (Geopolitical Risk Index - GPR) a été construit par des chercheurs pour mesurer l’ampleur du risque géopolitique en comptant le nombre d'articles de journaux liés à des événements géopolitiques négatifs par rapport au nombre total publié. Des travaux montrent que lorsque cet indicateur connaît une variation non-anticipée d’un écart-type par rapport à sa moyenne, l'inflation augmente de près de 0,1 point de pourcentage et la production industrielle diminue d'environ 0,15 % six mois après. A titre d’illustration, l’invasion russe de l’Ukraine équivaut à un choc de 5 écart-type. Du côté des marchés financiers, l’Eurostoxx 50 baisserait de 1% à la suite d’un choc d’un écart-type tandis que le Vstoxx (un indice de volatilité du marché des actions tiré du prix des options) augmenterait d'environ 1,5 point.

"Les effets des risques géopolitiques sur les marchés financiers sont les plus forts au moment de l'impact, après quoi ils tendent à s'estomper quelque peu. Toutefois, la persistance des effets sur les marchés est susceptible de varier en fonction du risque géopolitique sous-jacent, les tensions plus importantes et plus durables entraînant des effets plus graves et plus persistants", soutiennent les économistes de la BCE.

D’après la Banque centrale, le risque géopolitique peut également avoir des conséquences profondes pour les banques et les institutions non bancaires. Pour ces dernières, "l'exposition des fonds d'investissement aux pertes de valorisation et au risque de crédit pourrait exacerber les tensions financières résultant des tensions géopolitiques", juge la BCE, expliquant que "les rendements des fonds d'investissement ont tendance à chuter après des chocs géopolitiques et peuvent faire l'objet de rachats importants de la part des investisseurs. Ces derniers peuvent inciter les fonds d'investissement, en particulier ceux qui disposent de faibles liquidités, à vendre des actifs, exacerbant ainsi toute pression initiale sur les prix des actifs et, par conséquent, sur les conditions de financement des entreprises".

Pour ce qui concerne les retombées sur les banques, les événements liés au risque géopolitique peuvent avoir un impact négatif sur leur cours (de l'ordre de 6% pour un choc d'un écart-type sur un indicateur GPR modifié qui prend en compte l'exposition des banques aux actifs de plusieurs pays). Et leurs CDS (credit default swap), produits permettant de s’assurer contre le défaut d’un émetteur, verraient leurs primes (spread) progresser de 37 points de base (une prime plus élevée signifie que les investisseurs estiment qu'il y a une plus forte probabilité que l'émetteur fasse défaut). "Ces résultats sont principalement dus aux banques faiblement capitalisées et moins rentables. Ils sont cohérents avec la théorie selon laquelle le risque géopolitique accroît l'aversion au risque, amenant les investisseurs à vendre des actifs et à exiger un rendement plus élevé pour supporter le risque associé à certaines banques, en particulier celles qui sont perçues comme moins résistantes aux chocs défavorables en raison de leur solvabilité et de leur rentabilité moindres", commente la BCE. 

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