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Pasqal / Quantique / Arabie saoudite / Thales
Le premier ordinateur quantique en Arabie saoudite sera signé Pasqal / Un accord avec Aramco après une avancée majeure au travers de son partenariat avec Thales
D’étape en étape, la montée en puissance de Pasqal ne se dément pas. Le spécialiste de l’informatique quantique à atomes neutres a annoncé avoir signé un accord avec le géant pétrolier saoudien Aramco, afin d’installer le premier ordinateur quantique en Arabie saoudite. Dans le détail, au-delà de l’installation, Pasqal entretiendra et exploitera également cet ordinateur quantique de 200 qbits, dont le déploiement est prévu au second semestre de 2025.
Si le montant du contrat n’a pas été dévoilé, les deux acteurs n’en sont pas à leur première rencontre. Cette annonce fait suite à la signature d’un protocole d’accord signé entre les sociétés en 2022, dans le but de collaborer sur les capacités et applications de l’informatique quantique dans le secteur de l’énergie. Au fil de l’année passée, Pasqal a aussi établi un bureau dans le Royaume. Et la compagnie est présente au capital de la deeptech depuis le début de l’année 2023, au travers de Wa’ed Ventures, son fond de capital-risque. Il avait en effet participé au tour de table de série B de 100 millions d’euros de l’entreprise co-fondée, entre autres, par le Prix Nobel de physique de 2022, Alain Aspect et Georges-Olivier Reymond.
Un outil industriel
Pour ce dernier, également directeur général de l’entreprise, l’orientation de Pasqal depuis son lancement en 2019 vers des algorithmes concrets d’informatique quantique, d’emblée applicables aux cas d’usage des clients, lui a donné une longueur d’avance : "Grâce à cet accord, nous serons à l’avant-garde de l’accélération de l’adoption commerciale de cette technologie transformatrice en Arabie saoudite. Il ne s’agit pas de n’importe quel ordinateur quantique ; ce sera l’outil le plus puissant déployé pour les usages industriels, ouvrant une nouvelle ère d’innovation pour les entreprises et la société", a-t-il souligné à l’occasion de l’annonce.
Dans un premier temps, l’ordinateur utilisera une approche de "mode analogique" avant que le système ne soit mis à niveau vers un "mode hybride analogique-numérique", davantage avancé et puissant et capable de résoudre des problèmes plus complexes. De quoi exploiter l’ordinateur quantique afin d’identifier de nouveaux cas d’utilisation, dans le cadre d’une vision commune "ambitieuse [et] visant à établir une centrale de recherche quantique en Arabie saoudite", a relevé Pasqal.
Des problèmes qui deviennent solubles
Et Georges-Olivier Reymond d’avancer : "L’ère de l’informatique quantique est arrivée. Ne se limitant plus à la théorie, il évolue vers des applications du monde réel, permettant aux organisations de résoudre à grande échelle des problèmes auparavant insolubles". Effectivement, les résultats répondent à l’appel. Quelques jours avant l’annonce de la signature de cet accord, Pasqal annonçait par exemple une avancée majeure dans le cadre de son partenariat avec Thales et du projet AQUAPS, lancé en 2021.
Soutenues par la région Île-de-France et le Grand Équipement National de Calcul Intensif (GENCI), les équipes des deux entreprises explorent de nouvelles méthodes pour optimiser les processus de planification et d’ordonnancement des systèmes critiques, grâce au processeur quantique de Pasqal. Autrement dit, les deux termes renvoient au fait de sélectionner des politiques et des procédures adaptées à la réalisation d’une mission ou d’un projet pour le premier, et de convertir des plans d’action du projet en un calendrier opérationnel pour le second.
Perspectives spatiales
Des étapes charnières dans de nombreuses applications critiques chez Thales. La logistique, le contrôle aérien, l’automatisation industrielle, l’allocation des ressources ou encore l’aide à la reprise après un sinistre nécessitent en effet des calculs complexes, impliquant des temps de traitement particulièrement longs sur des ordinateurs classiques.
Pasqal et Thales sont parvenus à leurs fins en résolvant un problème de planification satellite. Une expérience qui aura permis d’indiquer que les ordinateurs quantiques à atomes neutres étaient particulièrement adaptés à cette tâche, du fait d’une correspondance naturelle entre le problème de planification satellite et la disposition des atomes dans l’unité de traitement quantique. Une manière de démontrer "la puissance de l’informatique quantique dans la résolution de problèmes d’optimisation réels, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour l’industrie spatiale et au-delà", a alors relevé Georges-Olivier Reymond.
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