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risques; bilan; assurés

Macro-économie / Taux / stress test / climat / Assurance / France

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Le secteur hexagonal de l’assurance toujours aux prises avec le défi climatique / Un stress test dédié fait état de progrès ces dernières années

Quatre ans après un premier exercice pilote, l’ACPR dévoile les résultats d’un nouvel exercice du genre, dédié cette fois spécifiquement au secteur français de l’assurance. Ce dernier y a participé à près de 90 %, aucune contrainte n’était mise en œuvre, et le constat posé par l’ACPR est celui d’un progrès d’ensemble qui n’empêche pas les acteurs d’être très largement exposés aux risques climatiques, que ce soit via leur bilan ou bien par les conséquences pour leurs assurés.
Inondations dans le Nord de la France. Yann Avril / Biosgarden / Biosphoto via AFP
Inondations dans le Nord de la France. Yann Avril / Biosgarden / Biosphoto via AFP

Trois scénarios pour un seul but, celui de tester la résistance des assureurs français. Les quinze organismes ayant accepté de se prêter au jeu ont été testés, tant sur les risques liés à la transition que sur ceux liés à des risques physiques (tels que des inondations ou des tempêtes par exemple). Nathalie Aufauvre, secrétaire générale de l’Autorité de contrôle prudentiel (ACPR), a commenté les résultats du stress test climatique, mené par son institution, en soulignant que ce travail de Place avait "permis d’améliorer la méthodologie des stress-tests en étudiant notamment l’impact des risques climatiques sur la solvabilité à court terme des organismes et d’entamer une analyse plus fine du risque d’inassurabilité à plus long terme".

 

À portée de main

 

Parmi le triptyque exploré par l’ACPR, il est fait état d’un scénario de court terme (avec un horizon à 5 ans) devant permettre "de répondre à la volonté des assureurs de tester des risques à un horizon proche de celui de leur planification stratégique". Les évènements de ce dernier, comprenant notamment la rupture d’un barrage hydraulique, auraient plusieurs conséquences coûteuses lesquelles sont détaillées par l’institution. On y retrouve pêle-mêle une "prise de conscience de l’augmentation de la fréquence et du coût des évènements climatiques extrêmes ", conduisant à "un ajustement spontané et brutal des marchés financiers". Cette dynamique résulte de l’anticipation de "réglementations en faveur d’une accélération de la transition ".

Un argumentaire étayé par Laurent Clerc, directeur d’étude et d’analyse des risques à l’ACPR. Ce dernier avance qu’effectivement dans ce cas de figure "les assureurs sont davantage mis en difficulté par le choc financier, qui touche l’ensemble de leurs actifs et conduit à une dépréciation de -13 % de la valeur de leur portefeuille, que par l’augmentation du coût des sinistres liés aux événements climatiques extrêmes ". Les effets de contagion participant à déprécier non pas uniquement la valeur des firmes en lien avec les énergies fossiles et se propageant à d’autres titres et obligations.


Le pire

 

Les deux autres scénarios explorés ne font pas moins froids dans le dos, l’un évoque une trajectoire de transition considérée comme ordonnée en raison de sa progressivité et l'autre est celui d’une transition désordonnée en raison d’un retard à la mise en œuvre des politiques nécessaires. Les différences sautent aux yeux et incitent à investir massivement puisqu’entre 2022 et 2050 " la sinistralité en matière de catastrophes naturelles augmenterait significativement".

Tout particulièrement dans le scénario adverse, qui verrait une hausse de 105 %, contre uniquement 42 % dans le scénario plus progressif. Différentiel également pour les primes qui progresseraient respectivement de 158 % et de 127 %.

D’autres constats sont tout aussi frappants tels que celui de placements "liés aux activités fossiles et à l’immobilier qui subiraient les plus fortes pertes de valeur à l’horizon 2050", et pourtant "les assureurs participants envisageraient peu de réallocations de leur portefeuille". L’ACPR souligne qu’il est déjà trop tard pour que les choix de portefeuille passés puissent avoir un impact sur la trajectoire climatique, cette dernière d’ici à la fin du siècle dépend en revanche de ceux sont posés actuellement.


Impossible

 

Autre sujet de réflexion, celui autour du risque d’inassurabilité notamment en raison de disparités géographiques face aux différents risques possibles. La secrétaire générale a évoqué le sujet dès les premières minutes de son point presse, assurant "qu’on voit des disparités régionales assez fortes sur ce point" et qu’il convient d’identifier les stratégies à mettre en place sur la question.

Ces échanges et travaux de place sont d’autant plus précieux aux yeux de l’ACPR, que Nathalie Aufauvre rappelle que " les superviseurs seront amenés à avoir un jugement sur les plans de transition et sur leur cohérence". Elle qualifie ainsi les échanges récents comme " un outil de dialogue, à partir duquel tirer des leçons ".

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