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Croissance; Biden; Mitterand; UE

Macro-économie / Taux / CEPII / régulariser / PIB par habitant / France

Macro-économie / Taux
CEPII / régulariser / PIB par habitant / France

Cette régularisation des sans-papiers qui aurait profité à l’économie française / Le PIB par habitant aurait bénéficié des mesures de François Mitterrand

Le Vieux continent compte près de 5 millions d’étrangers sans titre de séjour tandis que la France en abriterait près de 600 000 à 700 000. La question de l’impact de leur régularisation pour l’économie est difficile à évaluer. Une étude du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) estime que les 130 000 personnes concernées par l’épisode de 1981 à 1983 ont permis une hausse du Produit intérieur brut par habitant de l’ordre de 1 %.
Titre de séjour. Stephane FERRER / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Titre de séjour. Stephane FERRER / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

De chaque côté de l’Atlantique la question reste la même. Joe Biden doit composer avec près de 3 % de sa population qui se trouve être en situation irrégulière (10 millions d’étrangers) et a eu pour ambition de les régulariser massivement. Le chercheur Anthony Edo, travaillant au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) et spécialiste des questions relatives aux migrations internationales, vient de produire une étude s’intéressant aux débuts de François Mitterrand à l’Élysée.

L'économiste rappelle que la "première politique de régularisation à grande échelle a été décidée en France juste après l’élection de François Mitterrand en mai 1981. Au total, c’est le statut de 131 360 étrangers qui a été régularisé". À l’époque il était spécifié que pour prétendre à un titre de séjour, il fallait être présent sur le sol métropolitain avant le 1er janvier 1981 et occuper ‘un emploi stable’.

 

Tropisme

 

La publication s’intéresse tout particulièrement à la situation de l’Île-de-France, territoire où 63 % des régularisés séjournaient et qui peut donc être aisément comparé à une autre partie du sol métropolitain. Anthony Edo remarque qu'"avant la mise en place de la politique de régularisation de 1981, les taux d’emploi des hommes français faiblement diplômés sont similaires dans les deux régions, en 1982 le taux d’emploi augmente significativement dans la région parisienne, alors qu’il reste au même niveau qu’en 1981 dans la région contrôle". Une amélioration de court terme à ses yeux, étant donné que les différences de taux d’emploi s’estompent dans le temps.

Un phénomène plus probant est capté par l'étude. On y lit que l’effet sur la croissance économique de l’amélioration du taux d’emploi et des salaires induite par cet épisode de régularisation massive "est positif". Il est remarqué notamment qu'’"avant le choc de régularisation, les taux de croissance du PIB par habitant dans la région traitée et la région de contrôle étaient similaires, il est de plus de 2,5 points de pourcentage supérieur en Île-de-France après la politique de régularisation ".

Il semble que cette fois la dynamique ait été durable, et l’auteur en veut pour preuve que "les taux de croissance ne sont pas statistiquement différents les années suivantes ". On retrouve la hausse du PIB par habitant de 1 % évoqué précédemment.

 

Pouvoir

 

Le passage dans la légalité de nombre de travailleurs a également contribué à un changement du rapport de force avec les employeurs. Le chiffrage de la hausse du salaire moyen, pour l’ensemble des travailleurs masculins français faiblement diplômés d’Île-de- France, est ainsi estimé à près de 3 %.

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