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Google renforce les ponts entre l'IA et la santé / Trois start-ups françaises choisies pour être accompagnées par le géant de la Tech

Le géant américain peaufine son offre d'outils d'intelligence artificielle appliquée à la recherche scientifique en matière de santé. De quoi le pousser à faire émerger des start-ups dans ce domaine et notamment au travers de son programme "Growth Academy : IA pour la santé". Sur la dernière promotion de 24 jeunes entreprises qui seront soutenues par Google, dévoilée cette semaine, trois sont issues de l'écosystème français.
Antoine Tesnière et Karen DeSalvo (DR)
Antoine Tesnière et Karen DeSalvo (DR)

S’il y a bien une manière dont l’intelligence artificielle (IA) pourrait être vouée à profiter à des sujets d’intérêt général, c’est en étant appliquée au cas de la santé. Et ce, pour plusieurs raisons. Cette semaine, au PariSanté Campus, Karen DeSalvo, la Chief Health Officer de Google de passage à Paris, l’expliquait justement : "Les potentiels sont énormes. Cela va permettre de soutenir le personnel de santé et de fournir de meilleurs soins et accessibles à un plus grand nombre de patients". En effet, a souligné cette médecin et ancienne secrétaire adjointe au département américain de la santé sous Obama, puisque l’IA peut collecter des données et construire un raisonnement à partir de celles-ci, la technologie peut se placer comme un vrai facilitateur de leur travail. Ce faisant, les médecins et chercheurs voient leurs capacités augmenter. Et pourraient même avoir davantage de temps à consacrer à leurs patients.

Mais il faut souligner que la recherche en la matière nécessite d’aller vite. "De nombreuses recherches importantes sont en cours. Tout s'accélère : la façon de concevoir des médicaments, par exemple, mais aussi les diagnostics, entre autres", a quant à lui souligné le directeur général de PariSanté Campus, le professeur Antoine Tesnière.

En prenant l’exemple de la pandémie du Covid-19, lors de laquelle il a assuré la coordination de la lutte contre le virus au sein du cabinet du Ministre des Solidarités et de la Santé, mais aussi au sein du centre interministériel de crise placé auprès du Premier ministre afin de gérer l’ensemble des paramètres de l’épidémie en qualité de directeur adjoint, il a pointé : "Les solutions doivent être être pensées sur un temps toujours plus court. Mais nous sommes de mieux en mieux armés".

 

Callyope, Rofim et FiveLives à l'honneur

 

Alors autant encourager l’innovation, en soutenant les technologies qui pourront servir à l'écosystème thérapeutique. C’est pour cela que Google a créé sa "Growth Academy : IA pour la santé", un programme de trois mois offrant aux start-ups du secteur de la santé et du bien-être, et s’appuyant sur l’IA, des compétences de croissance, des stratégies d’internationalisation et des outils "maison" pour les faire grandir. Une nouvelle promotion de 24 d’entre elles a été dévoilée à cette occasion. Le programme recouvre l’ensemble du continent européen, africain et la région du Moyen-Orient. Et trois des lauréats sont français. Il s’agit de Callyope, Rofim et FiveLives.

La première œuvre dans le domaine de la santé mentale. Il se trouve qu’un Européen sur cinq souffre de maux en la matière, alors que le nombre de psychiatres reste insuffisant pour répondre à leurs besoins. Les thérapeutes ne peuvent recevoir leurs patients qu’une fois toutes les quatre à six semaines. Une fréquence insuffisante au regard de celle recommandée pour les pathologies chroniques, comme la schizophrénie ou les troubles bipolaires. Solution : Callyope propose aux soignants de quoi permettre une prise en charge à distance. En clair, les patients effectuent un test vocal d’une minute sur leur téléphone, et l’IA développée analyse leur voix pour établir une prédiction de score clinique, au regard de l’évaluation de marqueurs biologique comme la fatigue ou les déficits cognitifs. Les psychiatres pourront l’utiliser pour ajuster ou identifier de nouveaux traitements dans des délais raccourcis.

Du côté de Rofim, cette plateforme de télémédecine, à destination des médecins, soutenue par la Banque des Territoires et Orange Ventures, a pour objectif de connecter l’ensemble du système médical. Une manière de favoriser la collaboration entre les praticiens et de fluidifier les relations entre établissements. Sa plateforme permet de solliciter des avis de spécialistes aux alentours à propos d’un dossier, de proposer des téléconsultations à ses clients (de manière assistée, également, en impliquant un professionnel de santé tiers) ou encore de prodiguer une assistance chirurgicale en direct avec des lunettes connectées. Pour l’heure, la start-up compte déjà plus de 1 000 établissements utilisateurs, tels que Gustave Roussy ou encore l’hôpital Necker. Enfin, FiveLives propose une application pour évaluer les risques de démence. L’évaluation prend deux semaines et permet ensuite d’avoir un coach numérique, de surveiller les changements de l’état du cerveau au fil du temps, etc. Le tout reposant sur cinq piliers : l’alimentation, le sommeil, l’activité physique, le stress et la stimulation.

 

Les chercheurs s'emparent dans la technologie

 

Étant toutes actuellement entre le stade "seed" et de la série A, ces trois start-ups pourront donc profiter d’un programme de croissance signé Google pour un trimestre, alors même que le géant américain prend de plus en plus sa part dans le domaine de l’IA appliquée à la santé, afin de proposer de nouveaux outils technologiques aux chercheurs. En témoigne AlphaFold, développé par sa branche dédiée à l'IA DeepMind. Dans le détail, cet outil permet de modéliser la structure exacte d'une protéine à partir de sa séquence d'acides aminés, une recherche aussi connue sous le terme de repliement des protéines.

Un processus qui peut parfois prendre des années de recherche et plusieurs centaines de milliers de dollars, signifiant que les scientifiques ne pouvait jusqu'alors n'en étudier qu'une petite fraction, a pointé Joëlle Barral, directrice de recherche chez DeepMind. Grâce à un modèle d'apprentissage profond sur les protéines dont la structure était connue, AlphaFold permet de prédire le repliement d'autres protéines. "L'IA est la science qui permet aux machines d'apprendre", a rappelé Joëlle Barral.

La première publication relative à AlphaFold, en 2021, couvrait déjà plus de 350 000 structures, ce qui représente la totalité de 20 000 protéines connues exprimée dans le corps humain, ainsi que l'ensemble des protéines exprimées dans une cellule de 20 organismes supplémentaires (comme la levure ou la souris). Une avancée considérable pour la recherche scientifique, a appuyé cette ingénieure française, puisque ces connaissances permettent de développer des médicaments vitaux, comme l'insuline. Le tout en gardant un esprit de recherche partagée, a souligné Joëlle Barral. Sa deuxième version, AlphaFold 2, a d'ailleurs bien pris ses quartiers dans les laboratoires : l'article sur ses méthodes a reçu près de 20 000 citations dans la littérature scientifique, le plaçant parmi les 500 articles les plus cités dans tous les domaines. Sa dernière version, AlphaFold 3, a été lancée en 2024 et s'étend à d'autres biomolécules.

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