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Macro-économie / Taux / S&P Global Ratings / France / Notation

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S&P Global Ratings / France / Notation

Pourquoi S&P Global Ratings a dégradé la France / L’aggravation attendue du ratio d’endettement d’ici à 2027 s’avère décisive

Alors qu’elle a ajusté à la baisse d’un cran la notation de l’Hexagone à AA-, l’agence américaine le justifie par des déficits publics plus importants que préalablement anticipé au cours des prochaines années. De sorte qu’au lieu de décroître, le ratio d’endettement de la France devrait augmenter.
Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique - Bertrand GUAY / AFP
Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique - Bertrand GUAY / AFP

La sanction est tombée. Malheureusement pour la France, c’est l’agence de notation la plus influente parmi les cinq qui se sont prononcées depuis plusieurs semaines qui a fait le choix de dégrader sa note. S&P Global Ratings a ajusté à la baisse d’un cran à AA- la note de l’Hexagone. “Cette dégradation reflète notre prévision selon laquelle, contrairement à nos attentes précédentes, la dette publique française en pourcentage du PIB augmentera en raison de déficits budgétaires plus importants que prévu sur la période 2023-2027", justifie l’agence de notation américaine chargée d’apprécier la solvabilité des émetteurs de dette.

Dans le détail, elle anticipe désormais que la dette publique (hors garanties liées au Fonds européen de stabilité financière) atteindra 112,1 % du Produit intérieur brut (PIB) en 2027, contre 109 % en 2023. Il faut dire que l’agence juge que les déficits publics en proportion du PIB s’établiront en moyenne à 4,6 % du PIB sur la période 2024-2026, contre 3,9 % dans sa précédente évaluation de décembre dernier.

Cela fait suite au résultat budgétaire de l’année dernière supérieur aux prévisions, avec un déficit à 5,5 % du PIB, contre 4,9 % estimé dans le projet de loi de programmation des finances publiques adopté en décembre 2023. Le dérapage budgétaire susmentionné était principalement dû à des recettes fiscales inférieures à celles budgétisées tandis que les dépenses en pourcentage du PIB sont restées élevées (les plus élevées de l’UE et parmi les plus élevées de tous les États souverains que nous évaluons)”, rappelle l’agence, dans un contexte où cette erreur de prévision sur 2023 fait actuellement l’objet d’une mission d’information au Sénat.

Selon nous, le bilan de la France en matière de consolidation budgétaire au cours des dernières décennies a été médiocre. Elle n’a pas enregistré d’excédent budgétaire primaire [solde public hors charges d’intérêts, ndlr] depuis 2001”, ajoute S&P Global Ratings.

Alors que l’exécutif escompte faire refluer le déficit public en dessous de 3 % du PIB en 2027 (2,9 %) dans le cadre du respect des règles budgétaires européennes, S&P Global Ratings estime qu’il n’y parviendra pas "sans effort budgétaire supplémentaire". Elle prévoit qu’il s’affichera à 3,5 % du PIB. "Notre prévision d’une croissance économique plus faible en 2026 et 2027, contrairement aux projections économiques à moyen terme du gouvernement, explique également l’écart entre notre prévision de déficit budgétaire et les objectifs du gouvernement", précise l’agence de notation. Un point de détail que la note publiée par le FMI il y a quelques jours soulevait déjà lorsqu’on lisait entre les lignes.

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