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Proxima / SNCF / Antin Infrastructure Partners
Proxima, le premier concurrent français de la SNCF, se lance / Antin Infrastructures Partners lui apporte un milliard d’euros
L’ouverture à la concurrence du rail français s’apprête à prendre une nouvelle dimension. Un peu plus de deux ans après le lancement de la ligne entre Lyon et Paris de l'italien Trenitalia, suivi à l’été 2023 des premières liaisons de la compagnie nationale espagnole Renfe sur les lignes Lyon-Barcelone et Marseille-Barcelone-Madrid, la SNCF va désormais connaître son premier concurrent français.
Il a pour nom (encore provisoire) Proxima, la première compagnie française indépendante de train à grande vitesse. Celle-ci a été officiellement lancée jeudi par ses fondateurs, Rachel Picard et Tim Jackson, deux références du monde ferroviaire, avec le soutien financier d'Antin Infrastructure Partners.
Ce nouvel acteur compte dans un premier temps relier la façade Atlantique (Bordeaux, Nantes, Rennes, et Angers) à Paris, avec l'objectif, plus large, de renforcer l’offre française de trains à grande vitesse en mettant à disposition plus de 10 millions de nouvelles places par an. Une ambition et une nouvelle offre qui s’appuient sur une conviction. "Le ferroviaire connaît des tendances qui s’accélèrent, assez nouvelles, et des mutations profondes", explique Rachel Picard, qui connaît bien le sujet pour avoir dirigé la plateforme digitale voyages-sncf.com, puis Gares & Connexions, ainsi que Voyages SNCF, où elle a supervisé le développement de OUIGO et l'amélioration de TGV INOUI.
Conscience écologique
" Il y a une prise de conscience écologique qui constitue depuis quelques années un critère de choix de plus en plus important dans la décision de privilégier le train plutôt qu’un autre mode de transport, exacerbé chez les jeunes populations, et observé aussi chez les entreprises", souligne-t-elle. En parallèle, "le choix de nouveaux cadres de vie liés au télétravail, en particulier depuis le covid, a entraîné une délocalisation des actifs. Et le seul moyen pour eux d’y parvenir est qu’il y ait des trains permettant de faire des trajets en moins de deux heures ", a-t-elle ajouté.
Les deux associés se répartissent les rôles assez naturellement. Tandis que Rachel Picard dispose d’une grande expertise et expérience des opérations ferroviaires et de la gestion des voyageurs, son associé, Tim Jackson, passé par Airbus, avant de fonder Alpha Trains, leader européen du leasing de matériel ferroviaire, gère les grands contrats liés au matériel ferroviaire.
Pour la flotte et sa maintenance, Proxima a choisi Alstom avec qui la compagnie est entrée en négociation exclusive pour la commande de 12 rames Avelia Horizon, avec option d’extension pour de futurs développements. Le premier tour de roue pour les essais avec cette toute nouvelle génération de train est prévu début 2027, le lancement de l’exploitation devant intervenir quelques mois plus tard. Un accord a également été trouvé avec la société Lisea, concessionnaire de la Ligne Grande Vitesse Sud Europe Atlantique, pour l’utilisation par Proxima et Alstom de son nouvel atelier de maintenance et de remisage situé à Marcheprime, à 20 kilomètres au sud de Bordeaux.
Antin prend le contrôle
Tandis que d’autres concurrents potentiels (les start-ups Le Train et Kevin Speed) cherchent encore des fonds, Proxima a sécurisé un financement d’un milliard d’euros auprès d'Antin Infrastructure Partners pour la soutenir dans son projet. Un allié de poids disposant déjà d’une bonne expertise du secteur. Proxima est en effet le cinquième investissement d’Antin Infrastructure Partners dans le ferroviaire, après la société britannique Porterbrook, spécialisée dans le leasing de matériel roulant (revendue à Allianz en 2014), le loueur allemand de matériel roulant ERR, le groupe italien Grandi Stazioni Retail exploitant les zones commerciales et media des plus grandes gares italiennes, ainsi que le réseau américain de fret ferroviaire Lake State Railway Company (LSRC).
"Nous serons les actionnaires majoritaires aux côtés du management et nous allons financer ce milliard d’euros par un mélange de fonds propres apportés par notre fonds actuel (le Flagship Fund V) qui vise à lever 10 milliards d'euros, complétés par de la dette levée auprès de grandes banques françaises et internationales de premier rang", a indiqué Alain Rauscher, le fondateur et PDG d’Antin Infrastructure Partner. Le dirigeant se voulant par ailleurs rassurant vis-à-vis du risque lié à cette opération de type "greenfield" (projet démarrant de zéro, par opposition à un projet brownfield utilisant des structures existantes), soulignant que le gros de l’investissement "porte sur les trains qui gardent une valeur résiduelle".
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