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Macro-économie / Taux / croissance / France

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Moins de croissance que prévu en 2025 et 2026 selon la Banque de France / Consolidation budgétaire et hausse des prix de l’énergie ne font pas bon ménage

Si elle n’a pas modifié sa prévision d’augmentation du PIB pour 2024, l’institut d’émission a abaissé de 0,3 point celle de 2025 et de 0,1 point celle de 2026. En cause ? La prise en compte d’une politique budgétaire restrictive et des anticipations de marché révisées à la hausse pour les prix de l’énergie.
Martin Noda / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Martin Noda / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

La reprise économique devrait être moindre que ne l’anticipait la Banque de France. Alors que l’institut d’émission s’attendait à une croissance du Produit intérieur brut (PIB) de 1,5% en 2025 et 1,7% en 2026 dans ses prévisions de mars, il vient d’annoncer qu’elle devrait s’établir plutôt à 1,2% l’an prochain et 1,6% dans deux ans. Pour 2024, la Banque centrale n’a pas modifié sa prévision, ce malgré les bonnes nouvelles publiées récemment par l’ Insee (elles seraient contrebalancées par un deuxième trimestre atone), elle escompte que le PIB progressera de 0,8%.

En 2025, "le PIB accélérerait […] grâce à une reprise plus nette de la demande intérieure", soutiennent les économistes de l’institution de la rue Croix-des-Petits-Champs. "La consommation des ménages bénéficierait du début de repli du taux d’épargne. La contribution de l’investissement privé redeviendrait positive à mesure que l’effet du resserrement passé des conditions monétaires et financières s’estomperait. La contribution du commerce extérieur à la croissance serait toujours positive, mais moindre qu’en 2024 en raison d’une normalisation des importations après une période de recul marqué", avancent-ils. Pour ce qui concerne 2026, " l’investissement privé augmenterait à un rythme encore plus soutenu, grâce en particulier au redressement de l’investissement des ménages. La consommation continuerait de progresser au même rythme qu’en 2025, le taux d’épargne poursuivant sa normalisation graduelle ", estiment-ils.

Comment expliquer les révisions baissières ? "D’une part, la révision des hypothèses techniques de l’Eurosystème par rapport à mars (sur la base des anticipations des marchés à la mi-mai) a dans l’ensemble un effet baissier sur la croissance, avec notamment un taux de change effectif nominal [taux de change de l'euro face aux monnaies de 41 pays partenaires pondéré par les échanges commerciaux, ndlr] et des prix de l’énergie révisés à la hausse", précise la Banque de France.

Dans le détail, le taux de change effectif nominal de l'euro devrait s'apprécier de 1,9% sur 2024 et 2025 quand il était prévu une appréciation de 0,8% précédemment. Du côté de l'énergie, le prix du baril de Brent devrait croître de 4 euros de plus que prévu cette année, 3,1 euros en 2025 et 2,4 euros en 2026. "La clôture des hypothèses de l’Eurosystème s’étant faite à une date antérieure au repli du prix du pétrole observé depuis fin mai, ce dernier n’a pu être intégré à nos hypothèses techniques", tient toutefois à préciser la Banque de France. A noter également l'accroissement du prix plus fort que prévu des matières premières hors énergie (11,1% en 2024, 2% en 2025 et 0,8% en 2026).

Par ailleurs, "la projection intègre des mesures supplémentaires de consolidation budgétaire à la suite de la publication du programme de stabilité du gouvernement", ajoute la Banque centrale, qui reconnaît que l'incertitude autour de l'impact est grande. "L’ampleur de l’effet négatif sur la croissance d’un alignement de l’ajustement structurel primaire sur celui du programme de stabilité est incertain : son estimation dépend en effet fortement de la composition des mesures mises en œuvre, celles-ci pouvant avoir des multiplicateurs budgétaires (effet sur la croissance d’une mesure budgétaire) différents les unes des autres", indique-t-elle.

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