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cae / couple franco-allemand / union des marchés de capitaux / productivité
Le déclin de la productivité européenne inquiète des deux côtés du Rhin / L’union des marchés des capitaux est à nouveau plébiscitée
Le constat est implacable, tout comme l’écart qui se creuse entre les deux côtés de l’Atlantique. Le Conseil franco-allemand des experts économiques, composé du Conseil allemand des experts économiques ainsi que du Conseil d’analyse économique (CAE), regrette de constater qu’il y a "dix ans, une forte pression a été exercée en faveur d’une Union des marchés des capitaux (UMC), mais les progrès ont été limités ". Ils n’estiment pas la partie perdue pour autant et voient une opportunité d’exploiter la "dynamique actuelle pour concrétiser le potentiel de l’Union des marchés de capitaux".
Ils déplorent de constater qu’actuellement l’architecture financière européenne est "encore excessivement basée sur les banques et les flux financiers restent essentiellement nationaux ". Difficile pour eux de ne pas y voir un lien avec une croissance potentielle de la production en déclin en Europe. Notamment en ce qui concerne la baisse de la contribution de la productivité globale des facteurs (PGF) à la croissance, puisqu’elle fonctionne comme un indicateur avancé du progrès technique. Là où les contributions de la PGF à la croissance sont escomptées à hauteur de 0.5 à 0.7 points de pourcentage aux États-Unis, d’ici 2027, l’Hexagone verrait celles-ci tomber à zéro.
Union
Le plaidoyer des experts français et allemands est en faveur de marchés de capitaux profonds et liquides, ces derniers étant jugés essentiels "pour assurer une croissance à long terme". Le financement par le marché est loué pour sa capacité à allouer "des capitaux aux entreprises les plus productives et les plus innovantes ". Plusieurs mesures sont évoquées pour tendre vers cette optique ; il est question notamment d’une simplification de l’évaluation des actifs étrangers afin d’améliorer les possibilités d’investissement transfrontalier. Ce qui se traduirait par une "amélioration et une harmonisation des régimes nationaux d’insolvabilité en Europe" afin de " réduire les coûts, mieux réaffecter les ressources aux entreprises plus efficaces ou innovantes, encourager les investissements transfrontaliers et renforcer la stabilité financière". In fine les marchés du capital-investissement bénéficieraient de l’apparition de fonds européens plus important que de nos jours.
Une harmonisation qui pourrait également se traduire au niveau de la taille des investisseurs institutionnels, tels que les fonds d’investissement, les compagnies d’assurance et les fonds de pension, jugés comme assurant "généralement la profondeur et la liquidité des marchés de capitaux ". Les conclusions préliminaires évoquent des " fonds de pension privés en France et en Allemagne [qui] sont petits par rapport à ceux du Danemark, des Pays-Bas ou de la Suède " et des systèmes de retraites pensés différemment. Un recours accru à "des retraites complémentaires par capitalisation sans garantie pourrait augmenter le montant des capitaux collectés par les investisseurs institutionnels" et in fine voire ces sommes injectées sur les marchés d’actions.
Réformer
Un changement à même de "motiver l’approfondissement de l’intégration de la supervision européenne par le biais d’une réforme de l’Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles ". Il est également question d’en finir avec "la fragmentation de la surveillance selon les frontières nationales". L'idée serait qu'émerge une Autorité européenne des marchés financiers réformée possédant un mandat élargi comprenant "la supervision des infrastructures des marchés financiers qui sont essentielles à l’échelle de l’UE, telles que les contreparties centrales et les dépositaires de titres, ainsi que, éventuellement, les bourses, les cabinets d’audit importants, et l’application de l’information financière des entreprises et de l’information liée au développement durable".
Des bureaux de l’entité seraient alors déployés au sein des principaux centres financiers de l’UE, afin de se rapprocher "des participants au marché tout en récoltant les bénéfices de l’intégration de la supervision". Une mesure pensée pour éviter les craintes qu’une telle réforme ne "se traduise mécaniquement par un avantage comparatif pour Paris en tant que centre financier".
Mentalité
Plus inattendu, il est proposé une mesure visant à faire de la pédagogie sur la participation aux marchés des capitaux. Ce qui se traduirait par la mise en place de "comptes d’investissement financés par l’UE pour les enfants ". Un système comprenant un "dépôt automatique, par exemple, de 10 euros par mois et par enfant de 6 à 18 ans sous la forme d’une part de fonds permettrait aux enfants de s’initier à l’investissement à long terme". Les bénéfices des "rendements élevés de l’investissement en actions " seraient davantage connus selon les auteurs.
Autre fait à déplorer : le faible nombre de grands investisseurs institutionnels susceptibles de venir au soutien des start-up devenues plus importantes. Il est souligné que " l’augmentation du cofinancement public peut contribuer à la poursuite du développement de ce marché". De manière plus concrète, c’est à travers le Fonds européen d’investissement qu’il est envisagé de diriger les fonds nécessaires. Des moyens qui pourraient notamment voir la mise "en commun des fonds provenant de plusieurs États membres afin de renforcer les cycles de financement à grande échelle des start-up axées sur la croissance par des fonds d’investissement européens".
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