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Macro-économie / Taux
François Villeroy de Galhau / dépenses publiques
Législatives anticipées : François Villeroy de Galhau appelle à la raison budgétaire / Gare aux dépenses supplémentaires non financées
François Villeroy de Galhau est préoccupé par le devenir des finances publiques françaises. Dans le contexte des législatives anticipées dont le premier tour aura lieu dans onze jours, le gouverneur de la Banque de France s’est permis quelques remarques, sans pour autant verser dans le commentaire politique que sa fonction lui intime d’éviter.
"Nous devons à nos concitoyens tout le respect, la considération, la vérité qu’ils attendent. Les respecter, c’est d’abord savoir formuler notre expertise en termes accessibles, être avec humilité à l’écoute de leurs questions, de leurs attentes, de leurs critiques", a déclaré le grand argentier, à l’occasion de la remise des prix en économie monétaire et en finance par la Banque de France en partenariat avec la Toulouse School of Economics (TSE), ce en présence de Jean Tirole, prix Nobel d’Economie 2014 et cofondateur de l’école.
D’une part, "les respecter, c’est aussi reconnaître les exigences du réel, et ne pas creuser encore davantage des déficits lourds qu’on ne saurait pas bien financer", a fait valoir François Villeroy de Galhau. D’autre part, "les respecter, c’est comme je l’ai souhaité il y a quelques jours, clarifier vite la stratégie économique et en particulier la stratégie budgétaire proposées pour notre pays", a-t-il jugé.
Lors de son intervention, le gouverneur a terminé par un message d’optimisme jugeant qu’"à ces conditions, la France a aujourd’hui plus d’atouts économiques qu’elle ne le croit : la septième économie du monde, plus de 30 millions de Français au travail, des entreprises fortes".
Au printemps, dans sa lettre adressée au président de la République ainsi qu’au président du Sénat et à la présidente de l’Assemblée nationale, le banquier central plaidait pour arriver à une quasi-stabilisation des dépenses publiques en volume, un message qu’il serine depuis de nombreuses années, et estimait qu’il fallait s’abstenir de toute nouvelle baisse d’impôt non financée, qu’elle concerne les entreprises ou les ménages. En outre, s’il se disait favorable à agir d’abord sur les dépenses, il n’excluait pas, en complément, de solliciter le levier des prélèvements obligatoires notamment en ciblant certaines niches fiscales.
D’après la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (iFRAP) qui actualise au fil des jours, selon les annonces, ses estimations de nouvelles recettes et dépenses des différents programmes, le solde pour celui du Rassemblement national serait négatif à hauteur de 8,5 milliards d’euros, 192,9 milliards d’euros pour le Nouveau Front populaire tandis qu’il serait positif pour un montant équivalent à 7,6 milliards d’euros pour la majorité présidentielle (Ensemble).
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