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Activisme actionnarial : la vigilance est de mise pour 2024 / Les entreprises françaises de nouveau dans le viseur

Nettement épargnées l’année dernière, les entreprises françaises semblent être redevenues des cibles de choix pour les fonds activistes. Les sept nouvelles campagnes enregistrées en France au premier semestre égalent ou dépassent déjà le total annuel de quatre des cinq dernières années, prévient Lazard dans son étude sur l’activisme actionnarial.
La Défense (© Photo by Emmanuel Dunand / AFP)
La Défense (© Photo by Emmanuel Dunand / AFP)

Si les attaques activistes avaient atteint des sommets inégalés l’année dernière, l’activité pourrait s’acheminer vers un nouveau record en 2024. Au premier semestre, 147 nouvelles campagnes dans le monde ont été recensées par Lazard, soit une augmentation de 29 % par rapport à la moyenne historique des cinq dernières années, marquant ainsi le semestre le plus chargé jamais enregistré.

 

Le répit est terminé pour les entreprises françaises

 

Et si l’Amérique du Nord concentre, comme à son habitude, le plus grand nombre d’attaques (66 nouvelles campagnes contre 68 un an plus tôt, dont 62 aux États-Unis), c’est surtout en zone Asie Pacifique (APAC) que la recrudescence fut particulièrement spectaculaire. La région a enregistré en effet un nouveau record avec 43 nouvelles attaques au premier semestre 2024, soit plus que les chiffres d’une année complète sur les cinq dernières années (sauf une).

Certes, en Europe, le niveau d’activité reste stable – et élevé -, 36 campagnes ayant été recensées par Lazard (17 au premier trimestre et 19 au deuxième). Mais la part de l’Allemagne a augmenté pour atteindre, elle aussi, un record de 22 %.

Surtout, l’on notera le regain d’intérêt des activistes pour les entreprises françaises. L’activité a de fait rebondi dans l’Hexagone, représentant 19 % des campagnes européennes et renouant ainsi avec ses niveaux historiques, après une année 2023 jugée "anormalement lente" par Lazard. "Les 7 nouvelles campagnes observées en France au premier semestre égalent ou dépassent déjà le total annuel de quatre des cinq dernières années ", prévient la banque.

 

Forte poussée des attaques sur les médias en Europe

 

L’activiste le plus prolifique dans le monde aura été le fonds Eliott qui a lancé pas moins de 11 nouvelles campagnes au premier semestre, et le seul à être actif dans chaque juridiction (6 en Amérique du Nord, 3 en APAC et 2 en Europe).

En Europe, Bluebell, Amber, Cevian et Petrus ont compté parmi les plus féroces. "Contrairement aux Etats-Unis, l’Europe a continué de connaître une incidence accrue d’attaques activistes : 16 % des entreprises ciblées au premier semestre 2024 ont subi des campagnes de plus d’un activiste", peut-on lire dans l’étude. Et la tendance des "primo-activistes", n’a pas faibli, continuant de représenter une part importante des attaques (36 % de tous les militants de la période).

Il faut dire que le secteur industriel est toujours le plus ciblé tandis que celui des médias a connu une nette hausse (14 % des campagnes contre 4 % en 2023 et sur la période 2019-2021) comme sur Believe par exemple. Même constat s’agissant des compagnies pétrolières et gazières, qui se sont retrouvées dans le viseur des fonds avec des campagnes très médiatisées (BP ou Rubis), concentrant ainsi 11 % des attaques européennes, contre 3 % l’année dernière.

 

Des activistes acteurs du M & A

 

Côté revendications, même si la part des campagnes poussant aux transactions fluctue, l’influence des activistes sur les fusions et acquisitions en Europe est notable, selon Lazard : "avec le temps, les entreprises ciblées par les activistes se sont vendues ou ont procédé à des scissions-spin-off à un rythme d’environ deux fois supérieur à celui des entreprises non ciblés du Stoxx 600", constate la banque d’affaires qui observe également que cet activisme européen a aussi fréquemment conduit à un changement de direction, et ce "même lorsque ce n’était pas une demande initiale explicite". "Les entreprises ciblées par les activistes voient les départs de présidents-directeurs généraux dans les douze mois suivant le lancement de la campagne à un rythme presque deux fois supérieur à celui des émetteurs non ciblés du Stoxx 600", fait-elle observer.

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