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S&P Global Ratings / France / Finances publiques / déficit public
France : le sort des élections législatives inquiète S&P Global Ratings / La capacité à conduire la politique économique jugée affaiblie
Les finances publiques françaises seront-elles les grandes perdantes des élections législatives ? L’agence S&P Global Ratings, qui avait dégradé la note de crédit de la France il y a cinq semaines, est en tout cas circonspecte. "Compte tenu de la division du parlement - dans lequel aucun parti n’est parvenu à obtenir les 289 sièges nécessaires pour obtenir la majorité absolue - nous prévoyons que le gouvernement qui en résultera aura du mal à mettre en œuvre des mesures politiques significatives et sera confronté au risque persistant d’un vote de défiance", a réagi cet après-midi l’entreprise américaine.
Soulignant que "les négociations entre les chefs de partis vont maintenant déterminer si l’impasse politique qui en résulte peut être résolue par la formation d’un gouvernement de coalition capable de survivre à une motion de censure", l’agence de notation estime que "dans ce contexte, l’approche du prochain gouvernement en matière de finances publiques et de réformes économiques et budgétaires pourrait être déterminante pour la solvabilité de la France".
Pour mémoire, si S&P Global Ratings a ajusté à la baisse d’un cran la note de la France (AA-), elle l’a assortie d’une perspective stable reflétant ses prévisions selon lesquelles la croissance économique réelle s’accélérera et soutiendra l’assainissement budgétaire, même si cela ne suffira pas à réduire le ratio d’endettement de la France (110,7 % du PIB à la fin du premier trimestre 2024).
Aujourd’hui, elle a indiqué que la note de la France serait menacée si la croissance économique était sensiblement inférieure à ses projections pendant une période prolongée (1,5 % par an en moyenne entre 2024 et 2027 selon l’exécutif quand S&P attend 1,2 %), ou si l’Hexagone ne parvenait pas à réduire son "important" déficit public (5,5 % du PIB en 2023) et si les charges d’intérêts payées par les administrations publiques, en proportion des recettes publiques perçues, progressaient au-delà de ce qu’elle escompte (3,3 % en 2023 et elles devraient atteindre 5 % en 2027 d’après l’agence).
C’est le 29 novembre prochain que S&P Global Ratings fera connaître sa nouvelle décision sur la note française. D’ici là, seront scrutés le contenu du projet de loi de finances 2025 et le plan d’ajustement budgétaire de moyen terme que la France va remettre au second semestre à la Commission européenne pour sortir de son très probable placement sous procédure de déficit excessif (le Conseil européen se prononcera sur la question dans quelques jours après que Bruxelles lui a recommandé de le faire mi-juin).
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