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Macro-économie / Taux / Rexecode / dette publique

Macro-économie / Taux
Rexecode / dette publique

Dette publique : Rexecode imagine quatre scénarios / Deux d’entre eux apparaissent peu enviables

Dans un contexte où une nouvelle Assemblée nationale a été élue, l’institut de conjoncture s’est essayé à tracer plusieurs évolutions possibles et à définir les risques associés selon les hypothèses économiques envisagées de la dette publique hexagonale au cours des cinq prochaines années. Sans davantage de croissance, il apparaît ardu de concilier endettement stable et soutien à la transition climatique.
Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

L’Assemblée nationale nouvellement élue devra chercher un chemin compatible avec le poids du passé, dont elle ne pourra pas s’exonérer, les ambitions sociales et les contraintes financières”. Ce poids du passé est la dette publique, indiquent dans une note, Michel Didier et Gilles Koléda, respectivement conseiller spécial et conseiller scientifique de Rexecode. Alors qu’elle s’établissait à 110,7 % du Produit intérieur brut (PIB) à la fin du premier trimestre 2024, soit 3 159,7 milliards d’euros, les deux économistes ont essayé de définir les différents chemins qu’elle pourrait prendre dans les cinq années à venir.

Attention, préviennent-ils, "ces scénarios ne sont pas 'bouclés' en termes macroéconomiques et ils ne prennent pas en compte les réactions des comportements aux déséquilibres qu’ils font apparaître. Ils ne constituent pas des prévisions. Ils visent à illustrer différentes situations arithmétiques de la dette et les menaces associées".

Dans les deux premiers scénarios, sont retenues les hypothèses d’un taux de croissance du PIB en volume de 1 % par an, un taux d’inflation annuel de 2 % (ce qui correspond peu ou prou à la croissance nominale potentielle de la France).

Le scénario 1 prolonge les tendances budgétaires actuelles, le déficit public demeurant à peu près à son niveau de 2023. En outre, le taux de prélèvements obligatoires est stable à 44 % du PIB (les recettes non fiscales représentant 6,2 % du PIB). Le ratio des dépenses publiques reste à son niveau de 2023, à 55,3 %. “Dans ces hypothèses, la dette publique continuerait d’augmenter jusqu’en 2029 pour atteindre 4 057 milliards d’euros (119,7 % du PIB). Les charges d’intérêt, qui étaient de 50,1 milliards d’euros en 2023 (1,8 % du PIB) atteindraient alors 108 milliards d’euros en 2029 (3,2 % du PIB)”, explique la note.

Le scénario 2 imagine une stabilisation du ratio d’endettement, ce à travers des efforts uniquement en dépenses. Cela nécessiterait une réduction de dépenses publiques de 60 milliards d’euros dès 2025. “D’autres hypothèses budgétaires sont possibles prenant éventuellement en compte une hausse des prélèvements obligatoires. Mais cette hausse aurait un impact négatif sur la croissance, comme on a pu le constater en 2012-2013", jugent Michel Didier et Gilles Koléda.

D’après eux, "aucune des deux perspectives n’est satisfaisante : le scénario 1 parce qu’il conduit à une nouvelle augmentation de la dette publique de près de 1 000 milliards d’euros. Le scénario 2 parce qu’il impose des réductions de dépenses fortes et prochaines. Aucun des deux scénarios ne permet par ailleurs un financement suffisant des investissements pour la décarbonation et la transition climatique", estiment-ils. "Ce qu’illustrent ces deux scénarios, c’est qu’une croissance durablement faible fait peser une contrainte forte sur une économie déjà financièrement déséquilibrée", concluent les deux auteurs, qui ont examiné la trajectoire de la dette en prenant en compte la possibilité d’une croissance plus forte.

Dans le scénario 3, appelé "petit espoir", la croissance (en volume) est supposée atteindre durablement 1,5 % par an. "Le calcul montre que ce supplément de croissance permettrait à la fois de contenir le poids de la dette publique à 110 % du PIB et de financer des dépenses publiques, par exemple propices à la décarbonation et l’innovation, pour une augmentation chaque année de 10 milliards d’euros, jusqu’à environ 50 milliards d’euros à l’horizon 2029", lit-on dans la note.

Enfin, est exploré un scénario "grand espoir", avec une croissance de 2 % par an. "Une telle hypothèse, qui suppose une politique de l’offre plus renforcée, permettrait alors de financer des dépenses publiques (par exemple propices à la décarbonation et l’innovation pour un montant de 20 milliards de plus en 2025, 40 milliards en 2026, jusqu’à 100 milliards d’euros à l’horizon 2029, tout en maintenant le poids de la dette publique à 110 % du PIB) ", calcule Rexecode.

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