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Macro-économie / Taux / Banque centrale européenne / taux d'intérêt

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Banque centrale européenne / taux d'intérêt

Taux d’intérêt : la Banque centrale européenne passe son tour / Une nouvelle baisse dès septembre paraît le plus vraisemblable

Si la vigueur des prix dans le secteur des services endommage la confiance dans le processus de désinflation, la présidente de la BCE Christine Lagarde a un peu relativisé ce phénomène le justifiant entre autres par des évènements ponctuels. Toujours dépendant des données, le Conseil des gouverneurs devrait décider d’une seconde baisse de ses taux à la fin de l’été.
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP

En zone euro, la baisse des taux de la Banque centrale n’aura pas fait la passe de deux. Alors que le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) avait décidé de diminuer de 25 points de base l’ensemble de ses taux directeurs lors de sa réunion de politique monétaire des 5 et 6 juin, il s’est cette fois-ci abstenu. De sorte que le taux d’intérêt de la facilité de dépôt, le plus important d’entre eux, se situe toujours à 3,75 %.

Le comportement de l’inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie) ces derniers temps semble avoir joué un rôle dans la décision de l’institution de Francfort. “Les tensions sur les prix d’origine interne demeurent fortes, les prix des services augmentent à un rythme élevé et l’inflation globale devrait rester supérieure à l’objectif pendant une grande partie de l’année prochaine”, a déclaré Christine Lagarde, présidente de la BCE, à l’occasion de sa conférence de presse.

Pour autant, la Française n’a pas paru alarmiste. Certes, “les salaires continuent d’augmenter à un rythme élevé, rattrapant ainsi la période passée de forte inflation. La hausse des salaires nominaux, conjuguée à la faiblesse de la productivité, a contribué à la croissance des coûts unitaires de main-d’œuvre, même si celle-ci s’est quelque peu ralentie au cours du premier trimestre de cette année”, a-t-elle pointé, faisant valoir qu’en raison de l’échelonnement des ajustements salariaux et de la contribution importante des paiements exceptionnels, la croissance des coûts salariaux restera probablement élevée à court terme.

Reste que, “les données récentes sur la rémunération par employé ont été conformes aux attentes et les derniers indicateurs d’enquête signalent que la croissance des salaires se modérera au cours de l’année prochaine”, a tenu à préciser Christine Lagarde. En outre, les bénéfices des entreprises se sont contractés au premier trimestre, contribuant à compenser les effets inflationnistes de la hausse des coûts unitaires de main-d’œuvre, et les données d’enquête suggèrent que les bénéfices devraient continuer à être freinés à court terme, a-t-elle ajouté.

Interrogée sur la possibilité d’une baisse des taux d’intérêt lors de la réunion du Conseil des gouverneurs le 12 septembre, Christine Lagarde a rétorqué que la question était "largement ouverte". Le consensus des économistes, lui, parie sur une baisse de 25 points de base à la fin de l’été. "Bien que la déclaration d’aujourd’hui ait réitéré que toutes les décisions dépendront des données, nous continuons à penser que la prochaine baisse des taux aura lieu en septembre - un point de vue qui est soutenu par les commentaires récents de certains responsables de la BCE", estime Jessica Hinds, directrice chez Fitch Ratings. "Bien que certaines données récentes sur l’inflation soient moins favorables, la BCE a excusé certaines d’entre elles", a remarqué Mark Wall, Chief European Economist chez Deutsche Bank Research. L’institution de Francfort "s’appuie sur les tendances et regarde au-delà du bruit, conformément à son principe de 'dépendance à l’égard des données et non des points de données'", rappelle l’économiste.

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