Entreprises / Actions / IA générative / Capgemini
Entreprises / Actions
IA générative / Capgemini
Les investissements dans l’IA générative produisent déjà leurs effets / Reste à peaufiner les jeux de données pour en tirer pleinement parti
Quitte à investir, autant pouvoir en mesurer les retombées. Selon le dernier rapport du Capgemini Research Institute, 80 % des entreprises, sur un échantillon de 1 100 dirigeants de sociétés interrogés et ayant réalisé plus d’un milliard de dollars de chiffre d’affaires, ont augmenté leurs investissements dans l’intelligence artificielle (IA) générative depuis 2023. Tandis que les 20 % d’entreprises restantes ont maintenu leur niveau. La moyenne fait ressortir un budget annuel de 110 millions de dollars alloué à l’IA sur l’année fiscale en cours : cela dépend évidemment de la taille des entreprises, puisque le montant des investissements en IA y est corrélé. Par exemple, pour une entreprise dont le chiffre d’affaires annuel est compris entre 1 et 5 milliards de dollars, le budget correspondant s’affiche à 85 millions de dollars. Pour celles dont il est supérieur à 20 milliards de dollars, l’enveloppe grimpe à 158 milliards de dollars annuels.
Des sommes donc significatives et qui prouvent d’ailleurs leur utilité, alors que les sociétés interrogées mesurent déjà les bénéfices de l’intégration de l’IA générative. Il se trouve qu’au sein de l’échantillon, près d’un quart des entreprises a également intégré la technologie dans une partie, ou la plupart, de ses sites ou fonctions. Ce qui représente une accélération soutenue des statistiques observées il y a à peine un an, alors que la proportion des entreprises ayant adopté l’IA générative ne s’élevait qu’à 6 %. Sans surprise, pour ces dernières, c’est du côté de la productivité que les gains semblent le plus se dessiner. En moyenne, les sociétés observent une progression de 7,8 % de l’indicateur. Du côté de l’engagement et de la satisfaction des clients, les avantages s'affichent à 6,7 % et sont suivis de l’augmentation de l’efficacité opérationnelle, ou encore de la hausse des ventes et de la diminution des coûts.
Un optimisme prudent mais réel
"La technologie de l’IA générative n’est entrée dans les mœurs que depuis environ 18 mois et, par conséquent, les organisations font preuve d’un optimisme prudent quant aux avantages potentiels de l’intégration de l’IA générative dans leurs stratégies et processus. Toutefois, compte tenu des progrès et de l’intégration croissante de cette technologie dans toutes les fonctions, on s’attend à ce que les avantages réels dépassent les attentes des organisations", relève le rapport. Et puis, ces recherches relèvent des avantages provenant en grande partie de projets pilotes ou de mises en œuvre à l’échelle partielle de l’IA générative, poursuit l’étude. De quoi anticiper des avantages appelés à s’amplifier au fur et à mesure que de plus en plus d’organisations adopteront la technologie.
Les grands groupes français ne sont par ailleurs pas en reste, puisque l’étude de Capgemini cite quelques exemples tricolores sur la manière dont les entreprises intègrent l’IA générative. Chez Airbus, par exemple, des assistants d’IA offrent des instructions quant à la fabrication des produits, permettant ainsi d’améliorer l’accessibilité technique ou de faciliter l’orientation précise des tâches. Chez Schneider Electric, également, l’intégration de l’IA générative dans un assistant conversationnel destiné à ses analystes financiers globaux permet aussi de prendre des décisions plus précises et toujours en conformité dans le domaine de la comptabilité.
Accélérer sur les données
Et il semblerait bien que les entreprises soient elles-mêmes de plus en plus optimistes quant aux retombées futures de l’IA générative. Désormais près de 75 % d’entre elles - dans tous les secteurs - s’accordent à dire que la technologie stimulera leur chiffre d’affaires et leur innovation, contre 60 % l'année dernière.
Quelques points d’amélioration ? Peut-être des bases de données plus solides, nécessaires à la bonne prise en charge de l’IA. Car l’étude révèle en effet que près de trois cadres sur cinq reconnaissent que l’utilisation de l’IA générative, à son plein potentiel, nécessitera d’apporter des modifications importantes à la collecte, au stockage, à la récupération, à la réutilisation et à la gouvernance des données. "Une grande partie des données reste piégée dans des silos, et seulement la moitié des organisations possèdent des processus clairs pour intégrer les données à travers les fonctions. Seuls 51 % des responsables des données déclarent que leur organisation dispose de processus clairs pour gérer les données cloisonnées et l’intégration des données entre les différentes fonctions", appuie l’étude du Capgemini Research Institute.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

