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Publications, Résultats / Stellantis / Carlos Tavares / résultats semestriels / Bourse / Renault / Luca de Meo

Publications, Résultats
Stellantis / Carlos Tavares / résultats semestriels / Bourse / Renault / Luca de Meo

Stellantis n'a pas encore repris son souffle / Mauvais temps pour les constructeurs automobiles à la Bourse de Paris

Après avoir habitué les marchés à des résultats exceptionnels, Stellantis semble bel et bien les avoir déçus avec sa publication semestrielle. Un chiffre d’affaires en baisse, des bénéfices en recul et une marge opérationnelle (bien que toujours à deux chiffres) soumise au même sort… dans un contexte industriel difficile, tout particulièrement en Amérique du Nord, le constructeur automobile assure avoir pris les mesures nécessaires pour redresser la barre. Ce qui l’aura conduit à réaffirmer ses prévisions annuelles. Tout comme Renault, qui, après avoir atteint un niveau record de profitabilité au premier semestre, se fait pourtant aussi sanctionner à la Bourse de Paris.
Carlos Tavares (Photo by MARCO BERTORELLO / AFP)
Carlos Tavares (Photo by MARCO BERTORELLO / AFP)

Carlos Tavares l’admet lui-même. Les résultats du premier semestre de Stellantis "ne sont pas à la hauteur de nos attentes, reflétant à la fois un contexte industriel difficile et nos difficultés opérationnelles", a reconnu le patron du constructeur automobile ce jeudi, par voie de communiqué. Effectivement, si l’année avait démarré au ralenti pour le groupe issu de la fusion Fiat-PSA, il semblerait que le deuxième trimestre ne lui ait pas encore permis de rectifier le tir. Le chiffre d’affaires net de Stellantis, sur les six premiers mois de l’année 2024, s’est élevé à 85 milliards d’euros, soit une baisse de 14 % sur un an.

Les bénéfices du groupe ont quant à eux fondu : de 48 %, plus exactement, à 5,6 milliards d’euros. Du côté du résultat opérationnel courant, même constat. Il chute de 40 %, à 8,5 milliards d’euros. Certes, la marge opérationnelle du groupe franco-italo-américain a gardé le cap, en s’affichant toujours à un niveau à deux chiffres auquel les investisseurs commencent à être habitués. Et cela grâce à des économies sur les coûts des composants, du personnel et de la logistique. Mais à 10 %, elle a toutefois reculé de 4,4 points sur un an…

 

Un nœud en Amérique du Nord

 

"La baisse de nos résultats financiers au premier semestre 2024 est principalement due à un recul des ventes, et à une évolution défavorable du mix. La baisse des volumes, accentuée par une comparaison difficile avec les résultats du premier semestre 2023, résulte d’un ensemble de mesures de réduction des stocks, et de pénuries temporaires de production, dues à une période transitoire de renouvellement de produits clés, et d’une diminution des parts de marché, particulièrement en Amérique du Nord", explique Stellantis.

Il faut dire que les difficultés rencontrées par le groupe dans la région commencent à devenir pesantes. Alors que Stellantis a effectivement pâti, dans l’ensemble, d’une baisse de ses volumes avec des livraisons en recul, outre-Atlantique, la correction est d’autant plus marquée. Les livraisons s’y sont érodées de 18 % sur un an, tandis que sa part de marché a baissé de près de 2 points de pourcentage pour atterrir à 8,2 %. Sa marge opérationnelle, qui s’affichait jusqu’alors dans la région à un niveau tout particulièrement élevé, a même plongé de 6 points de pourcentage pour s’établir à 11,4 %. Et si le recul reste moins marqué en Europe comme en Amérique du Sud, et que le Moyen-Orient et l’Afrique affichent même des performances en hausse, les conséquences du coup de frein en Amérique du Nord se font bel et bien sentir.

 

Une question d’exécution

 

"Des mesures correctives ont été nécessaires et ont été prises afin de régler ces problèmes. Dans le même temps, nous avons lancé une grande offensive produits, avec pas moins de 20 nouveaux véhicules prévus cette année, ce qui nous offre encore plus d’opportunités si nous parvenons à bien la mettre en œuvre", assure néanmoins le directeur général de Stellantis. La production de dix des nouveaux véhicules qui seront lancés cette année a été engagée au premier semestre. Parmi ceux-ci, l’on retrouve notamment la Peugeot 3008 et 5008 qui seront basées sur la plateforme multi-énergies STLA Medium du groupe, ou encore le nouveau modèle 1500 de RAM, venant quant à lui de débuter sa commercialisation. Les premiers véhicules construits grâce au partenariat avec le spécialiste chinois de l’électrique Leapmotor sont aussi attendus cette année.

Stellantis ne dévie d’ailleurs pas de ses objectifs annuels. À l’occasion de la publication, le groupe a renouvelé son engagement d’atteindre une marge opérationnelle courante à deux chiffres minimum pour 2024 ainsi qu’un free cash-flow industriel positif. "Il nous semble que tout est maintenant question d’exécution (réduction des stocks, lancements impeccables, stabilisation ou gain de parts de marché, résolution de problèmes industriels en Amérique du Nord) et les investisseurs attendront probablement des signaux clairs sur ce front pour revenir, à condition que la situation macroéconomique ne se détériore pas davantage", remarquent de leur côté les analystes d’Oddo BHF.

 

Les marchés grincent des dents

 

À la Bourse de Paris, la déception se fait sentir, alors que le titre Stellantis chute depuis l’ouverture de la séance. Il s'incline toujours de plus de 9 % en début d'après-midi. Une sanction qui semble s’être reportée sur Renault : le groupe dirigé par Luca de Meo fait aussi partie des plus fortes baisses du CAC 40 ce jeudi, reculant même davantage que Stellantis. Pourtant, les deux constructeurs n'ont pas l'air d'être tout à fait alignés sur la même dynamique. La publication de la marque au losange, révélée après la clôture des marchés mercredi, contient d'ailleurs de bonnes surprises. Et notamment au niveau de sa profitabilité, puisque le groupe a enregistré une marge opérationnelle record à 8,1 % du chiffre d’affaires (contre 7,6 % il y a un an). Le résultat d’une politique de redressement conduite par son patron, qui avait déjà produit ses effets en 2023.

Si le résultat net du groupe s’est réduit de 2,1 milliards à 1,4 milliard d’euros, il faut compter dans cette baisse un effet de 440 millions d’euros de pertes sur la cession de titres Nissan. Du côté des ventes, Renault résiste. Son chiffre d’affaires semestriel de l’automobile, de 24,3 milliards d’euros, a fait état d’un recul plus mesuré que chez Stellantis, à hauteur d’1,9 % sur un an, tandis qu'il progresse d'1,2 % à taux de change constants. Le résultat d’un effet prix, mix produit et géographique positif, qui aura toutefois été contrebalancé par un effet de volume négatif à hauteur de 4,7 points. "La croissance de 1,9 % des immatriculations a été compensée par un déstockage du réseau de concessionnaires indépendants au 1er semestre 2024 alors qu’il y avait eu un important restockage au 1er semestre 2023", explique Renault. Est-ce ceci en particulier qui inquiète les opérateurs de marché ? Cela n’aura en tout cas pas empêché le constructeur français de confirmer, comme Stellantis, ses perspectives pour l’année 2024. Soit celles de maintenir sa marge opérationnelle à un niveau supérieur ou égal à 7,5 % et de faire dépasser les 2,5 milliards d’euros à son free cash-flow.

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