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emeis n’en a pas fini avec les mesures radicales / Une confiance bien difficile à regagner en France
Lundi noir en Bourse pour emeis (ex-Orpea). À la clôture, ce 29 juillet, le titre affichait la plus forte baisse du SBF 120 avec une chute de -18,89 %. Il perdait encore plus de 4 %, en début de matinée ce mardi. La conséquence de la décision prise par le gestionnaire d’Ehpad et de cliniques d’abaisser sa prévision d’Ebitdar (Ebitda avant loyers) pour 2024, annoncée lors de la présentation de ses résultats financiers.
L’Ebitdar est désormais attendu en croissance dans une fourchette de 0 à + 5 % par rapport à 2023, soit un niveau compris entre 700 et 730 millions d’euros, contre 800 à 835 millions d’euros précédemment escompté. Au premier semestre, il est estimé entre 330 et 340 millions d’euros, à comparer à 336 millions d’euros sur la même période l’année dernière.
Des dépenses plus fortes dans le taux d’encadrement
La raison principale de cette quasi-stabilité et donc de cette revue de ses prévisions à la baisse ? Les activités du groupe en France "pour lesquelles il est constaté un redressement opérationnel nécessitant un délai supérieur à celui initialement prévu ", explique emeis.
De fait, dans l’Hexagone, le chiffre d’affaires (43 % du chiffre d’affaires total du groupe) s’est inscrit certes en hausse de 4,8 % sur un an en variation organique, à 1,18 milliard d’euros, mais il s’agit de la moins forte progression sur l’ensemble des géographies où l’entreprise est présente. Elle est de + 13,2 % en Europe du Sud et Latam (Amérique latine), de + 11,9 % en Europe du Nord, et de + 11,3 % en Europe de l’Est. "En France, cette évolution résulte principalement des revalorisations tarifaires, dans une moindre mesure, de la progression du taux d’occupation dans les cliniques (soins médicaux et de réadaptation santé mentale) et des maisons de retraite en fin de semestre. Cette évolution ne compense pas complètement l’inflation et le niveau des dotations financières. […] [L'] Editdar impacté en France par une augmentation des ressources mobilisées dans les établissements que la progression du taux d’occupation dans les maisons de retraite n’a pas permis d’accompagner ", indique le groupe.
Pour mémoire, emeis a fait du taux de rotation de ses équipes l’une de ses priorités de redressement pour 2024. Une stabilité de ses effectifs qui a conduit le groupe à conclure par exemple des accords de revalorisation salariale, l’octroi d’un treizième mois, etc. Mais pour renforcer le soin des patients, il continue aussi de recruter massivement, et ce avec des contrats à durée indéterminée. "Hors CDD, il est difficile pour emeis d’inverser cette dynamique d’efforts de ressources humaines : le taux d’occupation doit monter ", prévient Oddo BHF.
Une mise en adéquation
Or, le taux d’occupation de ses établissements en France stagne, emeis restant toujours visiblement impacté par les scandales de maltraitance révélés dans le livre de Victor Castanet, "Les Fossoyeurs", et ce malgré de nombreux efforts entrepris comme un changement d’identité ou l’adoption d’une raison d’être. À 85,8 % (+ 0,4 %) tiré par les cliniques, "le taux d’occupation des établissements en France demeure inférieur aux attentes dans les maisons de retraite, malgré une évolution favorable observée en fin de semestre", constate emeis.
À l’inverse il progresse fortement hors de France, entre + 3,1 et + 4,5 points par rapport au premier semestre 2023. C’est donc dans ce contexte que "sur la base des anticipations de taux d’occupation projetées, la société a mis en œuvre sur le second semestre un plan d’actions visant à remettre en adéquation les ressources avec le niveau d’activité tout en garantissant un taux d’encadrement supérieur aux standards moyens de la profession ", a annoncé l’entreprise sans donner plus de précisions à ce stade.
Des cessions d’actifs opérationnels plus significatives
D’autant qu’emeis doit faire face, dans le même temps, à un marché de l’immobilier toujours difficile. Son plan de cessions d’actifs ne se déroule pas aussi vite que prévu. Les ventes de ses établissements cumulées depuis mi-2022 sont désormais estimées à environ 670 millions à fin 2024, à comparer à la trajectoire initiale de 750 millions d’euros, s’inscrivant dans son engagement de 1,25 milliard d’euros à réaliser d’ici fin 2025. "Un décalage lié essentiellement au report sur l’exercice 2025 d’une opération immobilière en France initialement planifiée fin 2024", se justifie le gestionnaire d’Ehpad et de cliniques.
Sur le semestre, emeis a pourtant enchaîné les annonces de cessions. Environ 160 millions d’euros de produits de cessions bruts d’actifs ont été réalisés et environ 245 millions d’euros de nouvelles cessions immobilières ont été signés. "Afin de réduire l’impact de ces révisions sur la trajectoire de trésorerie du groupe, emeis a engagé des mesures conservatoires complémentaires significatives sur ses postes d’investissement. Par ailleurs, tel qu’indiqué dans le plan de Refondation, et au-delà de cessions d’activités opérationnelles déjà engagées hors d’Europe, des cessions d’actifs opérationnels (intégrant la cession de l’exploitation) plus significatives pourraient être envisagées, conduisant à améliorer la situation de trésorerie du groupe entre fin 2024 et début 2025 ", a annoncé la société.
Acheter pour vendre
D’ailleurs, ce lundi soir, emeis a fait savoir qu’il allait procéder cette année au rachat des murs de 8 cliniques dont le groupe était jusqu’alors locataire, et ce dans le cadre d’un engagement de rachat d’actifs immobiliers pris par l’entreprise courant 2021. "Ces huit actifs immobiliers seront intégrés aux portefeuilles d’actifs immobiliers que le groupe souhaite céder dans les prochains mois ", a précisé l’ex-Orpea. La valeur de la transaction s’élève à 185 millions d’euros hors droit, impliquant une sortie de trésorerie de 120 millions d’euros et une reprise d’engagements au titre de crédits-baux de 65 millions d’euros.
L’opération se déroulera en deux temps, une première étape portant sur quatre actifs réalisée fin juillet (pour une valeur hors droits de 95 millions d’euros) et une seconde prévue en décembre 2024.
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