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Electricité : la France renoue avec son niveau de production de 2019 / Et ses exportations nettes apparaissent inédites sur un premier semestre
En France, la production d’électricité retrouve des couleurs. Lors du premier semestre, elle s’est établie à 272 térawattheures (TWh), rapporte RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité hexagonal. Il s’agit d'un record depuis 2019.
Dans le détail, c’est la production hydraulique qui a présenté la plus forte augmentation relative par rapport au premier semestre 2023 (+ 11,1 TWh, soit + 37 %), en lien avec les précipitations abondantes en hiver et au printemps. L’hiver 2023-2024 et le printemps 2024 ont été caractérisés par des niveaux de précipitations respectivement 10 % et 45 % plus élevés que la moyenne 1991-2020.
Le nucléaire, lui, est le premier contributeur en valeur absolue à l’accroissement total de la production d’électrons. Elle a atteint 177 TWh, soit une augmentation de 19 TWh par rapport à la même période en 2023. “La disponibilité du parc nucléaire a atteint 70 % au premier semestre 2024 contre 62 % l’année passée, traduisant de manière concrète le bon avancement du programme de contrôle, de réparation et de remise en service des réacteurs affectés par le phénomène de corrosion sous contrainte”, explique RTE. Attention, à l’exception des années 2020 (confinement), 2022 et 2023 (corrosion sous contrainte), la production nucléaire demeure toujours en recul de 14 % par rapport à la moyenne des deux dernières décennies
De leur côté, les volumes de production d’origine éolienne (terrestre et en mer) et solaire ont respectivement progressé de 3 % et 5 % au premier semestre par rapport à la même période l’année précédente, atteignant respectivement 25,5 et 11,4 TWh (soit une augmentation de 0,8 TWh et 0,5 TWh par rapport à la même période en 2023 respectivement). “Les parcs éoliens en mer de Fécamp et Saint-Brieuc, déjà partiellement opérationnels depuis 2023, ont été entièrement mis en service courant mai, avec une puissance installée voisine de 500 MW. Ils s’ajoutent au parc de Saint-Nazaire en service depuis fin 2022”, détaille RTE.
Enfin, la production thermique fossile au cours du premier semestre n’a jamais été aussi faible depuis les années 1950 : elle a représenté 11,5 TWh, cela veut dire que 96 % de la production d’électricité française était décarbonée lors du premier semestre. Les centrales au charbon n’ont fonctionné qu’une centaine d’heures depuis le début de l’année.
Le commerce extérieur français sort gagnant de cette hausse de la production d’électricité hexagonale. Au cours des six premiers mois de l’année 2024, le solde des échanges d’électricité a atteint un excédent record (42 TWh contre 13 TWh au premier semestre 2023) - ceci est également lié à une consommation domestique d’électricité en recul. "Ce niveau est même supérieur à ceux constatés au début des années 2000, quand le parc nucléaire comptait deux réacteurs de plus qu’actuellement et que la consommation était plus faible qu’en 2024", fait remarquer le gestionnaire du réseau de transport d’électricité. Si cette tendance se poursuit au second semestre, le record d’export net annuel datant de 2002 (77 TWh) sera battu.
Dans ses précédents rapports, et notamment dans des scénarios de faible croissance, voire de stagnation ou de baisse de la consommation d’électricité, RTE avait jugé qu’un développement du parc renouvelable combiné à un maintien du parc nucléaire historique pourrait générer des exportations nettes à hauteur d’une centaine de TWh au milieu de la décennie 2020 dans certains scénarios.
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