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Publications, Résultats / Meta / Intelligence artificielle / Mark Zuckerberg

Publications, Résultats
Meta / Intelligence artificielle / Mark Zuckerberg

Meta rectifie le tir avec sa publication trimestrielle / Des résultats en forte hausse et une stratégie d'IA précisée

Le groupe de Mark Zuckerberg a rassuré les investisseurs en révélant sa publication des résultats du deuxième trimestre. Une activité, une marge opérationnelle et un bénéfice net en forte hausse ont permis à Meta de faire oublier les inquiétudes occasionnées par la révision à la hausse de ses dépenses en intelligence artificielle, annoncée il y a quelques mois. D'autant que la technologie semble bien profiter à son activité, surtout dans la publicité. Son patron n'a également pas hésité à détailler les avancées et les ambitions du groupe en la matière.
Mark Zuckerberg (Photo by JOSH EDELSON / AFP)
Mark Zuckerberg (Photo by JOSH EDELSON / AFP)

Quand les investisseurs ont besoin d’être rassurés, publier des résultats solides et éclaircir sa stratégie permet d’inverser la tendance. Alors que Meta avait éveillé l’inquiétude des marchés au premier trimestre en révisant à la hausse ses prévisions de dépenses d’investissement dans l’intelligence artificielle (IA), sa publication du deuxième trimestre a provoqué l’effet inverse : le titre de la maison-mère de Facebook, Instagram et WhatsApp grimpait de plus de 7 % dans les échanges électroniques après la clôture de Wall Street mercredi soir et continue sur cette lancée positive jeudi.

 

Situation confortable

 

Il faut dire que les résultats financiers du groupe sont de nature à soulever l’enthousiasme. D’avril à juin, le groupe de Mark Zuckerberg a enregistré 39 milliards de dollars de chiffre d’affaires, en progression de 22 % sur un an. La marge opérationnelle s’est appréciée de près de dix points, à 38 %, tandis que le bénéfice net de Meta a bondi de 73 % pour atteindre 13,5 milliards de dollars au titre du deuxième trimestre de 2024.

Mais ce n’est pas tout. Les utilisateurs quotidiens des applications du groupe sont désormais au nombre de 3,27 milliards, en hausse de 7 % sur un an. Les impressions par publicité ont quant à elles grimpé de 10 % et de fait, le prix moyen par publicité - dont Meta tire la quasi-intégralité de ses revenus - a lui aussi augmenté dans la même proportion.

Des indicateurs qui s’affichent dans le vert, mais témoignant aussi des retombées des investissements du groupe dans l’IA. Un sujet qui semble faire la pluie et le beau temps sur les marchés en cette saison de publications financières des géants technologiques américains. 

 

Des impacts tangibles

 

Mark Zuckerberg l’a donc bien expliqué lors de l’appel avec les analystes financiers à la suite de la publication du groupe : les résultats commencent à se dessiner. "Sur Facebook et Instagram, les progrès de l’IA continuent d’améliorer la qualité des recommandations et de stimuler l’engagement", a entamé le patron de Meta. Le deuxième trimestre aura par exemple été l’occasion de déployer, entre autres, un service de recommandation vidéo sur Facebook, ayant permis d’étendre les systèmes d’IA unifiés. "À terme, j’aimerais que nous nous dirigions vers un système de recommandation unique et unifié qui alimente tous les contenus, y compris des éléments comme People You May Know, sur toutes nos surfaces. Nous n’en sommes pas encore là, il y a donc encore de la marge - et nous progressons bien dans ce domaine. L’IA va également faire évoluer nos services aux annonceurs de manière très intéressante", a-t-il poursuivi.

Alors que les annonceurs s’adressaient auparavant à Meta avec un public spécifique à atteindre (tranche d’âge, zone géographique, centres d’intérêt), le fondateur de Facebook a expliqué que le groupe était arrivé à un point, où son système publicitaire, prédisait mieux qui pouvait être intéressé par un contenu qu'eux-mêmes. À plus long terme, le dirigeant anticipe même que l’IA sera en mesure de générer des créations pour les annonceurs et de les personnaliser en fonction de ce que les gens verront. À cet horizon, ils pourront se contenter de communiquer à Meta un objectif commercial et un budget… "nous ferons le reste pour eux. Nous y parviendrons progressivement, mais je pense qu’il s’agira d’une très grande avancée", a relevé Mark Zuckerberg.

 

À tous les étages

 

D’autant que le groupe ne compte pas se limiter à la seule publicité pour mettre l’IA à profit. Son assistant, Meta AI, a commencé à être déployé à grande échelle et le patron assure qu’il est en bonne voie de devenir le plus utilisé d’ici la fin de l’année. Le groupe a aussi lancé récemment AI Studio, un outil d’IA générative permettant de créer un avatar à son effigie. Le moteur de toutes ces nouvelles expériences est la famille de modèles de base Llama. "Ce trimestre, nous avons publié Llama 3.1, qui comprend le premier modèle open source de niveau frontière, ainsi que de nouveaux modèles de petite et moyenne taille, leaders sur le marché", a ajouté Mark Zuckerberg, prévenant par ailleurs qu’il restait à trouver le bon niveau de capacités d’infrastructures pour soutenir la formation de ses différents modèles. Pour cause : la quantité de calcul nécessaire pour entraîner Llama 4 sera probablement de dix fois supérieure à celle utilisée pour Llama 3.

En précisant que les investissements allaient encore augmenter l'année prochaine, notamment pour mettre en œuvre de nouveaux projets d’infrastructures, Mark Zuckerberg a souligné que l’efficacité opérationnelle dans l’ensemble de l’entreprise ne serait pas mise de côté. Alors que le groupe avait déjà relevé sa fourchette de prévisions de dépenses d’investissement annuelles de 5 milliards de dollars au premier trimestre, en anticipant qu'elles se situeraient entre 35 et 40 milliards de dollars, Meta a cette fois précisé qu'elles représenteraient (toujours dans cet intervalle) au moins 37 milliards de dollars en 2024. Ce qui ne semble en tout cas pas avoir dérangé les investisseurs, comme cela avait été le cas en avril dernier.

Et quid du métavers, l’objectif de long terme de la firme, qui avait pu cristalliser leurs inquiétudes par le passé ? La dynamique commerciale de sa division Reality Labs s’affiche à la hausse, notamment grâce au succès des Ray-Ban Meta intelligentes ou des ventes de son casque Quest 3. Néanmoins, au titre du deuxième trimestre, Reality Labs s’affichait toujours en perte opérationnelle de 4,5 milliards de dollars, contre 3,7 milliards de dollars un an auparavant. Et Meta de prévenir que les pertes de Reality Labs devraient se creuser significativement au fil du temps, en raison des développements de produits et des investissements consentis.

 

Feu vert des investisseurs ?

 

"Les appréhensions que les investisseurs pouvaient avoir concernant les dépenses de Meta dans l’IA et le métavers seront probablement apaisées par ces résultats trimestriels", observe Max Willens, analyste chez eMarketer, auprès de l’agence Reuters. "Avec des marges aussi saines, les investisseurs de Meta devraient se sentir à l’aise avec les investissements vigoureux que la société a prévu pour le futur", poursuit-il. Le groupe indique quant à lui pour l'instant que ses revenus du troisième trimestre se situeront dans une fourchette de 38,5 à 41 milliards de dollars.

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