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La contraction du marché de l’immobilier pèse sur La Banque Postale / Un pôle Bancassurance France qui n’a pas (pour une fois) joué son rôle de moteur
La Banque Postale n’a pas pu compter cette fois-ci sur son grand pôle Bancassurance France. Alors que la filiale du groupe La Poste avait vu l’année dernière son bénéfice net et son produit net bancaire (PNB) s’envoler grâce aux excellentes performances de celui-ci, et notamment celles de CNP Assurances, force est de constater que la situation s’est retournée au premier semestre 2024.
Baisse des revenus dans l’assurance
En effet, sur les six premiers mois de l’année, le résultat net part du groupe s’est affiché en repli de 11,3 % sur un an, à 515 millions d’euros. Son chiffre d’affaires a quant à lui reculé de 5,6 % par rapport à la même période l’année dernière, à 3,6 milliards d’euros. Le résultat d’exploitation de La Banque Postale perd au premier semestre 19 % sur un an, à 1,07 milliard d’euros.
En cause ? La Bancassurance France justement qui pèse pour 68 % de son PNB : "Dans un contexte macro-économique et financier toujours incertain, La Banque Postale affiche des résultats financiers en repli, sous l’effet d’une baisse des revenus de l’assurance après un premier semestre 2023 marqué sur cette activité par des éléments exceptionnels ", explique le président du directoire de La Banque Postale, Stéphane Dedeyan, dans un communiqué.
De fait, le bénéfice net part du groupe de la Bancassurance France a chuté lourdement, de 39,3 % sur un an au premier semestre à 215 millions d’euros. Le PNB perd lui 7,2 %, à 2,7 milliards d’euros.
Une production de crédits immobiliers en très net repli
Il faut dire que son activité commerciale a été difficile ce semestre. "Dans un marché immobilier toujours en contraction au premier semestre, en lien avec des taux d’intérêt élevés, une baisse limitée des prix immobiliers et des critères d’octroi toujours prudents, la production de crédits immobiliers est en baisse de 28,9 %, à 3,5 milliards d’euros", indique La Banque Postale. La baisse est moins sensible s’agissant des crédits à la consommation, à -1,9 %.
Et comme l’année dernière, les dépôts à vue restent impactés par les taux d’intérêt. Ils baissent de 6,2 % sur un an à fin juin, un repli encore une fois moins marquée que dans le marché (-8,6 % sur un an).
"Avec la nouvelle équipe constituée, nous poursuivons l’exécution de notre feuille de route et restons concentrés sur notre objectif de bâtir un leader européen de la bancassurance performant et citoyen au service de tous nos clients, particuliers, entreprises et collectivités", a néanmoins réaffirmé le président du directoire, ajoutant que "la mise en œuvre de notre plan de transformation au service d’un modèle d’affaires plus équilibré commence à porter ses fruits, grâce à une nouvelle dynamique commerciale de conquête et d’équipement client sur la banque de détail (249 000 nouveaux clients particuliers au premier semestre et + 19,2 % de ventes de produits d’équipements complémentaires comme la prévoyance, la santé, etc, sur un an, ndlr), une rationalisation de nos activités non rentables (vente de Ma French Bank, ndlr) et une maîtrise de nos charges (à 0,1 % à périmètre et change constants, ndlr) en ligne avec notre plan d’économies", a assuré Stéphane Dedeyan.
Une (jeune) BFI de plus en plus profitable
D’autres performances du groupe sont effectivement à souligner ce semestre. Celles par exemple de sa banque de financement et d’investissement (BFI), renommée, "Banque des entreprises et du développement local" en adéquation avec son ancrage territorial, lancée il y a seulement un peu plus de deux ans. Tous les indicateurs sont au vert. Son PNB progresse de 4,7 % à 476 millions d’euros, porté par le financement aux PME-ETI et l’activité de transaction banking. Le bénéfice net gagne aussi près de 5 % à 104 millions d’euros. Une performance assez remarquable alors que la BFI du groupe trouve son financement dans les dépôts à vue et non sur les marchés.
Par ailleurs, le pôle privé de La Banque Postale, avec Louvre Banque Privée, a connu une montée en puissance depuis son démarrage commercial en janvier 2023, avec une progression des actifs sous gestion de 9 % par rapport à fin mai 2023, atteignant 83,6 milliards d’euros d’actifs sous gestion à fin mai 2024. Ceux de LBP AM s’affichent en hausse de 5 % par rapport à fin décembre 2023, à 71,1 milliards d’euros, du fait notamment de l’intégration de La Financière de l’Echiquier. Ce faisant, le chiffre d’affaires du grand pôle patrimoine et gestions d’actifs de La Banque Postale bondit de 40,1 % au premier semestre à 232 millions d’euros pour un bénéfice en hausse de 44,8 % sur un an, à 50 millions d’euros.
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