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Macro-économie / Taux / Claudia Sahm / Etats-Unis / Récession

Macro-économie / Taux
Claudia Sahm / Etats-Unis / Récession

Les États-Unis viendraient-ils d’entrer en récession ? / C’est ce que suggère la célèbre “règle de Sahm”

En juillet, le taux de chômage américain a atteint 4,3 % soit un plus haut depuis octobre… 2021. De sorte que son niveau moyen ces trois derniers mois se situe 0,53 point au-dessus de son plancher sur l’année écoulée. Cela signifie que le seuil d’alerte fixé par un indicateur réputé pour sa capacité à détecter le déclenchement des récessions aux États-Unis a été franchi.
Joe Biden, président des Etats-Unis - KENT NISHIMURA / AFP
Joe Biden, président des Etats-Unis - KENT NISHIMURA / AFP

Aux États-Unis, le marché de l’emploi envoie des signaux inquiétants pour l’activité économique. En juillet, le taux de chômage s’est établi à 4,3 %, soit une hausse de 0,2 point par rapport à juin, montrent les données publiées par le département du Travail. Il s’agit d’un plus haut depuis octobre 2021. Certes, cela demeure un étiage faible en comparaison avec les moyennes des décennies précédentes mais c’est la variation sur l’année écoulée qui interpelle.

En effet, un indicateur particulièrement scruté aux États-Unis a vu son seuil d’alerte se déclencher à l’occasion de la publication de ces données vers le milieu de l’après-midi. La “règle de Sahm”, qui tire son nom de l’économiste Claudia Sahm, qui a travaillé de nombreuses années auprès du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale américaine (Fed), avance que la première économie mondiale entre en récession lorsque la moyenne sur trois mois du taux de chômage augmente d’au moins un demi-point de pourcentage par rapport à son niveau le plus bas des douze derniers mois.

Et c’est chose faite en juillet (0,53 point). Claudia Sahm s’est évidemment basée sur des données historiques pour faire ce constat. Depuis 1959, la "règle de Sahm" a rapporté deux faux positifs, mais les deux récessions se sont finalement produites entre deux mois et quatre mois plus tard. En outre, elle n’a pas manqué de déceler l’ensemble des entrées en récession depuis 1970.

Interrogé récemment sur le sujet, Jerome Powell, président de la Fed, a rétorqué ne pas la voir comme une règle, mais plutôt comme une “régularité statistique”. L’Américaine, aujourd’hui cheffe économiste du fonds d’investissement New Century Advisors, ne dit pas autre chose et n’a jamais prétendu que cet indicateur était “une loi de la nature”. Initialement, elle l’avait conçu en vue de déclencher automatiquement une politique budgétaire contracyclique (envoi de chèques aux ménages) lorsque le seuil d’alerte était dépassé.

Le patron de l’institution de Washington a également fait valoir que l’ère de la pandémie avait été marquée par "le non-respect de nombreuses règles apparentes, comme l’inversion de la courbe des taux pour commencer". Cette dernière a la réputation de prévoir le déclenchement des récessions à un horizon d’au moins 12 mois lorsque le rendement des taux d’intérêt à long terme est inférieur à celui des taux à court terme (en théorie, cela reflète les anticipations des marchés obligataires qu’il y aura prochainement un cycle durable de diminution des taux de la Banque centrale pour lutter contre la récession, ce qui fait pression à la baisse sur les taux longs). Elle est inversée depuis l’été 2022 et a jusqu’ici été démentie par les faits.

D’aucuns jugent que les achats massifs d’obligations menés par les Banques centrales durant la décennie post-crise financière mondiale et dans la foulée de la pandémie ont perturbé les signaux envoyés par la courbe des taux (les taux longs pourraient s’être ajustés à la baisse non pas parce que la crainte d’une récession se faisait jour mais à cause des politiques monétaires non conventionnelles).

Il y a quelques jours, Claudia Sahm a également émis l’idée que son indicateur pouvait actuellement surestimer la faiblesse du marché du travail américain pour des raisons structurelles. "Le passage d’une pénurie de main-d’œuvre causée par la pandémie à une explosion de l’immigration amplifie l’augmentation du taux de chômage", a-t-elle écrit sur son blog.

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