WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Macro-économie / Taux / Banque centrale européenne / taux d'intérêt

Macro-économie / Taux
Banque centrale européenne / taux d'intérêt

Quand la parole des banquiers centraux vaut de l’or / Une étude a chiffré l’impact de leurs changements de ton inattendus

Les inflexions surprises des grands argentiers en termes de communication peuvent avoir des retombées significatives sur l’activité économique et l’inflation. Des économistes de la Banque centrale européenne ont essayé de les mesurer. 
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - LUDOVIC MARIN / AFP
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - LUDOVIC MARIN / AFP

Voilà une étude qui n’incitera certainement pas les banquiers centraux européens à cesser de soupeser leurs mots. Des travaux de la Banque centrale européenne (BCE) montrent que l’impact économique de la communication des banquiers centraux peut être très significatif.

Dans le détail, des chercheurs de l’institution de Francfort, ont examiné comment réagissaient l’activité économique et l’inflation lorsque le ton affiché par les grands argentiers de la zone euro surprenait le marché. 

Par rapport aux chocs de taux d’intérêt directeur (un mouvement plus ou moins important que pricé), l’impact est moindre mais non négligeable. "Par exemple, on constate que l'activité économique réelle, mesurée par la production industrielle, diminue de 2,3 % deux ans après un choc de communication “hawkish” [propos plus agressifs qu’attendus en termes de restriction monétaire, ndlr]", soulignent Stefan Gebauer, Thomas McGregor et Julian Schumacher, auteurs de l’étude. 

Cela représenterait plus de 250 milliards d'euros qui partiraient en poussière si l'on raisonne à partir du Produit intérieur brut (PIB) de la zone euro. "Cet effet est à comparer à une baisse d'environ 3,5 % pour un choc de taux d'intérêt qui se produit déjà un an plus tard”, précisent-ils.

En ce qui concerne l'inflation, un choc de communication “hawkish” est associé à une baisse de 0,1 point de pourcentage après deux ans, contre une baisse de près de 0,9 point pour un choc de taux d'intérêt. 

Comment justifier le fait que la transmission du choc prenne davantage de temps par rapport une variation non anticipée du taux d’intérêt directeur ? “Les effets retardés des chocs de communication pourraient s'expliquer par le fait que les observateurs ont besoin de plus de temps pour internaliser les changements dans la communication de la banque centrale sur la politique monétaire et pour les prendre en compte dans la prise de décision économique”, jugent les auteurs. De fait, “les variations des taux d'intérêt sont directement observables et les différences par rapport aux anticipations du marché sont évidentes”.  

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article